mardi, 02 mai 2006
Amour et haine!
Tequila bang bang de Germaine Dionne
Emma vit dans un tout petit village de la Côte-Nord. Le genre de village où tout le monde se connaît et connaît les secrets de chacun. Après trois ans d'absence, sa mère Madeleine revient et s'invite chez-elle. Mais entre Emma et sa mère existe une haine profonde qui remonte à l'enfance. Une haine alimentée autant par l'attitude des deux femmes que par des malentendus. Dans ce court roman, en l'espace de quelques jours, on découvrira jusqu'où une telle haine peut mener...
Dès le départ, on voit qu'on a affaire à un roman où l'auteur ne passe pas par quatre chemins. C'est crû, dur, direct. L'héroïne déteste sa mère et ne se gêne pas pour l'affirmer haut et fort. Mais en même temps, on la sent vulnérable et même fragile. Malheureusement, comme le roman est très court, à peine 130 pages, on a l'impression qu'il manque un peu de corps aux personnages. Du moins j'aurais aimé en savoir un peu plus sur eux. Par contre, l'atmosphère de la petite ville où tout le monde se connait est vraiment bien recréée.
Donc, avec une plume efficace, l'auteure nous emmène sur les sentiers pleins des ronces de la haine et de la rancoeur. Et elle ne se gêne pas pour écorcher nos sentiments au passage. Il ne manque qu'un peu de chair autour de l'os pour en faire une roman inoubliable.
Mais une chose est sûre, Germaine Dionne est une auteure qu'il faut prendre la peine de découvrir.
3.75/5
21:30 Publié dans Littérature québécoise | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Littérature



Commentaires
Je devais avoir moins faim que toi, la chair autour de l'os m'avait tout à fait suffit, à moi ;o)
J'en disais : Mais en fait cette histoire est internationale, un petit village rempli d'inactifs qui tuent le temps et leur rancoeur dans l'alcool. Tout le monde se connait, tout le monde a plus ou moins grandi et fait les 400 coups ensemble, et si au final on se serre les coudes, entre temps on se déteste copieusement.
Oui, le langage est cru, l'étendue de la médiocrité humaine qui y est décrite ne dérange pas moins.
Mais j'ai adoré ce court roman, vécu comme un uppercut, on a du mal à croire à l'acte en filigrane d'Emma, pourquoi ? Inconcience, bêtise pure, acte délibéré et donc parfaitement cruel ? Mon opinion n'est pas tranchée, sans doute un mélange de tout ça.
Tout sonne juste à mes oreilles.
Tiens, Yansor, je suis certaine que tu aimerais beaucoup aussi.
Écrit par : Cuné | mercredi, 03 mai 2006
Tu vois Cuné en fait nos opinions se rejoignent... Comme d'habitude! ;)
Le manque de chair autour de l'os dont je parlais c'est justement parce que, comme toi, je n'ai pas tout à fait saisi la conclusion du roman. Comme s'il me manquait des éléments pour la comprendre. Mais j'ai quand même beaucoup aimé ;)
Écrit par : Frisette | mercredi, 03 mai 2006
Les commentaires sont fermés.