mardi, 30 mai 2006

Une écrivaine dont la réputation n'est plus à faire...

La Maison aux esprits d'Isabel Allendemedium_maison esprits.jpg

C’est l’histoire d’une riche famille chilienne, du patriarche tyrannique et de toute sa descendance tant légitime qu’illégitime. Tout ça avec une histoire politique en filigrane, probablement celle du Chili, bien qu’on ne nomme jamais de pays ou de ville nulle part dans le roman.

J’ai beaucoup aimé. J'ai été troublée par le fait de reconnaître un peu mon grand-père dans le personnage de Trueba. Il n’était pas aussi tyrannique mais ils ont quelques traits de personnalité en commun. Le fait de mettre un visage sur un personnage a rendu le roman plus personnel, plus intime. J’ai aussi beaucoup apprécié de découvrir l’histoire du Chili à travers la saga. Nous qui venons de pays démocratiques avons bien souvent de la difficulté à comprendre comment les dictateurs peuvent réussir à prendre le pouvoir. Ce roman nous montre bien comment se tirent toutes les ficelles pour arriver à des événements aussi malheureux.

Par contre, j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs, surtout avant le coup d’état d’où ma note de 4. Mais il n’en reste pas moins que c’est une très belle lecture, qui est en plus instructive sans que rien n’y paraisse.

4/5

dimanche, 28 mai 2006

Le Québec à l'ère de la Révolution Tranquille

Maryse de Francine Noël

Maryse est née à Montréal dans un quartier populaire. Grâce à des études payées par les religieuses, elle a réussi à poursuivre sa scolarité et à aller à l'université. Le roman débute en 1968, à une époque où le Québec traverse une période de grands changements. On traverse donc la Crise d'Octobre et les grands bouleversements de la Révolution Tranquille. Tout ça vu par une jeune femme. Une femme qui bien, qu'intellectuelle et féministe dans l'âme, ne parvient pas à avoir confiance en elle et à se débarrasser totalement du carcan imposé par son éducation.

On découvre aussi le milieu intellectuel québécois de l'époque avec tout ce qu'il pouvait contenir d'énergumènes. Et je peux vous le confirmer, même si l'époque a changé, les gens sont les mêmes! Des pseudo-intellectuels qui se croient, il y en a encore des masses!

Et dans se roman, il y a aussi tous les jeux de mots, en particulier dans les noms de personnages! En fait, c'est le genre de roman qui nécessite plusieurs lectures afin de bien en saisir toutes les subtilités. À la première, on s'attarde surtout à l'intrigue et on perd quelques perles, surtout si on est plus ou moins concentré. Alors, je le relirai très certainement afin d'y jeter un nouveau regard.

Un roman québécois qu'il faut très certainement découvrir!

4/5

jeudi, 25 mai 2006

Un grand poète d'ici

Le hamac dans les voiles de Félix Leclerc

Ce livre n’est pas un roman mais un recueil de courtes histoires qui ont presque toutes en commun de mettre en scène des personnages qui sont en fait des animaux. Félix Leclerc fait ici de l’anthropomorphisme. Il prête aux animaux des réactions humaines mais face à des situations qui, elles, sont bien celles que ces animaux vivent dans leur milieu naturel.

Les histoires sont tout à fait charmantes et crédibles. L’écriture est poétique et envoûtante. Mais après tout on ne pourrait s'attendre à autre chose de la part d'un de nos plus grands poètes québécois! C’est un petit bijou qui se lit tout seul et dont la magie opère encore longtemps après qu’on ait refermé le livre.

Je vous invite fortement à découvrir cette perle de la littérature québécoise.

4.5/5

mercredi, 24 mai 2006

Quand folie et amour se conjugent...

La fille de l'homme au piano de Timothy Findley

Charlie Kilworth raconte la vie de sa famille par le biais de ce qu'il réussit à tirer de ses souvenirs et des éléments contenus dans la valise en osier que sa mère amenait partout avec elle. Cela lui permet de nous narrer une saga qui s'étire sur 4 générations. Dans une famille avec un gros secret pour l'époque: sa mère Lily souffre d'épilepsie et de schizophrénie. On suit donc la vie des femmes de la vie Charlie, des femmes ayant un parcours inhabituel, surtout si on se replace dans le contexte du temps. On découvre aussi un garçon élevé par sa mère malade où plus souvent qu'autrement c'est le garçon qui élève sa mère...

