samedi, 12 juillet 2008
Sympathique
Ces petites choses de Deborah Moggach
Toute l'histoire débute parce que Norman Purse, le beau-père insupportable de Ravi Kapoor, se fait sans cesse renvoyer des foyers où on lui trouve une place. Et aussi parce que Ravi n'en peut plus de l'avoir chez-lui. À bout de patience et de ressources, il en parle à un de ses cousins qui est de passage à Londres. Ensembles, ils ont l'idée de créer une maison de retraite en Inde -Dunroamin-, destinée aux anglais qui ne peuvent s'offrir mieux avec leur fond de retraite. Ils feront d'une pierre deux coups puisqu'ils s'enrichiront tout en débarrassant Ravi de son beau-père pervers.
C'est donc sur des bases laissant présager beaucoup d'humour que débute ce roman. Toutefois, on se rend très vite compte que ce n'est pas la voie que l'auteur a choisi d'emprunter et cela est déstabilisant, sans toutefois être trop décevant.
Vient ensuite la présentation des autres pensionnaires du foyer. Ils sont tous attachants, chacun à leur manière, malgré leurs défauts et leurs manies. L'auteur nous présente aussi habilement les différents motifs qui les poussent à s'expatrier: l'isolement, le besoin d'aventure, le manque de ressources, l'abandon par les enfants, etc. Et le roman se termine finalement sur les retrouvailles de certaines familles, pas toujours heureuses mais ma foi très réalistes.
Après avoir terminé cette lecture, il me reste des impressions et sentiments mitigés. Je ne me suis pas ennuyée mais je n'ai pas été transportée ou impressionnée par ce que j'ai lu. J'ai aimé les personnages mais je ne suis pas parvenue à m'attacher à eux. Mais surtout, j'ai de la difficulté à m'expliquer pourquoi.
Bien sûr, l'auteur m'a désarçonnée par son type de roman. Elle nous a offert une douce satire alors que je m'attendais à une lecture humoristique et décapante. Elle m'a aussi laissée sur ma faim en nous présentant toute une galerie de personnages sans jamais pousser bien loin la découverte de l'un ou de l'autre. J'avais l'impression qu'elle voulait aller partout et que finalement, elle ne m'a pas emmenée bien loin, qu'il manquait un fil conducteur bien cerné. Il y a aussi la facilité d'adaptation des retraités au mode de vie indien qui m'a déconcertée. Leurs réactions n'ont jamais été étranges ou improbables mais j'ai tout de même beaucoup de peine à imaginer une adaptation aussi facile à la vie et au climat indien, surtout pour des vieillards. Et finalement, puisque l'auteur a choisi la satire, j'ai été déçue de ne pas la voir exploiter plus que cela le côté sombre et grinçant de son histoire: le problème du vieillissement de la population et ses conséquences sur un système de santé de moins en moins adapté et efficace. Il me semble qu'il y avait là beaucoup de matériel à exploiter.
En bref, j'ai l'impression que l'auteur s'est trop éparpillée et que son histoire, d'une certaine manière, est demeurée inachevée. Il en a résulté une lecture divertissante mais non marquante. Un roman agréable à lire mais sans plus. C'est dommage car il y avait matière à faire plus.
Plusieurs blogueurs ont aussi lu ce titre, suite à une offre faite par Le Livre de Poche. Vous verrez que les avis sont partagés. Je vous invite donc à consulter aussi d'autres critiques afin de voir si ça risque ou non de vous plaire.
3.5/5
19:21 Publié dans Romans contemporains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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