lundi, 09 octobre 2006

Comme un roman!

medium_exiles_anse.2.jpgLes Exilés de l’anse à Mouille-Cul - L’étonnante histoire de Laurent Chouinard et Claire Gagnon par Gaston Deschênes
Les éditions du Septentrion, 2006
120 pages

Quatrième de couverture
"Scandale à «Saint-Jean de Port-Joly» en 1774:le curé desservant et l’évêque de Québec refusant de les marier selon les règles de l’Église, Laurent Chouinard et Claire Gagnon — une jeune veuve — improvisent un mariage à domicile avec un groupe d’amis. Mis au ban de la paroisse, ils quittent Saint-Jean, laissant aux parents de Claire les trois enfants nés de son mariage avec feu Romain Duval, et se réfugient dans le bas du fleuve, au Bic, puis à Rimouski et à Cap-Chat.

Après vingt ans d’errance dans «les postes d’en bas», où ils ont deux autres enfants, les exilés tentent encore de se marier avec l’aide de curés qui ignorent le fond de leur histoire. Àla troisième tentative, avec le curé de Rivière-Ouelle, le mystère commence à s’éclaircir… mais on perd la trace des deux héros.

Un vrai roman!"


La quatrième de couverture dit vrai, l'histoire de ces deux colons du Bas-St-Laurent a tout du roman. Si l'auteur n'avait prouvé ses dires avec des documents d'archives, il aurait été difficile de croire à une histoire aussi abracadabrante. Pourtant, c'est la réalité. Mais surtout, ce récit met en lumière l'ampleur du pouvoir qu'avait l'église sur la vie des gens. Comment, le refus d'une simple demande de mariage pouvait modifier du tout au tout la vie des petites gens. On suit donc les péripéties du couple en brûlant de connaître le fin mot de l'histoire, qu'on ne nous révèle qu'à la toute fin.

Le seul aspect qui est négatif dans ce tout petit document c'est que parfois, le style est un peu confus. Comme si l'auteur se perdait dans ses tournures de phrases... Mais comme ça n'arrive qu'en quelques occasions, le plaisir de lecture n'est pas gâché.

Mais surtout, comme le mentionne l'éditeur, moi aussi j'aimerais bien lire cette histoire sous la forme d'un roman. Ça serait prenant et enlevant, j'en suis convaincue!

4/5

mardi, 03 octobre 2006

Un bon roman sur la Deuxième Guerre

Le Pianiste de Wladislaw Szpilmanmedium_pianiste.jpg

L'histoire de cet homme qui a réussi à survivre, par miracle, à l'extermination systématique des juifs de Varsovie m'a beaucoup touchée.  J'ai aimé sa façon de raconter sans apitoiement, sans mièvrerie.  Il a senti qu'il était inutile de trop en mettre, que les faits parlaient d'eux-même.
 
La survie de Szpilman est d'ailleurs assez incroyable! C'est un mélange d'instinct, de logique et de débrouillardise mais surtout d'énormément de chance.  En plus, cet homme avait une rapidité hors du commun à réagir correctemment.  Et durant toute la guerre, il a continué à se préoccuper de ne pas abimer ses mains, de s'assurer de pouvoir continuer à jouer.  C'est assez incroyable étant donné les situations dans lesquelles il devait survivre. 
 
Donc, j'ai beaucoup aimé ce livre même si le sujet n'est pas nouveau et l'écriture bien ordinaire.  Je considère qu'il vaut quand même le détour et qu'il est sans nul doute une belle lecture.

PS: Je vous recommande aussi le long métrage, réalisé par Roman Polanski, qui est lui aussi excellent.

4/5

dimanche, 03 septembre 2006

Une grosse erreur scientifique!

Le Clan de l’ours des cavernes de Jean Auel
Tome 1 de la série Les enfants de la Terre
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Il y a 35 000 ans, après une longue période glaciaire, la Terre se réchauffe. Ayla, une petite fille de 5 ans réchappe d'un tremblement de terre et est adoptée par un autre clan. Mais très vite, on découvre qu'elle est très différente de sa tribu adoptive ce qui étonne et inquiète. À travers tout cela, on en apprend aussi sur le mode de vie des hommes préhistoriques: comment ils fabriquaient armes et outils, comment ils vivaient, comment ils utilisaient le feu, etc.

J'avais lu les quatre premiers tomes de la série il y 10-15 ans et j'avais absolument adoré. À l'époque, j'aurais sûrement accordé un 4.5 ou un 5. Maintenant, après avoir relu le premier tome, je me demande bien ce que j'y ai trouvé! C'est tellement prévisible... Et puis les personnages sont tous "trop": trop bonne (Iza), trop intelligents (Ayla, Mog-ur), trop réfléchi (Brun), trop méchant (Broud). Bref, ils ont tous une particularité mais à l'extrême. En plus, plein de petits trucs m'ont royalement agacée. Au début du récit, se furent les descriptions de fabrication d'outils, de préparation de remèdes, etc. Mais le pire du pire c'est cette fausse affirmation selon laquelle le savoir se transmet de génération en génération. Tout se transmettait, il ne fallait que se le rappeller. Ben voyons donc!!! Est-ce qu'aucun des réviseurs n'avait de notions de génétique? Et pas un seul expert ? Les savoirs sont acquis pas innés. Conséquemment, ils ne peuvent se transmettre génétiquement! Donc, à toutes les fois où ce truc revenait sur le tapis, j'avais un pincement. Et comme, ça revenait toujours sur le tapis, eh bien j'étais agacée toutes les 4-5 pages. Heureusement qu'on réussissait à s'attacher aux personnages malgré tout, sinon je ne l'aurais pas terminé.