J'ai adoré ce roman malgré le temps que ça m'a pris pour le lire. Je crois que j'avais besoin de le savourer à petites doses, de bien assimiler ce dont il est chargé. La trame de l'histoire respire l'amour, même si les événements ne sont pas toujours roses. C'est aussi un hymne à la vie, à la nature, à la différence, à la musique et aux arts. Bref, c'est un ouvrage aux multiples facettes.

Ce fut aussi pour moi une leçon de vie. Un message frappant et poignant: il ne faut pas baisser les bras même si la vie ne nous fait pas de cadeau.

En plus, la plume de Timothy Findley est magique! Les mots coulent de source, ils sont remplis de sens et d'images. J'ai vraiment été impressionnée!

Un livre à lire absolument!

4.5/5

mardi, 23 mai 2006

Réflexions philosophiques

Maya de Jostein Gaarder

Il est difficile de résumer ce bouquin car plusieurs histoires s’imbriquent les unes dans les autres pour former la trame du roman. Pour résumer simplement, on peut dire que le héros, Frank, est un homme qui se questionne beaucoup sur la vie et sur l’éternité, la mort, etc. Lors d’un voyage aux îles Fidji, il fait la connaissance de gens (Ana, José, John et bien sûr Gordon - le gecko!) qui lui feront réaliser et remettre en question sa place et son rôle sur terre de même que ses relations avec les autres.

Je suis un peu ambivalente face à ce livre. Certaines parties m’ont littéralement envoûtée et d’autres ennuyée profondément. Toutefois, globalement, je peux dire que j’ai beaucoup aimé même si l’histoire est très différente de ce que laisse présager la quatrième de couverture et le début du roman. Je m’attendais plutôt à quelque chose ayant un rapport avec l’écologie et notre rôle dans la préservation de la planète. Ça explique pourquoi, j’ai moins aimé que je m’y attendais… Reste que l’auteur nous amène à nous questionner, à nous positionner face à certaines valeurs. C’est donc un roman qu’on oublie pas aussitôt refermé.

Une chose m’a un peu tracassée, le vocabulaire relié aux notions de biologie et d’évolution est quand même assez complexe. Au fil de ma lecture, je me suis souvent demandé si les profanes ne trouvaient pas ça agaçant et mélangeant. Il me semblait que si je n’avais pas eu le bagage que j’ai, ça aurait pu me décourager et me faire moins aimer…

3.5/5

lundi, 22 mai 2006

Chaque fois ça nous touche

Les Hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra

Les Hirondelles de Kaboul, raconte la vie de 2 couples habitant la ville pendant le règne des talibans. D’un côté il y a Atiq, un homme qui fait partie de la milice des talibans car il croyait au départ que leur vision de la religion pouvait améliorer de sort des afghans. Il a épousé Mussarat, une infirmière qui l’a sauvé de la mort pendant la guerre contre les russes. Et de l’autre côté, il y a Moshen et sa femme, deux universitaires qui ont tout perdu quand les talibans ont pris le pouvoir. Le roman raconte leur désespoir, la perte de leurs illusions, la difficulté pour les femmes de vivre dans des conditions où on ne leur reconnaît aucun droit. Le roman aborde les thèmes de la répudiation des épouses, du pouvoir absolu du régime, de la religion, de la lapidation, etc.

Il s’agit d’un roman très noir et tellement dur. Pendant ma lecture, je me suis surprise à parler toute seule, révoltée par ce que je lisais… Un homme qui suggère à son ami de répudier sa femme après 20 ans de mariage, une femme qui lui a sauvé la vie et pourquoi…? Seulement parce qu’elle est malade. Il y a de quoi être révoltée, non?

L’écriture est belle sans être originale. Mais le contenu est difficile, très éprouvant. Surtout quand on sait que tout ça est possible et réaliste. C’est la vérité en pleine face quoi! Et question de vous mettre dans l’ambiance, voici une petite citation.

