dimanche, 12 novembre 2006

Je suis un peu honteuse mais...

Je n'ai pas réussi à lire le livre du mois pour novembre. Le pire c'est qu'il m'inspirait! Ça faisait d'ailleurs très longtemps que j'avais noté ce titre dans ma LAL.

Mais bon ma grosse grippe et quelques petits tracas m'ont trop occupé l'esprit et je me suis retrouvée avec une panne de lecture... Donc depuis 2 semaines, c'est pas mal le néant de ce côté.

Mais je promets d'être de la partie le mois prochain! En attendant, vous pouvez vous consoler avec:


L'avis de Cuné
Et aussi ceux de Llisa, So et Eireann qui nous rejoignent ce mois-ci! Youppi!

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Nos prochaines lectures communes seront:

- pour le 12 décembre, Middlesex de Jeffrey Eugenides
- pour le 12 janvier, L'objet de mon affection de Stephen McCauley


Avis aux intéressé(e)s!

jeudi, 12 octobre 2006

Coup de foudre!

medium_montagne_secrete.2.jpgLa montagne secrète de Gabrielle Roy

Pierre Cadorai est une sorte de coureur des bois qui ratisse le Grand Nord canadien, soit en trappant, soit en pêchant ou tout simplement en explorant le territoire pour ensuite dessiner ou peindre ce qu'il découvre. À travers son périple, il fait la rencontre de nombreux personnages qu'il dessinera. Mais vient un moment où il ressent le besoin de voyager seul et ainsi d'entreprendre son voyage intérieur.

Ayant voyagé à partir des Territoires du Nord-Ouest, il parvient au nord du Québec, près de la Baie d'Ungava. Sans le savoir, sa légende, celle de "l'homme-au-crayon-magique" l'a précédé et les esquimaux savent déjà à qui ils ont affaire. Mais l'artiste n'a pas encore le sentiment d'être parvenu au sommet de son talent, ni même de s'en approcher. Ce n'est qu'au détour d'un sentier, en découvrant une montagne dont la luminosité le fascine, qu'il se rendra compte qu'il a trouvé SA muse. Il essaie de la représenter du mieux qu'il peut, sans prendre garde à la météo et au péril de sa vie. Parvenant de peine et de misère à un petit village, il sera sauvé par des inuits et un père missionnaire. Ce dernier le prendra sous son aile, allant même jusqu'à lui organiser un séjour en Europe pour parfaire son talent. Mais la ville lumière le fait dépérir. Il peint et perfectionne son talent mais sa lumière intérieure s'éteint doucement.

Dans ce roman, Gabrielle Roy est sommet de son art. Avec ses mots, elle dépeint les paysages avec une telle précision qu'on a l'impression d'y être. Tellement que pendant toute la partie en territoire canadien, j'ai lu avec une espèce de tension perpétuelle, craignant toujours pour ce héros si imprudent pour quelqu'un accoutumé à un climat aussi rigoureux.

Mais le génie de ce roman c'est aussi cette manière de dépeindre Pierre Cadorai qui le rend à la fois mystérieux et sympatique, faible et fort. Un homme pour qui la passion de la liberté et de l'art étaient impossibles à éteindre même s'il doutait continuellement de la qualité de ses oeuvres.

Le seul aspect du roman qui m'a un peu déçue c'est la dernière partie, celle se déroulant à Paris. Pour une raison que je n'arrive pas à identifier, la magie a perdu de son effet. Le besoin furieux de poursuivre ma lecture était moins pressant. Le héros semblait s'éloigner de moi. Mais ce ne fut pas suffisant pour que je perde mon intérêt et pour que le roman perde de sa force.

Voilà une oeuvre de Gabrielle Roy qui laissera sa marque dans ma mémoire.

4.5/5


L'avis de Cuné
Et ici Chimère participe à sa façon

Du même auteur, vous pouvez aussi lire ma critique de Ces enfants de ma vie.

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Nos prochaines lectures communes seront:

- pour le 12 novembre, La véritable histoire du gang Kelly de Peter Carey
- pour le 12 décembre, Middlesex de Jeffrey Eugenides

Avis aux intéressé(e)s!

mardi, 12 septembre 2006

C'est à mon tour de faire une non critique pour le Club de lecture!

Berceuse de Chuck Palahniukmedium_berceuse.2.jpg

"Quoi de plus inoffensif pour s'endormir qu'une berceuse tendrement lue le soir ? Rien à voir avec la mort subite du nourrisson, génératrice des pires angoisses des parents penchés sur le souffle nocturne du nouveau-né. Le journaliste Carl Streator y verrait pourtant comme un lien, un je-ne-sais-quoi d'inexpliqué. Il y aurait un livre qui tue. Une comptine mortelle. En plein cœur des Etats-Unis. Un recueil pour enfants constitué de poèmes... Carl Streator en parle à son patron, lui en lit un extrait... et le voit s'affaisser devant lui pour ne plus se réveiller. L'enquête peut commencer. Combien de livres en circulation dans le pays ? Combien le savent et pour quel usage ? Quel pouvoir absolu pour celui qui en aura l'ultime possession !... Un livre de Palahniuk ne se résume pas, c'est déjanté, subversif et incroyablement lucide."

