vendredi, 24 avril 2009

Il est parfois difficile de recoller les morceaux

Charlémoi de Christine Jeanneycharlemoi.jpg

Un écrivain en pleine crise existentielle s’exile dans un chalet afin de faire le point, et peut-être aussi d’écrire. Il veut publier un « vrai » livre, pas un roman pour la jeunesse comme tout ce qu’il a fait jusqu’à maintenant. Il nous révèle son état d’esprit par le biais de fragments de son passé, distillés au compte-goutte et dans le désordre, afin que nous recollions les morceaux du casse-tête qu’est sa vie en même temps que lui.

Autant le dire tout de suite, et à mon grand regret, je n’ai pas du tout apprécié ce roman. J’ai eu l’impression de me lancer dans un casse-tête de 5000 morceaux tous plus ou moins de la même couleur. Pour qui me connait, ce n’est pas bon signe car ma patience pour ce genre de hobby est inexistante. Il en a donc résulté un état de frustration qui a perduré presque tout le long de ma lecture. La frustration de nager en plein brouillard, la frustration de ne rien comprendre et la frustration de me sentir complètement nouille parce que j’avais lu tellement de bien sur ce roman ont fait que je n’ai pas pu apprécier ma lecture. Il y a bien les derniers chapitres où j’ai enfin commencé à y voir un peu plus clair mais le mal était fait, j’avais perdu l’envie d’aller plus loin et j’ai terminé ma lecture avec la hâte d’en finir.

Dommage…

2/5

ArHsens éditions, janvier 2008, 154 pages.

Les avis beaucoup enthousiastes que le mien de Cathulu et Cuné.

Et surtout, un gros merci à Cuné qui a travaillé très fort pour me trouver ce titre!

vendredi, 03 avril 2009

Chaque quête a un prix...

Eldorado de Laurent Gaudéeldorado.jpg

Dans le passé, écrits par Laurent Gaudé, j’ai lu Le soleil des Scorta et La mort du roi Tsongor et j’avais adoré. Je ne sais pourquoi mais la plume de cet auteur vient me chercher et, peu importe l’univers, elle me transporte. Cette fois, ce fut encore une fois le cas et je prédis déjà que ce n’était pas le dernier titre de M. Gaudé que je lisais!

En gros, l’histoire pourrait être résumée comme suit… Un commandant de navire qui patrouille les côtes italiennes à la recherche d’immigrants clandestins depuis plus de vingt ans voit sa vie chamboulée lorsqu’une survivante d’un des bateaux qu’il a interceptés lui raconte son histoire. Il se met alors à douter de l’utilité de sa vie et décide d’entreprendre un long voyage, une quête. Son histoire s’intercale avec celle d’un soudanais qui quitte tout dans l’espoir de gagner l’Europe, et une vie meilleure.

En lisant ce récit, j’ai été touchée par le désespoir de ces gens qui quittent tout, utilisent toutes leurs économies et trop souvent, risquent leur vie en espérant une vie meilleure. Pas extraordinaire, juste meilleure et vivable. Ce roman m’a permis de réaliser tout le courage qu’il faut à ces gens pour se lancer ainsi sur les routes, sans vraiment savoir ce qui les attend au bout du chemin. Mais surtout, j’ai trouvé que l’auteur avait choisi le ton qu’il fallait. Je n’ai pas pu m’empêcher d’être émue par le destin de ces hommes et de ces femmes qui cherchent leur « eldorado ».

Ce roman est d’actualité, peu importe le moment où on le lit, l’endroit où on vit car, un meilleur destin, tout le monde en rêve.

4/5

Actes Sud, août 2006, 237 pages.

Les avis de Laurent, Chiffonnette et Essel.

lundi, 09 mars 2009

Avis tout en bémol sur le dernier Goncourt

Syngué Sabour – Pierre de patience de Atiq Rahimisyngue sabour.jpg

Une femme prend soin de son mari qui est plongé dans le coma. Comme son état ne s’améliore pas, leur quasi solitude durera plusieurs semaines. Elle vit au rythme des petits changements et, petit à petit, elle finira par se confier comme s’ils étaient côte à côte, comme jamais elle n’a pu le faire quand il était conscient. Son époux deviendra donc sa pierre de patience, qui selon la croyance afghane, est une pierre magique à laquelle on se confie, qui absorbe nos peines jusqu’à en éclater et qui nous délivre du malheur à ce moment.

Ayant lu et littéralement adoré Terre et cendres du même auteur, j’avais vraiment très hâte et très envie de lire Syngué sabour. Et depuis qu’il s’était mérité le prix Goncourt, j’étais encore plus tentée. C’est donc avec beaucoup d’attentes et d’espoir que j’ai commencé ce roman. Malheureusement, je n’y ai pas retrouvé ce qui m’avait charmée dans Terre et cendres : la concision et la force d’évocation des odeurs et de la poussière de sa terre natale.

