vendredi, 27 mars 2009

Que de questions!

La gueule du loup de Nadia Gosselingueule loup.jpg

La gueule du loup, c’est un roman que j’ai découvert grâce à Cuné qui avait du mal à le trouver en France et qui m’a proposé un petit échange, comme ceux que nous avons déjà fait souvent (j'ai d'ailleurs reçu plein de belles surprises dont je vous parlerai bientôt!). En bonne « copine-net », je me suis dévouée et me suis rendue dans « l’antre de toutes les tentations ». Évidemment, dès mon retour à la maison, je n’ai pu m’empêcher de feuilleter l’objet de sa convoitise et comme ledit roman me semblait tentant, je l’ai lu en vitesse avant de lui envoyer. Pour la grande vitesse de lecture, je n’ai pas eu à faire de gros efforts car c’est un roman qui m’a beaucoup plu, tout en me déroutant… Bon, trêve de blabla, je vais vous épargner le long monologue sur ma vie quotidienne et plutôt vous parler du livre.

La quatrième de couverture m’avait donné l’impression d’un roman un peu chick-lit. Première grosse surprise, il n’en est absolument rien! Mais je ne vous dirai pas ce que c’est réellement de peur de gâcher votre plaisir de découverte. En résumé, c’est l’histoire Loulou et Edy qui se sont connus via Internet. Lui habite en Belgique et elle le Québec. Ils ont une différence d’âge de près de 30 ans mais après des mois d’échanges et d’appels téléphoniques, ils se sentent si près l’un de l’autre que Loulou traverse l’océan pour aller retrouver son âme sœur pendant deux semaines. Mais, dès le premier regard à l’aéroport, son rêve s’effondre, jamais elle ne pourra être amoureuse de ce vieillard. Comble de malchance, comme c’est Edy qui a payé son billet d’avion, elle ne se sent pas le courage de repartir immédiatement. Quant à la suite, je ne peux que vous conseiller de la découvrir sous la plume de Nadia Gosselin.

Dès que la mise en place de l’intrigue s’est achevée, je n’ai pu m’empêcher d’être déstabilisée, secouée, intriguée et ébranlée par ma lecture. De façon très habile, l’auteure nous pousse dans nos retranchements et il est impossible de ne pas comparer la vision et la conception de l’amour de ses personnages avec la nôtre. On ne peut s’empêcher de se questionner. L’amour n’est-il pas plus qu’une question d’apparence ? Ne peut-on pas éviter le poids du regard des autres? Dans quelle mesure notre regard idéalise-t-il l’autre? L’auteure aborde aussi un thème qu’on ne voit pas très fréquemment dans les romans et qui pourtant prend de plus en plus d’ampleur : les relations amoureuses par Internet. Qui n’a jamais entendu d’histoires d’horreur à ce sujet? Qui ne s’est jamais raconté d’histoires en amour, en idéalisant l’autre. N’est-il pas encore plus facile de tomber dans ce piège d’idéalisation quand la seule image qu’on a de l’autre est ce qu’il a bien voulu nous laisser découvrir dans une correspondance enflammée? Internet amplifie-t-il l’effet « tout nouveau tout beau » si fréquent au début d’une relation amoureuse? Tout au long de ma lecture, je me suis questionnée, je me suis demandée si ce en quoi je croyais n’était pas que du vent ou de beaux sentiments?

C’est un roman qui offre définitivement beaucoup plus que ce qu’il laisse paraître à première vue. Je vous invite à le découvrir !

4/5

Guy St-Jean éditeur, août 2008, 162 pages.

Cuné vient aussi de le lire et de le critiquer ici.
Venise en a aussi parlé par là.

Commentaires

Excellent billet, tu me donnes envie de le relire derechef ;o)

C'est vrai que c'est un roman qui questionne tout au long de son déroulement. J'ai longtemps ruminé leur relation moi aussi, n'étant pas certaine de pouvoir la qualifier vraiment....

Une auteure à suivre !

Ecrit par : Cuné | vendredi, 27 mars 2009

C'est vrai que ça a l'air pas mal et surprenant par rapport au titre et à la couverture !

Ecrit par : freude | vendredi, 27 mars 2009

@Cuné: C'est étrange car moi je n'étais pas tellement satisfaite de mon commentaire et je trouvais le tien 100 fois meilleur! Mais merciq quand même pour le compliment.

Et il faudra qu'on recommence ça un jour, j'avais oublié combien c'est plaisant de découvrir l'avis de l'autre au moment même où on publie son billet. :)

@Freude: Tu as bien raison. En plus, je n'avais même pas porté attention à la couverture. Maintenant, après avoir lu le roman, je trouve qu'elle augmente encore plus l'effet de déroute que j'ai ressenti.

Ecrit par : Frisette | vendredi, 27 mars 2009

Tu rigoles, j'ai pensé exactement le contraire, ton billet est bien meilleur que le mien, et puis je me suis dis je ne le dis pas, on ne joue pas à "qui est la meilleure" mais à "on dit en même temps" ;o))

Ecrit par : Cuné | vendredi, 27 mars 2009

J'ai découvert les liens par hasard...

Merci pour vos bons commentaires!

Nadia

Ecrit par : Nadia Gosselin | vendredi, 27 mars 2009

@Nadia Gosselin: Ça nous a fait plaisir, d'autant plus que c'était sincère. :)

@Cuné: Je persiste et signe. De toute façon on se juge toujours plus sévèrement que les autres nous jugent.

Ecrit par : Frisette | samedi, 28 mars 2009

On parle vraiment de sujet universel ici, l'amour tout court, et l'amour via l'Internet. Ça paraît puisque de mon côté, même chose, une fois mon billet publié sur ce roman, quelques personnes de l'autre côté de l'atlantique ont eu le goût de le lire, assez pour le commander !

J'ai trouvé intéressant le thème de la culpabilité. Qui est le plus fautif dans cette relation ? Le lecteur assiste à ces lancers de la balle culpabilité, l'auteure nous laisse l'espace pour se faire notre propre opinion, ce qui est appréciable.

Ecrit par : Venise | dimanche, 29 mars 2009

Je partage tout à fait ton avis. Ce thème est abordé avec brio.

Ecrit par : Frisette | dimanche, 29 mars 2009

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