jeudi, 10 janvier 2008
Une future grande voix de la littérature canadienne
Le chemin des âmes de Joseph Boyden
Le chemin des âmes c'est un pan de l'histoire canadienne qui m'était inconnu. En effet, on n'a jamais crié sur les toits que 4 000 amérindiens se sont volontairement engagés lors de la Première Guerre Mondiale. Encore moins, qu'ils ont souvent été traités avec moins de respect et d'équité que les blancs et que même si plusieurs se sont distingués, leurs faits d'armes n'ont jamais été publicisés, qu'au contraire on les a presque cachés. Avec une narration inhabituelle, Joseph Boyden nous raconte donc cette période de l'histoire, vue par l'oeil d'un autochtone. Le récit alterne donc entre le récit de la guerre de 14-18 en compagnie de Xavier et Elijah (2 crees) et le retour de Xavier au pays alors qu'il retourne dans les bois en compagnie de sa tante, brisé, mutilé, plus mort que vivant... La narration alterne aussi entre le récit de la vie avant la guerre (par la tante) et celui de la guerre elle-même (par Xavier).
Ce roman détonne de ce que j'ai pu lire sur le première guerre et ce, à plusieurs niveaux. Tout d'abord parce que ce n'est pas un européen qui raconte l'histoire. Le point de vue de ceux qui combattaient dans les tranchées sans avoir à protéger leur propre patrie change beaucoup la perception. L'horreur de la guerre est aussi présente que dans d'autres récits mais elle m'a semblée encore plus forte. J'ai aussi beaucoup aimé la présence de deux narrateurs. Cela a ajouté de la profondeur et permis de saisir avec encore mieux quel choc culturel cette guerre a pu être pour ces gens. Tout au long de l'histoire j'ai aussi été subjuguée par la façon de raconter de Joseph Boyden. J'ai été stupéfaite par sa facilité à présenter comment les soldats ont tous, à leur façon, été profondément transformés par cette guerre. Certains en sombrant peu à peu dans la folie, d'autres en se créant un monde et certains autres en s'évadant grâce aux drogues. Sa façon de raconter la transformation d'une profonde amitié entre deux hommes était, elle aussi, absolument géniale. Mais surtout, on est marqué en constatant que ce n'est pas parce que la guerre se termine que les séquelles et les cicatrices disparaissent... Vraiment, ce jeune auteur promet d'être une des belle voix de la littérature canadienne. J'ai déjà hâte de lire le prochain roman de Joseph Boyden car, pour un premier roman, celui-ci était vraiment hors du commun!
5/5
À lire aussi, les critiques du bibliomane, de Chimère, Sophie, Joëlle, Katell et Philippe.
20:45 Publié dans Romans et documents historiques | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note



Commentaires
Celui-là, il me tarde de le lire. J'en ai lu tellement de bien partout.
Écrit par : InColdBlog | vendredi, 11 janvier 2008
Très bien. je retiens ce nom alors !
Écrit par : sylire | vendredi, 11 janvier 2008
N'hésitez surtout pas! C'est un pur bonheur de lecture, malgré un sujet pas très gai.
Écrit par : Frisette | vendredi, 11 janvier 2008
Nous sommes donc d'accord, Boyden est un futur grand et en plus il fait l'unanimité jusqu'à présent.
Écrit par : Chimère | dimanche, 13 janvier 2008
C'est en plein ça! :))
Écrit par : Frisette | dimanche, 13 janvier 2008
C'est vrai que ce livre fut un vrai bonheur de lecture, pourtant j'étais sceptique, le sujet ne m'attirant pas a priori. Comme quoi, quand un auteur a du talent, il peut nous faire lire n'importe quoi.
Écrit par : Sophie | lundi, 14 janvier 2008
Je suis tout à fait d'accord avec toi. En temps normal, je ne suis pas nécessairement attirée par les récits de guerre. Pourtant le résumé de celui-ci m'a interpelée et la lecture du roman n'a fait qu'accentuer cette bonne impression. Voilà vraiment une belle découverte!
Écrit par : Frisette | mercredi, 16 janvier 2008
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