dimanche, 13 juillet 2008

Reconstruction en temps de guerre

Dredio de Marie-Chantale Gariépy43dab72170d8fa2b7ee758759af3f0bf.jpg

Dredio c'est l'histoire d'une reconstruction. La reconstruction de gens qui ont vécu la guerre, laquelle on ne nous le dit pas mais ça pourrait très bien se passer en Irak ou en Afganisthan. Sous nos yeux, Dredio - un jeune garçon de 9 ans - et Evaïa - 24 ans - se rencontrent après une nuit de bombardements très meurtrière. Evaïa décide de prendre le petit sous son aile étant donné qu'elle a vu ses parents mourir. Pour échapper aux prochains bombardements, ils partent sur les routes et rencontrent plusieurs personnes qui, chacune à leur façon, les aideront à passer à travers les horreurs qu'ils ont vues et vécues. Ils terminent leur périple chez un éleveur de pigeons avec qui ils recréeront une famille et tenteront de redonner une certaine normalité à leurs existences.

On dit de Dredio que c'est un conte philosophique et une leçon de guerre. Je ne suis pas d'accord et je trouve même le terme un peu abusif. Ça n'a pas le côté moralisateur que j'ai souvent rencontré dans les contes philosophiques. Mais peut-être a-t-on utilisé ce terme pour faciliter le marketing, en se disant que ça attirerait les fans de Coelho. Pour moi, c'est seulement l'histoire d'une reconstruction en temps de guerre.

Ce qu'il y a de beau dans ce roman c'est la musicalité de l'écriture de Mme Gariépy. On sent qu'elle a beaucoup peaufiné son style. Il y a un rythme dans l'écriture qui nous permet de mieux ressentir le besoin d'apaisement et d'amour de ses héros, de mieux percevoir leurs émotions. Par contre, il faut rester bien concentré pour que le rythme des mots ne nous fasse pas oublier la signification de ce qu'ils portent.

Toutefois, comme il s'agit d'un second roman, on sent que l'auteur n'a pas encore réussi parfaitement maitriser son écriture. Ainsi, en travaillant beaucoup la musicalité elle a, à mon avis, moins bien intégré l'émotion dans son texte. Il en résulte une écriture qui coule mais l'émotion qu'on voudrait nous faire ressentir n'est pas toujours au rendez-vous. À plusieurs reprises j'ai eu l'impression de ne lire que des descriptions, sans ressentir les émotions que les héros auraient dûs avoir. Un autre aspect qui m'a agacée c'est que même si Evaïa est la narratrice, à plusieurs reprises, elle exprime les émotions d'un autre personnage, comme si en fait elle était un narrateur externe à l'histoire. Ça m'a chaque fois semblé étrange et ça a un peu cassé mon rythme de lecture.

En fin de compte, j'ai trouvé cette œuvre intéressante et je suis convaincue qu'au fil des romans, le style de l'auteur se peaufinera et qu'elle nous offrira bientôt d'excellents romans à nous mettre sous la dent.

Si vous souhaitez en savoir plus sur ce roman, je vous invite à écouter l'entrevue de l'auteur à l'émission Le livre show. C'est d'ailleurs cette interview qui m'a donné envie de lire le roman.

3.5/5

Commentaires

Superbe blog ;-)
Ça fait longtemps que je ne lis pas en français, j´espère recommencer en te lisant (je suis espagnole, mes excuses pour les fautes d´orthographe et grammaire!!).
Pour le moment, Andrea Camilleri j´ai lu presque tous ses livres je crois, mais tous en espagnol.
Saluts!

Ecrit par : carouanne | lundi, 14 juillet 2008

Carouanne, je te rassure tout de suite, ton français est très bon! Et certainement meilleur que mon espagnol qui est inexistant! ;) Je te remercie pour ces commentaires qui me vont droit au cœur et j'espère sincèrement te donner envie de recommencer à lire en français.

Au plaisir,

Ecrit par : Frisette | mardi, 15 juillet 2008

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