« Kaboul est devenue l’antichambre de l’au-delà. Une antichambre obscure où les repères sont falsifiés; un calvaire pudibond; une insoutenable latence observée dans la plus stricte intimité. »

4.5/5

Cousine K de Yasmina Khadra

Ce roman raconte l'histoire d'un jeune homme dont on n'apprend jamais le nom. Un jeune rempli de détresse, en mal d'amour, qui souhaite seulement qu'on fasse attention à lui... Sa mère ne l'aime pas, elle l'appelle même du nom de son frère parti à la guerre, qu'elle adore. Sa cousine, cousine K, fait tout ce qui est en son pouvoir pour qu'il prenne le blâme de ses mauvais coups en plus de le martyriser, son frère l'ignore complètement, ...

Mais à un certains moments, il n'en peut plus. Je vous laisse imaginer jusqu'où peut aller un jeune homme désespéré...

Avec Yasmina Khadra, on a rarement droit à des romans tendres et faciles. C'est dur mais en même temps très réel. Ici, l'Algérie et les religions ne sont pas abordées. C'est une histoire qui aurait pu se passer n'importe où et qui d'ailleurs se passe n'importe où. Mais ça ne lui enlève ni sa véracité, ni son authenticité. Une lecture rapide que je vous recommande car l'auteur a une plume dure mais efficace et ça nous fait réfléchir.

4.5/5

dimanche, 21 mai 2006

Éloge des week-ends pluvieux!


Vous avez bien lu! Même si j'entends déjà certains et certaines se dire que je ne dois pas être bien dans ma tête! :P N'empêche que les fins de semaine où il pleut et où, ô miracle, je n'ai rien au programme c'est une bénédiction. Quoi faire d'autre sinon traînasser en compagnie d'un bon livre et d'une boisson chaude sans même culpabiliser? On ne peut pas faire plein de lessive, il faudrait utiliser la sécheuse et c'est pas bien pour les économies d'électricité. ;) On oublie les travaux de jardinage, c'est évident. Les activités sportives ou de plein-air, on n'y pense pas, et pas besoin de se sentir coupable! :) Non vraiment qu'est-ce qu'on peut faire à part lire ou aller voir un film?

C'est évident que la pluie n'est pas toujours gaie. Surtout quand, comme c'est le cas au Québec présentement, ça fait au moins 10 jours qu'on n'a pas vu le vrai soleil. Si si, depuis 10 jours il pleut, et pas juste un peu. Donc pour le moral ce n'est pas toujours facile sauf si on a des alternatives pour passer le temps.

Et pour une lectrice, la pluie c'est une bénédiction! Pensez-y un peu. Le son de la pluie c'est parfait pour la lecture! C'est un bruit régulier qui ne distrait pas. En effet, il n'y a pas de mélodie ou de paroles qui peut nous faire vagabonder notre esprit. Et comme le temps est gris, on n'est pas débordant d'énergie. Alors aucun danger d'être prise d'une crise de ménage ou d'une envie folle de sortir faire une quelconque activité. Non le temps gris nous donne envie de rester à la maison, bien emmitouflée dans des vêtements tout confort pour lire tout simplement!

Le bonheur quoi! Surtout quand, comme par hasard, c'est un week-end de 3 jours!

Une gentille petite histoire

Chercher le vent de Guillaume Vigneault

J’essaie de trouver un qualificatif pour ce roman et un seul me vient à l’esprit, bien qu’il ne soit pas très descriptif et c'est "cute".

Chercher le vent c'est un livre gentil et joli, rempli de d’images bien trouvées, de descriptions juste assez longues pour qu’on puisse laisser voguer notre imagination. Les personnages sont attachants avec un je-ne-sais-quoi les rendant sympatiques, malgré leurs défauts. En particulier Jack qui tente de se remettre de l'échec de sa grande histoire d’amour.

Mais il manque cette profondeur, ce petit quelque chose qui fait un chef-d’œuvre, un coup de cœur.

Donc une jolie lecture, un beau moment de détente qui nous fait sourire, mais sans plus. Et surtout une lecture qui laisse présager que le fils de Gilles Vigneault fera très certainement partie de l'univers littéraire québécois pendant de nombreuses années.

3.5/5

samedi, 20 mai 2006

Un monde d'émotions!

François Gravel est un de mes écrivains québécois préférés. Je ne sais pas pourquoi mais chaque fois, même dans ses romans les moins réussis, son écriture me touche, fait affluer des émotions diverses. Chauqe fois que je découvre un nouveau roman, la magie est là. C'est un moment de grâce livresque!

