samedi, 20 mai 2006

Un monde d'émotions!

François Gravel est un de mes écrivains québécois préférés. Je ne sais pas pourquoi mais chaque fois, même dans ses romans les moins réussis, son écriture me touche, fait affluer des émotions diverses. Chauqe fois que je découvre un nouveau roman, la magie est là. C'est un moment de grâce livresque!

Voici quelques-uns des livres que j'ai lus de l'auteur.

Adieu, Betty Crocker

Suite au décès d'Arlette, la tante qu'il aurait aimé avoir pour mère, Benoît se remémore la femme qu'elle a été et cherche à mieux la connaître en interrogeant ses proches. Pourtant, Arlette était une femme des plus ordinaires, une femme au foyer qui consacra sa vie à sa famille. C'est d'ailleurs de là que lui vient le surnom de Betty Crocker, la ménagère parfaite faisant de délicieuses pâtisseries.

Plus qu'un roman, c'est une ode aux gens ordinaires, à ceux qui n'accomplissent pas de grandes choses mais qui sont profondément humains et généreux au quotidien. C'est un récit empreint de tendresse qui raconte une femme qu'il a admirée et appréciée, voire même idéalisée.

Bien sûr, ce n'est pas parfait! Mais j'avoue que si l'auteur n'avait pas étiré la sauce dans les quarante dernières pages, la note aurait été encore meilleure. Bien qu'il ne se passe pas vraiment grand chose, ça reste très prenant. Mais ce qui m'a surtout touchée, c'est le regard tendre qu'il pose sur l'héroïne. J'avoue aussi qu'il me faisait penser à ma grand-mère, une femme toute simple que j'ai toujours admirée.

Je n'avais jamais lu François Gravel, j'avais même un préjugé défavorable. Quelle erreur! Il a vraiment un don pour raconter! Une très belle découverte!

4.25/5


Vingt et un tableaux (et quelques craies)

Il s'agit d'un recueil d'anecdotes sur la vie de l'auteur comme enseignant dans un CEGEP. Il nous raconte comment il voit son métier, ses élèves, ses collègues, le système d'éducation, etc.

Certaines des histoires sont très intéressantes et touchantes alors que d'autres m'ont laissées plutôt indifférente. En fait le début est un peu lent et laborieux... On ne voit pas trop l'intérêt. Mais à un moment donné, le ton change et on retrouve la sensibilité de François Gravel. C'est à ce moment que mon intérêt est vraiment apparu. J'ai particulièrement aimé le regard tendre, mais en même temps lucide, qu'il pose sur ses élèves.

Un petit livre sans prétention, réconfortant.

3.5/5

Je ne comprend pas tout

Marc-André et Marie-France emménagent avec leurs deux enfants dans un nouveau quartier. Ils font la rencontre de Josée et Robert et de leurs enfants, du même âge que les leurs. Et pour les enfants, c'est une forte amitié réciproque qui amène les parents à se cotoyer régulièrement.

Mais, pour Marc-André et Josée c'est aussi un coup de foudre, doublé de l'impression de se connaître depuis toujours. Toutefois, le côté rationnel des héros les empêchera de succomber à cette passion, du moins pendant 7 ans, car ils tiennent trop à leur famille. Mais vient le jour où l'occasion se présente, sur un plateau d'argent. Ne pouvant plus résister, ils se laissent aller à un amour trop longtemps contenu et s'offrent un instant de paradis pendant trois jours... Mais comment se remettre d'une telle aventure? Et peut-on réussir à la cacher?

Malgré la description, ce roman n'est pas un roman d'amour tel qu'on le conçoit habituellement. Dès le départ, on sait qu'il se passera quelque chose entre les deux héros. Donc pas de fréquentations et autres scènes habituelles dans les romans du ce genre. En fait, il s'agit plutôt du récit d'une passion que le héros, Marc-André, ne s'explique pas. Il est amoureux de Josée même s'il sait pertinement qu'il a déjà tout pour être heureux. Et une femme qu'il aime et qu'il trouve bien plus belle que sa nouvelle flamme. En fait, le roman est plutôt pour lui une façon d'exorciser son histoire.

Mais ce qui fait surtout le charme du roman, c'est la passion qu'on sent, qui est palpable tout au long du récit. Un amour qu'on vit sans pour autant se l'expliquer de façon rationnelle, sans le comprendre... Ceux qui ont déjà vécu ce type de passion, comprendront très bien ce que je veux dire. C'est un amour qui nous brûle inéluctablement mais auquel on ne parvient pas à échapper. Et ça, François Gravel le rend brillamment. Si ce n'était quelques petites longueurs par-ci par-là, je lui aurais sans aucun doute attribué une note parfaite. Donc voici encore une fois un très bon roman de cet auteur.

