jeudi, 09 mars 2006

Un style et une langue bien particuliers

Le jour des corneilles de Jean-François Beauchemin

Le fils Courge est un illettré qui vit comme un ermite en compagnie de son père. Il n'a jamais connu la vie dans un village ou côtoyé d'autres gens. Il habite sa petite cabane au fond des bois, subvenant à ses besoins au gré des récoltes et de la chasse. Il n'a jamais connu sa mère et sait seulement qu'elle est morte en le mettant au monde. Son père est dur et lui témoigne très peu d'affection. Ce roman est le récit qu'il fait de sa vie, lors de son procès. Un procès dont on ne sait rien, même pas la cause...

Dès les premières pages, l'écriture de Jean-François Beauchemin nous charme. Une plume qui ressemble à du vieux français tout en étant colorée et bourrée de néologismes. C'est un plaisir de décoder tous ces nouveaux mots qui évoquent une multitude d'images et d'impressions... Bien que ça ne rende pas toujours la lecture facile, l'écriture nous séduit par son inventivité.

Le climat créé par l'auteur est tout aussi adorable. Une ambiance qui m'a un peu fait penser à La petite fille qui aimait trop les allumettes de Gaétan Soucy. Mais je n'en dit pas plus, de crainte de trop dévoiler l'intrigue.

En somme, c'est un roman différent et marquant. Il plaira particulièrement aux amants de la langue et du style, de même qu'à ceux qui aiment les héros tourmentés.

4.25/5

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