Voici quelques-uns des livres que j'ai lus de l'auteur.

Adieu, Betty Crocker

Suite au décès d'Arlette, la tante qu'il aurait aimé avoir pour mère, Benoît se remémore la femme qu'elle a été et cherche à mieux la connaître en interrogeant ses proches. Pourtant, Arlette était une femme des plus ordinaires, une femme au foyer qui consacra sa vie à sa famille. C'est d'ailleurs de là que lui vient le surnom de Betty Crocker, la ménagère parfaite faisant de délicieuses pâtisseries.

Plus qu'un roman, c'est une ode aux gens ordinaires, à ceux qui n'accomplissent pas de grandes choses mais qui sont profondément humains et généreux au quotidien. C'est un récit empreint de tendresse qui raconte une femme qu'il a admirée et appréciée, voire même idéalisée.

Bien sûr, ce n'est pas parfait! Mais j'avoue que si l'auteur n'avait pas étiré la sauce dans les quarante dernières pages, la note aurait été encore meilleure. Bien qu'il ne se passe pas vraiment grand chose, ça reste très prenant. Mais ce qui m'a surtout touchée, c'est le regard tendre qu'il pose sur l'héroïne. J'avoue aussi qu'il me faisait penser à ma grand-mère, une femme toute simple que j'ai toujours admirée.

Je n'avais jamais lu François Gravel, j'avais même un préjugé défavorable. Quelle erreur! Il a vraiment un don pour raconter! Une très belle découverte!

4.25/5


Vingt et un tableaux (et quelques craies)

Il s'agit d'un recueil d'anecdotes sur la vie de l'auteur comme enseignant dans un CEGEP. Il nous raconte comment il voit son métier, ses élèves, ses collègues, le système d'éducation, etc.

Certaines des histoires sont très intéressantes et touchantes alors que d'autres m'ont laissées plutôt indifférente. En fait le début est un peu lent et laborieux... On ne voit pas trop l'intérêt. Mais à un moment donné, le ton change et on retrouve la sensibilité de François Gravel. C'est à ce moment que mon intérêt est vraiment apparu. J'ai particulièrement aimé le regard tendre, mais en même temps lucide, qu'il pose sur ses élèves.

Un petit livre sans prétention, réconfortant.

3.5/5

Je ne comprend pas tout

Marc-André et Marie-France emménagent avec leurs deux enfants dans un nouveau quartier. Ils font la rencontre de Josée et Robert et de leurs enfants, du même âge que les leurs. Et pour les enfants, c'est une forte amitié réciproque qui amène les parents à se cotoyer régulièrement.

Mais, pour Marc-André et Josée c'est aussi un coup de foudre, doublé de l'impression de se connaître depuis toujours. Toutefois, le côté rationnel des héros les empêchera de succomber à cette passion, du moins pendant 7 ans, car ils tiennent trop à leur famille. Mais vient le jour où l'occasion se présente, sur un plateau d'argent. Ne pouvant plus résister, ils se laissent aller à un amour trop longtemps contenu et s'offrent un instant de paradis pendant trois jours... Mais comment se remettre d'une telle aventure? Et peut-on réussir à la cacher?

Malgré la description, ce roman n'est pas un roman d'amour tel qu'on le conçoit habituellement. Dès le départ, on sait qu'il se passera quelque chose entre les deux héros. Donc pas de fréquentations et autres scènes habituelles dans les romans du ce genre. En fait, il s'agit plutôt du récit d'une passion que le héros, Marc-André, ne s'explique pas. Il est amoureux de Josée même s'il sait pertinement qu'il a déjà tout pour être heureux. Et une femme qu'il aime et qu'il trouve bien plus belle que sa nouvelle flamme. En fait, le roman est plutôt pour lui une façon d'exorciser son histoire.

Mais ce qui fait surtout le charme du roman, c'est la passion qu'on sent, qui est palpable tout au long du récit. Un amour qu'on vit sans pour autant se l'expliquer de façon rationnelle, sans le comprendre... Ceux qui ont déjà vécu ce type de passion, comprendront très bien ce que je veux dire. C'est un amour qui nous brûle inéluctablement mais auquel on ne parvient pas à échapper. Et ça, François Gravel le rend brillamment. Si ce n'était quelques petites longueurs par-ci par-là, je lui aurais sans aucun doute attribué une note parfaite. Donc voici encore une fois un très bon roman de cet auteur.

