vendredi, 08 août 2008

Encore une fois, la guerre et ses ravages

Parfum de poussière de Rawi Haged43ef726a68400aa5b51add19ec22c0c.jpg

Georges et Bassam sont amis depuis leur enfance. Ils ont fait les 400 coups ensemble et continuent de les faire. Et malgré la guerre civile qui sévit au Liban depuis plusieurs années, ils essaient de profiter de leur jeunesse, avec toute l'insouciance que cela implique. Ils ont chacun leur boulot: Bassam est débardeur au port et George travaille dans un bar avec machines à poker tenu par la milice. On suit le destin des deux jeunes hommes qui ont toujours crû que jamais la vie ne pourrait les séparer. On suit aussi leur quête d'amour, de bonheur et d'espoir en une vie meilleure qu'il tenteront d'atteindre, chacun à leur manière.

À bien des niveaux, ce roman m'a fait penser au Chemin des âmes de Joseph Boyden que j'ai lu il y a quelques mois. En effet, le canevas du roman est assez semblable: deux amis inséparables qui vivent la guerre mais y réagissent différemment. Toutefois, comme le roman de M. Boyden avait été un immense coup de coeur, la marche était haute pour le roman de Rawi Hage. Mais, je dois dire qu'il a su soutenir la comparaison de belle façon, même si je n'ai pas aimé autant.

Au départ, j'avais un peu peur de lire deux romans avec une intrigue aussi similaire, peur que ça ait l'air d'avoir été remâché. Pourtant, ce ne fut pas le cas. Même si certains points sont semblables: l'époque, les lieux et la personnalité des héros sont très différents et font que les romans ne se ressemblent pas tant que ça. Par contre, les deux oeuvres se ressemblent suffisamment pour qu'on soit tenté de comparer. Et Parfum de poussière est moins bon que Le Chemin des âmes, principalement à cause du style de l'auteur. J'ai souvent eu l'impression qu'il y avait beaucoup de verbiage inutile, l'impression d'être inondée sous des mots qui n'étaient pas toujours nécessaires. Parfois, le procédé était efficace mais bien souvent, ça me dérangeait.

D'un autre côté, c'est un roman très fort sur la réalité de la guerre et ses impacts sur les gens qui la vivent au quotidien. Il est impossible de le lire sans se questionner et sans être attristé par tous ces rêves brisés et toutes ces vies gâchées à jamais. Mais surtout, on se demande: pourquoi toute cette violence, finalement?

En somme, il s'agit d'un roman d'émotions que j'ai beaucoup apprécié, après être passée par dessus les quelques lourdeurs de son style.

4.25/5

Les critiques de Catherine, Jules, Éric, Danaée et Venise, entre autres, qui l'ont lu pour La Recrue du Mois.

Commentaires

J'ai lu aussi à la même époque que la recrue et j'ai bien aimé, même si j'ai trouvé ça dur comme lecture. Contrairement à toi, le style ne m'a pas vraiment dérangée. Prometteur comme auteur, selon moi!

Écrit par : Karine | vendredi, 08 août 2008

Oui c'est vrai qu'il a un certain talent, autrement il n'aurait pas gagné un prix! Mais, j'ai vraiment eu l'impression que son style restait à travailler.

Écrit par : Frisette | vendredi, 08 août 2008

J'avais hâte de savoir qu'est-ce que tu en penserais. C'est bien dosé mais évidemment que lorsqu'il y en a un avec quasiment le même thème et que l'on a beaucoup aimé, l'emballement serait surprenant. Il se défend bien, tu as raison, du talent il en a et j'ai hâte au prochain qui ne s'annonce pas à l'eau de rose puisqu'il portera le titre de "Cockroach" (Coquerelle) !
Et en passant, il a gagné plus qu'un Prix, plusieurs et des gro$. Tant mieux pour lui et cela me donne l'impression que parler de l'actualité dans un roman c'est gagnant.

Écrit par : Venise | mardi, 12 août 2008

C'est vrai qu'il a remporté quelques prix, par contre il n'est pas si actuel que ça étant donné qu'il parle de la guerre au Liban qui a eu lieu il y a au moins 20 ans si je ne me trompe pas. Mais c'est vrai qu'avec les conflits en Irak ou en Afghanistan, on a l'impression que c'est à peu près le même genre de situation. Et puis, une guerre ça reste une guerre...

Écrit par : Frisette | mardi, 12 août 2008

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