4.25/5

Mélamine Blues

Jeff est un pick-pocket culturel, ce qui veut dire qu'il ne vole pas n'importe qui, seulement ceux qu'il méprise, comme les babyboomers imbus d'eux-mêmes, les prétentieux, les riches, les concessionnaires Chrysler et qu'il fait ses larcins sur les lieux d'événements qu'il honnit, comme le Festival de Jazz. Et en plus d'être voleur à la tire, c'est aussi un homme qui élabore tout plein de théories qu'il se fait un plaisir de nous faire partager. Et pour rendre tout ça encore plus savoureux, Jeff est aussi dyslexique, ce qui lui donne l'occasion de donner un sens nouveau à bien des mots.

Mettez-tous ces éléments ensembles et vous obtenez un mélange à l'humour grinçant, comme je l'aime. Ça nous permet de jeter un regard différent sur le monde qui nous entoure. Et par le biais de Jeff, François Gravel se permet d'écorcher quelques politiciens, quelques PDG de grosses compagnies et de sociétés d'états. Bref, on nous offre un regard à la fois grinçant et humoristique sur le Québec. Ajoutons à cela quelques belles trouvailles linguistiques et ça donne un roman rafraîchissant. Bon ce n'est pas le roman du siècle car l'intrigue est un peu simplète mais c'est tout de même très bien et ça se lit assez facilement. Je lui reproche toutefois des phrases souvent longues et alambiquées, ce qui alourdit un peu la fluidité du récit. Mais en même temps, la plume de l'auteur a le don de me toucher. Définitivement, François Gravel est un auteur qui me plait de plus en plus.

3.75/5

Quelques extraits:
"Je précise tout de suite pour ceux qui ne l'auraient pas encore compris qu'un concessionnaire Chrysler ne vend pas nécessairement des Chrysler, ni même d'autres sortes d'automobiles, mais il porte toujours des gourmettes en or et utilise des mots hypercaloriques qui lui procurent orgasme sur orgasme, comme s'il avait un clitoris à la place de la luette."

"Chaque fois que je bouscule mon prochain sans lui prendre son portefeuille j'ai l'impression de gaspiller mon talent et je pense à Jésus qui a déjà raconté une histoire à propos de talents, une histoire pas très claire d'ailleurs, mais avec Lui ce n'est rien de nouveau, d'où il ressort qu'il vaut mieux être spéculateur que banquier et banquier que pauvre."

Ma critique d'un autre titre: Vous êtes ici

Les critiques d'autres lecteurs
Adieu Betty Crocker par Cuné et par Allie

Commentaires

Ouah, mais il y en a encore plein que je n'ai pas lus ! Je note, je note.

Ecrit par : Cuné | dimanche, 21 mai 2006

A failli être l'auteur du mois de juillet ches les rats, mais peu de votes en sa faveur, tant pis je le lirai pour moi. :D

Ecrit par : Chimère | dimanche, 21 mai 2006

Et encore les filles, ce ne sont que quelques-uns des titres qu'il a publiés.

En passant Cuné, il a publié beaucoup de livres jeunesse qui sont de grands succès au Québec. Je suis convaincue que fiston pourrait en apprécier plusieurs. ;)

Ecrit par : Frisette | dimanche, 21 mai 2006

Une fois n'est pas coutume, après Thériault, dites-moi gente dame, par où commencer? :D

Ecrit par : Jo Ann | dimanche, 21 mai 2006

Ah mais tu choisis ce que tu veux Jo Ann! Chez Gravel, tout est bon! ;) Et puis, je ne suis pas certaine qu'il soit facile à trouver en France...

Mais je pense que tu préférerais probablement Adieu, Betty Crocker ou Je ne comprend pas tout. Mais les autres sont aussi très bons.

Bonne découverte! :D

Ecrit par : Frisette | lundi, 22 mai 2006

J'ai déjà lu Adieu, Betty Brocker et je me rappelle en avoir gardé un bon souvenir.

Ecrit par : Maribel | mardi, 03 mars 2009

Tu devrais essayer d'autres titres, ils sont tout aussi touchants. C'est vraiment un auteur dont la plume me rejoint.

Ecrit par : Frisette | mardi, 03 mars 2009

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