Donc 3/5 mais je suis généreuse !

samedi, 02 septembre 2006

De la Normandie à Ville-Marie

Et vogue la galère... Chroniques de Ville-Marie de Josée Mongeaumedium_vogue_galere.JPG

Voilà un roman historique qui relate l'histoire des premières familles complètes qui arrivèrent à Ville-Marie (aujourd'hui Montréal). Beaucoup de ces gens étaient en fait parents et originaires du village de Marans près de La Rochelle. On suit leur périple à partir de leur village d'origine ainsi que les premières années de leur vie en Nouvelle-France. Tout ça sur un fond historique très fouillé.

Bien que je connaisse assez bien cette portion de l'histoire, j'ai adoré lire ce roman. Découvrir comment mes ancêtres avaient vécu. Les miens ne se sont pas établis à Montréal mais à Québec par contre, ils furent aussi parmi les premiers colons de la ville. Je peux donc supposer que leur histoire fut en partie semblable.

J'ai donc adoré cette lecture même si l'écriture de Josée Mongeau n'a rien de spectaculaire. Il s'agit de son premier roman et ça parait. Elle n'a pas de style qui lui soit propre. Par contre, elle réussit très bien à faire une bonne histoire. J'ai hâte de voir si elle réussira à faire mieux dans ses prochains romans.

Mais une chose est sûre, ce livre vient de me redonner le goût de me plonger dans des romans historiques. C'est un genre que j'aime beaucoup mais que j'avais délaissé depuis quelques temps. Ça me donne aussi envie de fouiller pour voir si un roman n'aurait pas été écrit sur mes ancêtres.

C'est donc une lecture que je recommande aux québécois et aussi aux européens qui souhaite en apprendre un peu plus sur la colonisation de la Nouvelle-France. Ça se lit très très bien!

4/5

mercredi, 26 juillet 2006

L'autobiographie de Jésus-Christ

L'évangile selon le fils de Norman Mailermedium_evangile_fils.jpg

L'auteur, sous des airs d'autobiographie nous relate la vie de Jésus, de sa naissance à sa résurrection. Il le fait en utilisant les faits que nous connaissons tous et en y ajoutant quelques sentiments et impressions du principal intéressé.

Toutefois, je suis restée un peu froide face au procédé. Est-ce parce l'intrigue était déjà connue? Parce que finalement il y a peu de viande autour de l'os? Que les sentiments qu'on attribue à Jésus sont convenus et qu'on y avait déjà pensé par nous-même? Probablement un peu à cause de tout ça. Mais il reste que le roman ne m'a pas émue. Ça se lit bien mais c'est froid et donc ça ne m'a pas charmée. J'aurais aimé un peu plus de substance. C'était un peu trop factuel à mon goût. Pas mauvais comme lecture mais pas transcendant non plus.

3/5

mardi, 25 juillet 2006

Chefs-d'oeuvre sous le pilon

Une trop bruyante solitude de Bohumil Hrabalmedium_bruyante_solitude.jpg

L'histoire se déroule à Prague, pendant la Deuxième Guerre Mondiale, du temps où les livres étaient censurés. C'est donc par milliers, comme de vulgaires bouts de papiers inutiles, que sont détruits de grands chefs-d'oeuvre, afin d'éliminer la culture, cette grande subversive. Hanta est pressier depuis 35 ans, avec sa machine il détruit des livres et du papier qui sont destinés au recyclage. Il réussit à sauver un livre par-ci, par-là et donc, il est loin d'atteindre les quotas qu'on lui fixe.

Malheureusement, malgré un sujet qui m'intéressait beaucoup, je n'ai pas été touchée plus que ça par ce roman. Est-ce parce j'avais de grandes attentes après toutes ces critiques dithyrambiques? Peut-être... Mais il reste que je l'ai lu de façon très détachée, sans m'imprégner vraiment de l'histoire et des ses personnages.

Malgré tout, j'ai apprécié certains passages et certaines références, comme la peur de Hanta face à ceux qui négligent la culture et qui la détruisent sans émotion. Ou encore la tendresse qu'il a éprouvé pour sa petite tzigane.

Mais pour le reste, je suis restée froide malgré une belle écriture et de belles réflexions. Ça arrive parfois... La petite touche magique qu'on ne parvient pas à identifier n'est tout simplement pas là. Dommage...

3/5

lundi, 17 juillet 2006

Un premier roman très réussi!

Les deniers du Gévaudan de Laëtitia Bourgeoismedium_deniers_gevaudan.jpg

Après son passage à Marcouls, le collecteur d'impôts disparait en même temps que le fruit de son travail. Il s'ensuit une accusation de tout le village par le seigneur des lieux. Le sergent de justice Barthélemy Maizerac et son amie Ysabellis auront fort à faire pour élucider le mystère, au péril même de leurs vies.

Plus qu'un roman policier, car à mes yeux c'était plus un prétexte, on a droit à une palpitante leçon d'histoire. On découvre le mode de vie, les coutumes, les habitudes et les pratiques qui ont eu cours au Moyen-Âge. L'auteur dépeint les gens d'une façon humaine et touchante. On se sent vraiment comme si on y était. Et en plus, ça nous est présenté de telle sorte qu'on n'a pas l'impression d'assister à une leçon. Le message passe, tout naturellement. On se prend à imaginer, à se créer des images qui montrent combien la vie devait être rude et épuisante pour les petites gens de l'époque.

Bref, passionné d'histoire ou pas, on dévore ce roman en quelques heures. Et à la fin on se dit tout simplement, déjà?

4/5