Voilà ce que dit l'éditeur à propos de ce livre. Ça a l'air alléchant n'est-ce pas? Et bien la 4e de couverture, c'est tout ce que j'ai aimé de ce bouquin. Parce qu'à la lecture ce n'est vraiment pas aussi clair que ce qu'en dit l'éditeur... Je dirais même qu'on nage en plein brouillard. Après cent pages, je n'y comprenais toujours pas grand chose. Sans compter l'absence totale de suspense. Je lisais mécaniquement, me disant que ça finirais sûrement par démarrer. Pffff, j'ai pas osé tenir jusqu'à la fin pour en avoir la preuve, ou pas. Je ne l'ai donc pas terminé. Mais j'ai toutefois tenu assez longtemps pour vous dire de ne pas perdre votre temps avec cette lecture, même si vous aimez les polars.

L'avis de Cuné

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Nos prochaines lectures communes seront:

- pour le 12 octobre, La Montagne secrète de Gabrielle Roy
- pour le 12 novembre, La véritable histoire du gang Kelly de Peter Carey

Avis aux intéressé(e)s!

samedi, 12 août 2006

Si improbable que ça?

Marche ou crève de Stephen Kingmedium_marche_ou_creve.3.jpg

Garraty est un jeune ado. Comme quatre-vingt-dix-neuf autres jeunes, il participe à "La Longue Marche", une compétition où il faut marcher sans s'arrêter sous peine d'être éliminé, sans autre formalité. Marcher pour sa vie et s'inscrire à la compétition en toute connaissance de cause, voilà ce qu'ont fait les cent garçons qui compétitionnent. Chacun y va pour des raisons qui lui sont propres, chacun avec ses objectifs, ses stratégies, et ses faiblesses... Et bien sûr, l'événement est médiatisé, attendu même. Les foules se déplacent. N'est-ce pas le summum de la cruauté?

Contrairement à bien des oeuvres de l'auteur, ici, pas de surnaturel, à peine un pays qui ressemble à s'y méprendre aux USA sans l'être tout à fait. Un univers où la cruauté est banalisée, institutionnalisée. Un monde qui n'existe pas encore. Mais est-ce certain? Ne nous dirigeons-nous pas dans cette direction? Avec les guerres qui sont de plus en plus "commanditées" par les superpuissances, c'est à se demander si le scénario n'est pas plus probable qu'on ne le pense...

Quant à l'oeuvre en elle-même, disons que l'auteur nous captive tout autant que dans ses romans surnaturels grâce à un suspense efficace, mais aussi par l'horreur de l'aventure qu'il nous décrit, car ce n'est pas de la dentelle qu'on lit... Incrédule, on explore les facettes de la cruauté humaine et de la psychologie. Plus l'intrigue avance, plus on se demande jusqu'où cela ira. On voudrait arrêter de lire tant c'est dur et sanglant et pourtant on ne peut lâcher le livre. C'est parfois, redondant et lent, mais bientôt le suspense reprend et on est à nouveau scotché.

Donc sans être parfait, c'est un roman qu'on lit d'une traite. Et une fois la lecture terminée, on se demande déjà quel est le prochain Stephen King qui ira attendre dans notre PAL!

4/5

Ce que Cuné a pensé de ce titre
Et ici l'avis de Chimère qui a rejoint le Club!

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Ma critique de La part des ténèbres ici

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Nos prochaines lectures communes seront:

- pour le 12 septembre, Berceuse de Chuck Palahniuk
- pour le 12 octobre, La Montagne secrète de Gabrielle Roy

Avis aux intéressé(e)s!

mercredi, 12 juillet 2006

Ni tout à fait noir, ni tout à fait blanc...

Les arabes dansent aussi de Sayed Kashuamedium_arabes_dansent_aussi.2.jpg

Comment peut-on, lorsqu'on est un arabe-israélien, parvenir à s'intégrer aux juifs israéliens? C'est quasiment impossible... Pourtant c'est ce que tente de faire chaque jour le héros de ce roman. Originaire de Tira, un petit village arabe près de Jérusalem, il sera choisi pour aller étudier parmi les juifs. C'est là que débutera son envie de leur ressembler afin de ne pas se sentir à part. Au final, il finira par ne se sentir à l'aise ni chez les arabes, ni chez les juifs.

