vendredi, 24 mars 2006
Russell Banks - Hommage aux nuances de gris
Russell Banks est passé maître dans l'art de mettre en scène des héros torturés ayant un parcours de vie semé d'épreuves et de secrets cachés. Je vous offre ici mon avis sur deux titres de l'auteur.
American Darling de Russell Banks
Hannah Musgrave a eu un parcours de vie assez singulier, parcours sur lequel elle revient, à l'aube de la soixantaine. Née dans une famille américaine aux moyens financiers aisés, elle est devenue une rebelle recherchée à cause de son activisme politique. D'abord dans la clandestinité puis exilée en Afrique, elle fuit constamment. Officiellement, elle dit fuir les autorités mais peu à peu on s'aperçoit que c'est plutôt d'elle-même qu'elle cherche à se sauver. Graduellement, elle fait la paix avec son passé et nous livre son parcours de gauchiste, de femme d'homme politique africain, de mère et de grande défenderesse des chimpanzés.
Comme à son habitude, Russell Banks nous offre un roman empreint d'une certaine tristesse. Les héros qui pataugent dans les regrets, il connait et il les incarne à merveille. Ici, il nous offre en plus une page méconnue de l'histoire. L'histoire de l'Afrique est rarement mise en scène et cela rend le roman d'autant plus intéressant.
Toutefois, peut-être avais-je trop lu d'excellentes critiques, mais je m'attendais à plus, à mieux. Le roman n'est pas inintéressant ou mauvais, loin s'en faut! Mais je n'ai pas ressenti le coup au coeur, celui qui fait qu'on classe un roman dans les incontournables. Pourtant, les éléments étaient là. Il n'a manqué qu'un petit élan de sympatie et d'affection pour l'héroïne. Mais malheureusement, sa froideur et son absence de sentiments m'ont un peu refroidie.
Mais, il ne faut pas passer à côté de ce roman pour autant! Car, malgré ce défaut, vous passerez très certainement un excellent moment en compagnie d'Hannah Musgrave.
4/5
De beaux lendemains de Russell Banks
Dans un petit village des Adirondacks, au nord de l’état de New York, le bus scolaire conduit par Dolorès Driscoll a un accident dans lequel plusieurs enfants périssent. Dolorès s’en sort vivante ainsi que quelques enfants et une jeune adolescente qui par contre perd l’usage de ses jambes. Le roman raconte comment le village réagit face à l’accident, de la recherche d’un coupable à la course au procès typiquement américaine. Mais surtout, il raconte comment chacun reste marqué à jamais par l’événement.
Dans les premiers chapitres, je n’aimais pas vraiment ma lecture. L'ambiance glauque etengluée dans le malheur me pesait. Je n'aimais pas cette impression de complaisance dans la tristesse et la souffrance. C’était trop appuyé. Puis, l’ambiance est devenue moins lourde, sans pour autant être moins triste. Je croyais plus à la douleur de ses gens.
Il n’en reste pas moins que le regard qu’on jette sur les gens de ces petits villages reculés est assez dur. Bien peu d’individus sont sans tache. À croire que tous ont un immense secret à cacher. Mais il faut dire que Russell Banks sait y faire lorsqu’il s’agit de décrire les personnages et de nous faire comprendre leurs motivations. Bref une belle lecture, mais à éviter lorsqu’on est déprimé...
4/5
21:05 Publié dans Romans contemporains | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Littérature



Commentaires
Tu as ressenti American darling à peu près comme moi : un très bon roman mais qui ne nous envoie pas au tapis. C'est quand même marrant qu'on se retrouve si souvent d'accord sur nos impressions de lecture. On est pourtant vraiment très différentes !
Écrit par : Cuné | samedi, 25 mars 2006
Belles critiques Frisette. Je vous rejoins sur le fond : de bons romans mais qui ne font pas des coup de coeur :-(
Russell Banks est à éviter losqu'on est déprimé c'est bien vrai.
Écrit par : Lhisbei | samedi, 25 mars 2006
c bien d avoir tout ces idee ;) ..continue..
Écrit par : jamel debbouze | samedi, 25 mars 2006
Cuné, si on se retrouve autant dans nos lectures, c'est probablement parce qu'on ne doit pas être si différentes que ça finalement. ;)
Merci Lhisbei! En effet nous sommes bien d'accord, Russell Banks a un style qui nous oblige à bien choisir notre moment pour le lire. Je comprendrais très bien que quelqu'un n'apprécie pas sa lecture parce qu'elle arrive au mauvais moment. C'est définitvement à fuir dans les moments de cafard.
Merci pour les encouragements Jamel!
Écrit par : Frisette | samedi, 25 mars 2006
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