Dans Syngué sabour, j’ai trouvé le début très lent et répétitif, ce qui est un gros problème pour un roman aussi court. Contrairement à d’autres qui ont adoré le monologue de l’épouse, de mon côté j’ai trouvé ses propos décousus et je n’ai pas ressenti, ou si peu, son émotion, sa douleur, son désespoir…

Par contre, certains aspects du roman m’ont plu. J’ai aimé découvrir la symbolique de la pierre de patience. Ces petites touches qui nous permettent de toucher à d’autres cultures me plaisent toujours. J’ai aussi apprécié le message du roman qui vise à dénoncer l’injustice et la cruauté qui sont le quotidien des femmes afghanes, sans monter aux barricades. Bien souvent, un message exprimé subtilement passe beaucoup mieux qu’un propos agressif et revendicateur. Mais attention, je ne veux pas dire pour autant qu’on doive cesser de lutter pour obtenir des conditions de vie décentes pour toutes ces femmes qui vivent dans l’oppression.

En résumé, même si j’adhère complètement au propos du roman, la forme ne m’a pas beaucoup accrochée. C’est dommage car j’aurais tellement voulu que ça soit le cas.

3.5/5

POL, août 2008, 155 pages

Ce roman a remporté le prix Goncourt 2008

Les avis sur ce roman sont partagés. Certains sont enthousiastes (Papillon, Cathulu et Jules), d’autres, comme moi, un peu moins (Miss Alfie et Karine).

samedi, 28 février 2009

Becky et les affres de l'indécision

L’accro du shopping dit oui de Sophie Kinsellaaccro shopping oui.jpg

Becky qui vit maintenant à New York a été demandée en mariage par son Luke et, bien évidemment, elle a dit oui. Comme de raison, notre accro du shopping ne serait pas fidèle à elle-même si elle devenait raisonnable et capable de prendre des décisions. Elle se retrouvera donc rapidement prise dans un imbroglio gigantesque : deux mariages, le même jour et sur des continents différents! Comment choisir entre une noce dans sa ville natale préparée avec amour par maman et une autre organisée par une belle-mère immonde mais ayant lieu au luxueux Plaza de New York? Nous la suivrons donc dans son indécision et dans toutes les histoires qu’elle devra inventer pour que personne ne s’aperçoive de la situation dans laquelle elle s’est elle-même mise.

Contrairement aux deux précédents romans, j’ai beaucoup moins aimé celui-ci. Il y a bien eu quelques moments rigolos mais en général c’était plutôt lassant et répétitif, comme si l’auteur avait épuisé le filon. Et puis Becky m’a tapé sur les nerfs avec son indécision et son absurdité. Elle se mettait dans des situations carrément impossibles sans s’en rendre compte alors qu’il aurait fallu être déficient mental pour ne pas s’en apercevoir… Sans compter ses rêves de grandeurs qui m’ont vraiment irritée, comme toutes ces émissions américaines sur le mariage qui inondent Canal Vie : une pour la robe de rêve, une pour la danse qui devrait épater la galerie, une pour les noces extravagantes des riches et non célèbres, etc. Je trouve tout ça tellement inintéressant et superficiel. Mais bon, si je planifiais un mariage, ça m’interpellerait peut-être un peu plus…

À mon avis, c’est définitivement le moins réussi jusqu’à maintenant.

3/5

Traduction par Christine Barbaste
Pocket, mai 2006, 480 pages.


Mes critiques des tomes précédents sont ici.



samedi, 31 janvier 2009

Lecture sans casse-tête

Les tribulations de Tiffany Trott d’Isabel Wolfftribulations tiffany trott.jpg

Tiffany Trott a réussi sa vie professionnelle, elle a du succès comme créatrice de slogan publicitaires. Mais du côté de sa vie personnelle et amoureuse, c’est tout autre chose. À 37 ans, elle est toujours célibataire et même pas en couple, sans compter que l’envie d’avoir un enfant se fait de plus en plus ressentir. Comme les unes après les autres, toutes ses amies se casent, elle décide de changer cet état de chose, par tous les moyens. Elle se lance donc dans la chasse à l’Homme "pas-mal-limite-acceptable". Tout sera testé pour trouver l’Homme de ses rêves : petites annonces, agences de rencontres, soirées pour célibataires et vacances dans un club pour célibataires. Le chemin sera long et tortueux pour trouver "le" spécimen rare.