Le sujet m'inspirait beaucoup puisque je me disais que ça pourrait me permettre de comprendre le conflit israélo-palestinien. Et ce fut le cas, vues de l'intérieur, on saisit mieux les racines du conflit et pourquoi il perdure. Pour cet aspect, le roman est vraiment intéressant. Le hic c'est que je ne suis pas parvenue à apprécier le héros. Il y avait un "je-ne-sais-quoi" dans son attitude qui me rebutait et qui me le rendait très antipathique. J'aurais bien aimé pouvoir le donner un coup de pied au derrière pour le secouer un peu... Et juste pour ça mon plaisir de lecture a été gaché. Mais je demeure convaincue que le livre pourrait plaire à beaucoup de gens. Et surtout, aider à mieux comprendre car, d'une certaine façon, tout comme le film "Munich" c'est une histoire qui nous donne matière à réfléchir. Comme dans tout conflit, rien n'est jamais noir ou blanc. Et quand on met les deux points de vues côte à côte, on finit par avoir une certaine idée des nuances de gris de la situation. Mais sans pour autant parvenir à comprendre tout à fait comment cela peut mener à autant de violence.

3.5/5

L'avis de Cuné

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Nos prochaines lectures communes seront:

- pour le 12 août, Marche ou crève de Stephen King
- pour le 12 septembre, Berceuse de Chuck Palahniuk

Avis aux intéressé(e)s!

lundi, 12 juin 2006

Les derniers jours de l'Empire ottoman

De la part de la princesse morte de Kenizé Mouradmedium_princesse_morte.jpg

Dans ce roman historique, Kenizé Mourad a choisi de reconstituer la vie de sa mère, une princesse ottomane exilée au Liban suite à un renversement du gouvernement turc après la Première Guerre Mondiale. Sa mère, la princesse Selma fut ensuite mariée à un prince chiite des Indes qu'elle n'avait jamais vu. Suite à ce mariage, elle vécut plusieurs année en Inde, ne s'y sentant jamais tout à fait à sa place. Jusqu'à ce qu'une grossesse la fasse voyager jusqu'en France, à l'aube de la Seconde Guerre Mondiale et où elle choisit de demeurer malgré le début des hostilités.

Même si l'intrigue est plutôt lente à démarrer j'ai beaucoup apprécié ce roman. Il faut l'avouer, les cent première pages sont un peu ardues mais c'est compréhensible pour un pavé qui en compte plus de huit cents. Il faut laisser le temps à la romancière de mettre en scène ses protagonistes. Ensuite, plus on avance de la lecture, plus on a envie d'en apprendre plus sur les pays qu'on visite par les yeux de Selma. J'ai eu l'impression de les voir autrement, pas du tout comme ce que les bulletins d'informations nous laissent entrevoir. Et j'ai aimé ma découverte, malgré que les faits présentés ne soient pas toujours à leur avantage. Ce roman, c'est aussi un rappel que la condition de la femme dans certaines cultures et certaines religions n'est pas rose et que le féminisme a encore bien des luttes à mener. Mais plus que tout c'est l'histoire tragique d'une femme qui voulait avant tout être aimée sans trop savoir comment y parvenir.

En résumé, c'est un roman qui m'a touchée plus que je ne l'aurais imaginé. Je m'attendais à un roman historique mais ce fut plus que ça. Ce fut aussi le prélude à une réflexion sur la place qui est donnée à la femme dans les différentes sociétés du monde. Et aussi une prise de conscience que malgré tous les progrès des cent dernières années, bien du travail reste à faire pour que la femme cesse d'être brimée.

4/5

Lisez ici le non avis de Cuné!

samedi, 13 mai 2006

Ne serait-ce que pour comprendre...

La cliente de Pierre Assouline

En faisant des recherches, un homme exercant le métier de biographe, découvre le nom de la personne qui aurait dénoncé les parents juifs de son épouse durant l'Occupation. Ces parents sont tous morts en déportation, sauf un. Une fois ce détail découvert, le biographe amorce une enquête effrenée, quasi obsessionnelle, afin de comprendre pourquoi. Une enquête qui l'entraînera sur des sentiers peu fréquentés...

Après un début un peu ardu, afin de m'adapter au style de l'auteur, j'ai été complètement envoûtée, tant par le style que par l'histoire. Pour nous, nord-américains, c'est parfois difficile d'imaginer la réalité que devait être l'Occupation. Tout comme et les bons et les mauvais côtés des gens qu'elle a dû exacerber. Avec ce genre de roman, on parvient à mieux comprendre, si tant est qu'il est possible de bien saisir une réalité aussi dure. Et l'auteur a un talent certain pour le faire. Quand à la spirale infernale dans laquelle sombre le héros, nous sommes encore une fois charmés. Même si on se dit que c'est trop, l'auteur nous amène sur les sentiers qui, encore une fois, nous permettent de comprendre.

C'est définitivement un roman qui m'a marquée et dont je me rappellerai longtemps.

4/5

L'avis de Cuné sur ce roman