samedi, 25 mars 2006
Aki Shimazaki ou l'art de la concision
Aki Shimazaki est d'origine japonaise mais habite Montréal depuis plusieurs années. Elle a choisi d'écrire directement dans sa langue d'adoption. Mais comme on ne peut pas vraiment se départir complètement de ses influences et de ses origines, elle a un style tout à fait asiatique: épuré, simple mais très fort.
Voici une présentation de ses quatre premiers romans.
Tsubaki d'Aki Shimazaki
Sur le point de mourir, Yukiko se décide à faire la lumière sur ses origines et sa vie au Japon avant son mariage. Par le billet d'une lettre posthume, elle racontera à sa fille comment elle a survécu à la bombe atomique de Nagasaki et ce qui l'a amenée à assassiner son père.
Aki Shimazaki a une belle plume - directe et sans fioritures - sans pour autant être froide ou aride. L'histoire qu'elle nous raconte lève le voile sur la vie du peuple japonais et sur la vision qu'ils ont eu de la 2e Guerre Mondiale. Une vision qui nous a été très peu présentée.
Mais Tsubaki n'est pas qu'une histoire de guerre. C'est aussi le récit -admirablement bien raconté - d'une histoire d'amour impossible.
Un petit roman merveilleux !!!
4.75/5
Hamaguri d'Aki Shimazaki
Encore une fois, Aki Shimazaki nous raconte la même période de l'histoire japonaise mais cette fois avec les yeux de Yukio. Elle nous fait le récit d'un amour qui ne pourra jamais éclore.
Comme dans ses autres romans, l'écriture est simple mais poétique. Elle ne donne que peu de détails, nous laissant le loisir d'imaginer. Mais ce que j'aime surtout dans les romans de l'auteure, c'est de voir une même histoire sous différentes facettes, tout dépendant des yeux avec lesquels on la regarde. Une merveille encore une fois.
4/5
Tsubamé d'Aki Shimazaki
Cette fois-çi, on nous raconte l'histoire de Mariko. Cette histoire s'imbrique dans celle racontée dans Tsubaki. Le récit débute un peu plus tôt - en fait lors du tremblement de terre de 1923. C'est un peu comme si cette portion de l'histoire japonaise nous était racontée sous une autre perspective, celle d'une immigrante coréenne. On nous permet de voir l'attitude des japonais face aux étrangers et aux immigrants.
Encore une fois le récit est bref et direct mais les émotions sont toujours aussi présentes. L'auteure nous fait découvrir une culture bien différente de la nôtre mais combien intéressante et intrigante.
4.5/5
Wasurenagusa d'Aki Shimazaki
Encore une fois, Aki Shimazaki m'a envoutée avec son écriture toute simple. Dans ses textes, pas de fioritures et de fla-fla. Mais sa façon de raconter... c'est bien simple, on ne peut pas lâcher le livre! Elle va à l'essentiel mais réussit à y ajouter juste ce qu'il faut d'émotion.
Ce roman est comme les autres, une petite merveille! Je vous le recommande fortement. Vous ne serez absolument pas déçus.
5/5
Vous pouvez aussi consulter ma critique de Zakuro, ici.
10:20 Publié dans Littérature québécoise | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : littérature












Commentaires
Je n'ai lu que Tsubaki, j'avais aimé, mais je ne ressens pas l'envie de continuer la suite. Je ne suis pas friande de littérature asiatique, elle est trop épurée pour moi. Sauf Haruki Murakami, bien sûr !
Ecrit par : Cuné | dimanche, 26 mars 2006
Ah ben tu vois, moi c'est Murakami qui ne me plait pas plus que ça...
Mais Aki Shimazaki, c'est un gros coup de coeur!!!
D'ailleurs, il faudrait bien que je me lance pour Hotaru, le 5e et dernier tome de cette série!
Ecrit par : Frisette | dimanche, 26 mars 2006
Bon, j'étais juste en train de faire une recherche et je suis tombé sur ce blog vraiment intéressant. Finalement, comment as-tu trouvé le roman "Hotaru"? Puis très personnellement, j'ai aimé tous les romans de ce cycle romanesque écrit par Aki Shimazaki, mais "Tsubamé" reste le roman qui m'a le plus touché.
En ce qui concerne la remarque de Cuné, je tiens tout de même à préciser qu'Aki Shimazaki appartient à la littérature canadienne d'expression française (en raison de sa citoyenneté) et non à la littérature asiatique, puisqu'elle n'habite pas au Japon.
