mercredi, 22 avril 2009
Une enquête qui n'est qu'un prétexte
La Multiplication des Princes de Nicolas Paquin
Une fois n’est pas coutume mais comme je suis un peu paresseuse ce soir, je vous recopie la quatrième de couverture de ce roman, plutôt que d’en faire le résumé.
« Une ministre des Communications opère un réseau de jeunes prostituées.J’ai déniché par hasard ce roman à la librairie et je l’ai pris car le nom de l’auteur me disait quelque chose et que la quatrième de couverture m’intriguait. Il s’agit en fait du premier roman d’un jeune auteur de ma région et je vous avoue que j’ai bien aimé ma lecture malgré quelques petites choses qui m’ont agacée.
Un single oublié fait surface chez un disquaire curieusement branché.
Épuisé, le premier album de la jeune formation The Hint continue à se vendre chez Thisdale.
Étudiant et tombeur malgré lui, le journaliste sans emploi Abel Bates se démène corps et âme (corps, surtout!) pour délier cette série d’événements troubles.
La Multiplication des Princes est un roman rythmé aux enchaînements efficaces, de ces romans qu’on préfère terminer avant de penser à se coucher. »
J’ai souri à tous les clins d’œil (le mot est même faible) au monopole du groupe Québecor. D’ailleurs, si jamais Pier-Karl Péladeau lit ce roman, il n’appréciera probablement pas… J’ai aussi apprécié le ton ironique, grinçant et même cinglant de l’auteur. Le tout sur un fond d’enquête qui est plus un prétexte qu’autre chose mais ça nous convient parfaitement car le roman capte notre attention du début à la fin. Et puis, j’ai beaucoup souri à la présence de ma ville dans un roman. Comme ce n’est ni une grande métropole, ni un lieu avec une quelconque notoriété, ça n’arrive pas très souvent et c’est toujours amusant de voir les lieux où l’on passe tous les jours avec les yeux d’un autre. Le roman prend alors une couleur particulière.
Par contre, il y a plusieurs choses qui m’ont dérangée. Tout d’abord, les très nombreuses fautes qu’on retrouve un peu partout dans le roman. Comme si le manuscrit avait été révisé à la va vite pour respecter un quelconque délai. Ça ne nuit pas à la compréhension mais il y a un manque de peaufinage qui m’a dérangée. Quand je paie pour un ouvrage, j’aime avoir le sentiment qu’on m’offre un produit de qualité et ici, à mon avis, ça a manqué. Cependant, le roman est captivant et cela n’enlève rien au talent de raconteur de son auteur. Un autre détail qui a fini par m’agacer, même si au départ ce n’était pas le cas, c’est la trop grande présence de scènes sexuelles. Je n’ai rien contre des passages plus osés mais ici, à la longue, j’avais le sentiment qu’il y avait du sexe pour du sexe, sans que ça soit utile pour faire avancer l’intrigue ou pour nous permettre de mieux saisir la personnalité du héros. Bref, j’ai eu une impression de « trop c’est comme pas assez ».
Au final, malgré les défauts de ce roman, je ressors avec l’envie de lire le prochain livre de ce jeune auteur car j’ai eu l’impression que son écriture allait se bonifier avec le temps. L’avenir me dira si j’avais raison!
3/5
Éditions de la Contrescarpe, octobre 2008, 159 pages.
19:57 Publié dans Littérature québécoise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : livre, littérature, premier roman, journaliste, enquete












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