Je me cherchais un titre pas trop compliqué et rigolo afin me changer les idées entre deux piles de correction. Dans les circonstances, je croyais que ce titre ferait tout à fait mon bonheur. Finalement, ça ne m’a pas emballée autant que je l’aurais crû. C’est une lecture divertissante et rigolote mais à la longue, j’ai fini par trouver cette quête un peu lourde, même pathétique. Tous ces rendez-vous improbables ont fini par être trop répétitifs. Ce qui devait s’avérer une lecture de détente ne m’a finalement pas trop délassée. Dommage car le style n’était pas mauvais non plus…

3/5

Traduction de l’anglais par Denyse Beaulieu
Pocket, janvier 2004, 473 pages

dimanche, 03 août 2008

Pour ce qu'on lui a refusé

La fausse veuve de Florence Ben Sadoun74ba06a6263b1c2143fa56efc030cd4d.jpg

Présentation de l'éditeur

"Aujourd' hui je suis plus vieille que toi alors que j'avais neuf ans de moins que vous ...' Ainsi commence le roman de 'La Fausse Veuve'. Tutoyant et vouvoyant dans la même phrase son amant disparu, l'héroïne lui raconte, et nous raconte, dix ans après, l'histoire qui lui a été volée. Ce que furent leur amour, leurs moments de bonheur, et aussi le désespoir, leurs muets tête-à-tête à l'hôpital quand, victime d'un grave accident cérébral, il s'écroule et se réveille paralysé et privé de parole."

La fausse veuve est un roman (même si après la lecture on se demande vraiment s'il ne s'agit pas plutôt d'un journal intime ou d'une autofiction) qui nous présente l'autre côté de la médaille, celui de l'entourage du malade, lorsque celui-ci se retrouve paralysé, sans possibilité de communiquer avec l'extérieur. Et cet autre point de vue n'est pas ordinaire, c'est aussi celui de celle qui ne sera jamais "l'officielle". Car, même si son homme a quitté sa femme, elle restera toujours la maîtresse et donc celle à qui on refuse le droit de vivre sa peine. Il en résulte que, dix ans après sa mort, elle ressent un besoin criant de nous faire savoir qu'ils ont vraiment été amoureux et qu'elle l'a accompagné jusqu'à la fin, comme une vraie épouse.

J'ai beaucoup aimé plusieurs aspects de ce court roman et particulièrement les émotions de l'héroïne qui sont palpables tout au fil de la lecture. Je n'ai pu m'empêcher de partager sa souffrance de ne pas être reconnue, de ne pas avoir le droit d'avoir de la peine, de ne pas être informée de la situation de son conjoint et de n''avoir pas voix au chapitre.

D'un autre côté, j'ai parfois eu de la difficulté avec la chronologie. Je comprend que dans la douleur, on perd parfois le fil du temps mais il n'empêche que cela a parfois rendu ma lecture plus ardue.

Mais il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'un très bon roman!

Je remercie les Éditions Denoël et Chez les Filles pour cet envoi.

4/5

Plusieurs bloggeuses l'ont lu aussi. Il y a entre autres: Lily, Praline, Lo et Aelys.

lundi, 28 juillet 2008

Le concours de qui aura le plus de problèmes psychologiques

Mensonges sur le divan de Irvin D. Yalombe127132afffa81385e564cc00c5674a.jpg

Voici un roman grinçant qui ne se gêne pas pour égratigner le monde de la psychanalyse en explorant tout autant la perspective du médecin traitant que celle des patients. Ce sont donc les deux côtés de la médaille qui sont disséqués, critiqués et... plutôt malmenés. L'auteur nous offre un peu de tout: le psy (trop?) humaniste, le médecin ambitieux et imbu de lui-même, la fine ligne entre le traitement et l'abus, la patiente qui en veut à toute la profession et qui cherche à se venger, le patient tellement hypothéqué que c'en est pathétique, et j'en passe.

L'histoire commence avec le cas qui sera une révélation pour Ernest Lash, ce qui lui fera changer complètement ses plans de carrière et le dirigera vers la psychothérapie. Ensuite, l'auteur nous emmène vers une patiente qui tient à se venger du fameux docteur car il a trop bien fait son travail. Il en a résulté que son mari s'est finalement décidé à la quitter, elle est qui est une vraie harpie. Mais malheureusement, à partir de ce début prometteur, l'auteur commence à ratisser plus large, à élargir son éventail de personnages. C'est à ce moment que mon intérêt s'est émoussé. L'intrigue est devenue moins intéressante, moins grinçante et un peu trop "psycho-machin-j'ai-des problèmes-je-gratte-le-bobo-et-je-m'écoute". Comme je suis beaucoup plus rationnelle qu'exploratrice de mes états d'âme, ça m'a lassée. Heureusement, vers la fin, le ton est redevenu plus caustique et j'ai pu retrouver ce ton qui m'avait plu au départ.

N'empêche qu'à mon humble avis, c'est un roman plutôt inégal, mais ça n'engage que moi!

3/5

Lucie est de mon avis.

D'autres lectrices ont beaucoup plus aimé: Cuné, Cathulu et Papillon.