Ecrit par : Anh Khoi Do | jeudi, 24 août 2006
Merci Anh Khoi Do :) Concernant Hotaru, je ne l'ai pas encore lu. Mais ça viendra car c'est un auteur que j'adore! Et d'ailleurs, je suis aussi très curieuse de voir ce qu'elle nous offrira après cette pentalogie.
Par contre concernant la remarque de Cuné, je dirais que Aki Shimazaki appartient aux deux littératures, tant canadienne qu'asiatique. Car, même si elle habite le Canada, il n'en demeure pas moins que ses origines sont japonaises et qu'elles influencent son écriture. À mon avis, son style est très asiatique, même si a subi d'autres influences. Mais bon, cette opinion n'engage que moi
Ecrit par : Frisette | jeudi, 24 août 2006
J'ai lu htaru et je suis tombéen amour avec cette littérature rempli d'émotiionret d'une grande pureté je suis allée me procurer ''mitshuba etjI commandé 2 autres titres que je lirai avec beaucoup de délectation.
CÉLINE 25 NOVEMBRE 2006
Ecrit par : CÉLINE VOYER | dimanche, 26 novembre 2006
Bienvenue ici Céline! À lire ton commentaire, je crois comprendre qu'Aki Shimazaki a publié un autre roman. Il va falloir que j'aille à la librairie. Je ne saurais résister! Surtout que la lecture du résumé est très très inspirante!!! Merci de ton commentaire.
Ecrit par : Frisette | dimanche, 26 novembre 2006
Le nouveau roman s'appelle Mitsuba. C'est le premier que je lis et j'ai beaucoup apprécié. Je m'empresse d'aller à la librairie acheter les autres.
Ecrit par : Thierry Carlier | samedi, 20 janvier 2007
Quelle chance d'avoir autant de belles oeuvres à découvrir! De mon côté, il ne me reste qu'à espérer que ses oeuvres continueront à être publiées régulièrement et que la qualité continuera d'être au rendez-vous.
Ecrit par : Frisette | dimanche, 21 janvier 2007
J'ai découvert l'existence de cet auteur par le blog de Laure et j'ai ainsi visité le tien. Je viens de lire Tsubamé (le seul volume que j'ai pu trouver) et je suis moi aussi tombée sous le charme. d'accord, je suis bon public car j'aime beaucoup la littérature japonaise mais merci pour cette jolie découverte!
Ecrit par : Véro | lundi, 16 avril 2007
Tout le plaisir est pour moi! Surtout qu'il s'agit d'une auteure que j'adore. D'ailleurs, j'ai aussi très hâte de découvrir les derniers titres qu'elle a publiés, j'en ai entendu le plus grand bien!
Ecrit par : Frisette | mardi, 17 avril 2007
J'ai lu le premier tome et j'ai eu envie de continuer! Mais il paraît que le cinquième tome est épuisé! J'espère que non!
Ecrit par : Bernie | lundi, 01 octobre 2007
Personnellement, je trouve que la place de cette "écrivaine" est plutôt dans la littérature asiatique même si elle vit au Canada! Je ne sais si elle écrit en anglais ou en japonais, mais le titre de ses livres restent en japonais et les "histoires" se passent au Japon.
Ecrit par : Bernie | mardi, 02 octobre 2007
Je viens de relire le début du billet et de comprendre qu'elle écrit en anglais. Cependant, pour moi, elle reste "asiatique" de part son style.
Ecrit par : Bernie | mardi, 02 octobre 2007
J'ai avancé dans mes lectures et j'adore. Formidable cette symbolique de l'hirondelle et du myosotis ! Quel talent!
Ecrit par : Bernie | lundi, 29 octobre 2007
Mme Shimazaki écrit TOUJOURS ses romans directement en français. Il y a d'autres auteurs francophones (je pense à Djian, à ses débuts) qui écrivent dans un style épuré. Ce que je trouve le plus fort chez elle, c'est son sens de la narration, de raconter une histoire qui nous tient, tout simplement. Aussi, il n'est pas obligatoire de lire les romans en ordre, ni en entier pour apprécier.
Ecrit par : Mamèko | mardi, 05 février 2008
Tu as raison Mameko, Aki Shimazaki écrit en français, même si elle a habité longtemps au Canada anglais. C'est tout à son honneur, d'autant plus qu'elle maitrise excessivement bien cette langue qui n'est pas la sienne. Je partage aussi ton avis quand à son style. Pour ceux qui n'auraient pas encore le bonheur de connaître son oeuvre, c'est une auteure à découvrir sans tarder!
Ecrit par : Frisette | samedi, 09 février 2008
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