4.25/5

Mélamine Blues

Jeff est un pick-pocket culturel, ce qui veut dire qu'il ne vole pas n'importe qui, seulement ceux qu'il méprise, comme les babyboomers imbus d'eux-mêmes, les prétentieux, les riches, les concessionnaires Chrysler et qu'il fait ses larcins sur les lieux d'événements qu'il honnit, comme le Festival de Jazz. Et en plus d'être voleur à la tire, c'est aussi un homme qui élabore tout plein de théories qu'il se fait un plaisir de nous faire partager. Et pour rendre tout ça encore plus savoureux, Jeff est aussi dyslexique, ce qui lui donne l'occasion de donner un sens nouveau à bien des mots.

Mettez-tous ces éléments ensembles et vous obtenez un mélange à l'humour grinçant, comme je l'aime. Ça nous permet de jeter un regard différent sur le monde qui nous entoure. Et par le biais de Jeff, François Gravel se permet d'écorcher quelques politiciens, quelques PDG de grosses compagnies et de sociétés d'états. Bref, on nous offre un regard à la fois grinçant et humoristique sur le Québec. Ajoutons à cela quelques belles trouvailles linguistiques et ça donne un roman rafraîchissant. Bon ce n'est pas le roman du siècle car l'intrigue est un peu simplète mais c'est tout de même très bien et ça se lit assez facilement. Je lui reproche toutefois des phrases souvent longues et alambiquées, ce qui alourdit un peu la fluidité du récit. Mais en même temps, la plume de l'auteur a le don de me toucher. Définitivement, François Gravel est un auteur qui me plait de plus en plus.

3.75/5

Quelques extraits:
"Je précise tout de suite pour ceux qui ne l'auraient pas encore compris qu'un concessionnaire Chrysler ne vend pas nécessairement des Chrysler, ni même d'autres sortes d'automobiles, mais il porte toujours des gourmettes en or et utilise des mots hypercaloriques qui lui procurent orgasme sur orgasme, comme s'il avait un clitoris à la place de la luette."

"Chaque fois que je bouscule mon prochain sans lui prendre son portefeuille j'ai l'impression de gaspiller mon talent et je pense à Jésus qui a déjà raconté une histoire à propos de talents, une histoire pas très claire d'ailleurs, mais avec Lui ce n'est rien de nouveau, d'où il ressort qu'il vaut mieux être spéculateur que banquier et banquier que pauvre."

Ma critique d'un autre titre: Vous êtes ici

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Adieu Betty Crocker par Cuné et par Allie

vendredi, 19 mai 2006

Saisir la réalité nordique

Mémoire d'Inuksuk de Dorothée Banville-Cormier

Un recueil de 4 récits écrits par une femme d'origine huronne qui habite le Nunavik depuis une vingtaine d'années. Les récits chevauchent à la fois le temps présent et le passé, les mœurs d'aujourd'hui se superposent aux légendes anciennes. Bref, on nous faire voir le paradoxe des Inuits d'aujourd'hui: vivre la modernité sans renier ses racines!!! Au fil de chacun des récits, l'auteure nous montre combien il peut être difficile de vivre dans le Nord, combien les jeunes se sentent attirés par les moeurs du Sud sans avoir la capacité de vraiment s'y adapter.

J'ai beaucoup aimé ces courtes histoires. Elles m'ont fait voir la cruelle réalité de ces contrées où on tue le temps comme on peut, même si ça nuit à la santé. On découvre les coutumes de ces gens, entre autres la violence conjugale qui existe depuis toujours et qui n'est absolument pas vue comme une chose anormale! En somme, on jette un regard saisissant sur ce peuple et sur son mode de vie. Un regard qui nous surprend mais qui nous fait aussi saisir bien des choses sans compter la fascination qui nous prend.

L'écriture coule assez bien, les fin de récits sont parfois surprenantes mais surtout c'est instructif sans en avoir l'air. Une lecture courte mais qui laisse un souvenir marquant!

4.25/5

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