mercredi, 26 décembre 2007
Encore une fois, son talent de conteur opère
Vous êtes ici de François Gravel

Avec ce dernier titre paru, François Gravel a été fidèle à ses oeuvres précédentes. Il nous a donc présenté des gens bien ordinaires dans un milieu tout aussi ordinaire. Et à vrai dire, en lisant la 4e de couverture, j'étais loin d'être convaincue que ça allait me plaire... D'ailleurs, je vous la recopie ici:
"Des pères Noël verts et des téléviseurs peints en rouge, une enseigne de McDo fondue et des manteaux de cuir abandonnés dans un plafond, une vieille dame qui cherche en vain le traversier qui la ramènera dans le passé: rien ne va plus aux Galeries de la Rive-Sud. Heureusement qu'il s'y trouve des agents de sécurité cultivés qui prennent leur métier à coeur. Véritables casques bleus, les membres de cette équipe hétéroclite - à laquelle s'est récemment joint Viateur - ont de quoi s'occuper. Parfois même plus qu'ils n'en demandent. Mais pour un ancien prof de mathématiques comme Viateur, il n'y a rien de plus satisfaisant pour l'esprit que la résolution d'un problème. Ceux qui ne fréquentent les centres commerciaux que pour faire des achats ne savent pas ce qu'ils manquent... "
Mais bon, puisque c'est du François Gravel et que j'adore sa plume, j'ai tout de même plongé dans le roman avec un certain enthousiasme. Dans "Vous êtes ici", il nous transporte dans un centre commercial, au sein d'une équipe d'agents de sécurité. Déjà, ça commence mal car il n'y a rien que je déteste plus que magasiner!
Le roman débute comme un roman policier alors que des manteaux sont volés puis retrouvés un peu plus tard, dans le plafond de la boutique. Mais tout ça n'est qu'un prétexte. En fait, l'auteur souhaite nous faire connaître ses différents personnages, des gens tous plus attachants les uns que les autres. Des gens bien ordinaires qu'on se plait à suivre tellement ils sont remplis d'humanité. Et à ce niveau là , l'auteur a réussi sa mission. J'ai aussi bien aimé la critique sociale qu'on pouvait lire entre les lignes du récit. Ça n'est jamais agressif ou méchant. Juste un peu ironique, question de nous faire réfléchir sur certains travers de notre société comme notre engouement pour les vedettes instantanées ou nos folies de consommateur. Le passage sur le fameux "boxing day" m'a d'ailleurs bien fait sourire, d'autant plus que c'est d'actualité, un 26 décembre!
Par contre, l'intrigue manquait un peu de punch. Il y avait des longueurs, des passages où ça s'essouflait. Par moment, on aurait aussi aimé qu'il y ait un peu plus d'atmosphère, d'âme. Mais je ne veux pas non plus vous faire peur, c'est loin d'être ennuyant à mourir! Après tout, M. Gravel est un de nos meilleurs conteurs.
En gros, même si ce titre n'est définitivement pas le meilleur de François Gravel, on y retrouve avec bonheur ce qui fait de lui un auteur qu'on a toujours du plaisir à lire. Et pendant la saison froide, un roman réconfortant comme celui-là, c'est un peu comme un bon plat mijoté après une journée au grand air, ça se prend bien!
3.5/5
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17:25 Publié dans Littérature québécoise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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