dimanche, 18 janvier 2009

De retour

Ça y est, je reviens. Mais ne poussez pas trop vite des cris de joie! Depuis plusieurs semaines, l'envie était revenue de venir exposer mes lectures ici mais la peur de m'obliger à écrire à une certaine fréquence est toujours là. Donc , je reviens mais sans promesse d'une quelconque régularité dans les billets. Ça se fera au rythme de mes lectures et aussi au rythme des obligations du boulot parfois trop prenant, surtout au temps des bulletins, comme c'est le cas présentement.

Je vous préviens aussi que ce blog déménagera bientôt étant donné que j'ai pratiquement atteint le quota d'espace qu'octroie Blogspirit. Je vous ferai connaître mon nouveau domicile en temps opportun.

Et d'ici là, je vous offre une première critique, en attendant les nombreux autres titres lus mais non encore critiqués.

Morte parmi les vivants de Freidoune Sahebjammorte vivants.jpg

L’auteur nous raconte l’histoire vraie de Bilqis, une jeune afghane dont la vie a basculé en 1989, à l’âge de 12 ans. Violée par plusieurs soldats russes, elle perdit alors son droit d’exister, son droit au respect et devint une putain aux yeux des siens. Vendue, elle fut obligée de quitter sa famille et son village. Perdant tout statut, elle est devenue l’objet de tous, sans vraiment pouvoir se sortir du cercle vicieux dans lequel elle s’est retrouvée contre son gré.

Avec notre regard occidental, il est presque impossible de ne pas être choqué par son histoire et par les nombreuses incohérences du raisonnement de ses compatriotes. On aurait envie de leur « brasser la cage » et pas juste un peu! Et si ce roman n’était que cela, ce serait bien dommage. Heureusement au fil de l’histoire, sans pour autant cautionner ce qu’on lit, on en vient peu à peu à comprendre la pensée des afghans. On dit que la compréhension mutuelle règle bien des conflits. Espérons que des livres comme celui-ci aideront les occidentaux à réaliser et à comprendre ce qui se passe ailleurs. Et espérons aussi que les autres feront de même. Mais surtout, je souhaite ardemment ne pas être une éternelle optimiste, une éternelle utopiste…

3.5/5

dimanche, 20 août 2006

Ça vous frappe au coeur

Je vous écris... d'Anny Dupereymedium_je_vous_ecris.2.jpg

Je vous écris... c'est la suite du Voile noir, né du besoin de répondre aux lecteurs qui ont tenté de soutenir, de jeter un autre éclairage sur l'histoire de l'auteur. Anny Duperey nous y propose des écrits choisis parmi ceux reçus de ses lecteurs, intercalés à ses propres réflexions et au récit des suites de la parution du premier livre. Encore une fois, c'est un livre fort en émotions. Un récit qui frappe au coeur. Moi qui suit rarement émue aux larmes par mes lectures (alors que dans les films c'est tout le contraire...) à quelques reprises, j'ai dû retenir mes sanglots tellement j'étais touchée. J'envie l'impudeur qu'a eue l'auteur pour ouvrir ainsi son coeur. Il fallait que son histoire soit très lourde à porter pour y parvenir aussi brillamment. Encore une lecture merveilleuse, surtout de par son authenticité.

Je vous offre quelques extraits qui m'ont beaucoup parlé:

"Parce que la raison de ma lettre, c'est vous dire combien j'ai envie de vous prendre dans mes bras, là, telle ques vous êtes maintenant, vous bercer, vous câliner, vous consoler avec ces mots et ces caresses que je ne sais qu'employer avec mes enfants. Cet instinct maternel que vous sollicitez tant, admirable femme, pauvre petite fille."

"En fait, écrire un livre et être lue n'aurait pas suffi à briser ma solitude avec mon regret. C'est vous qui l'avez fait en me renvoyant vos paroles. Sinon, mon effort serait resté un monologue."


4.5/5

Ma critique de son récit Le voile noir

jeudi, 17 août 2006

Simplement émouvant

Le voile noir d'Anny Dupereymedium_voile_noir.2.jpg

Comme j'ai le sentiment qu'il me serait impossible de vous résumer ce récit autobiographique mieux que ne l'a fait l'auteur et contrairement à mon habitude, je vous recopie ici la quatrième de couverture. "J'avais pensé, logiquement, dédier ces pages à la mémoire de mes parents - de mon père, surtout, l'auteur de la plupart des photos, qui sont la base et la raison d'être de ce livre. Curieusement, je n'en ai pas envie. Leur dédier ce livre me semble une coquetterie inutile et fausse. Je n'ai jamais déposé une fleur sur leur tombe, ni même remis les pieds dans le cimetière où ils sont enterrés. Sans doute parce que obscurément je leur en veux d'avoir disparu si jeunes, si beaux, sans l'excuse de la maladie, sans même l'avoir voulu, quasiment par inadvertance. C'est impardonnable. Mon père fit ces photos. Je les trouve belles. Il avait, je crois, beaucoup de talent. J'avais depuis des années l'envie de les montrer. Parallèlement, montait en moi la sourde envie d'écrire, sans avoir recours au masque de la fiction, sur mon enfance coupée en deux. Ces deux envies se sont tout naturellement rejointes et justifiées l'une l'autre. Ces photos sont beaucoup plus pour moi que de belles images, elles me tiennent lieu de mémoire. J'ai le sentiment que ma vie a commencé le jour de leur mort - il ne me reste rien d'avant, d'eux, que ces images en noir et blanc."

Que dire sinon que j'ai été extrêmement touchée par ce récit. Touchée par le sujet mais aussi par la forme... Un texte tel que celui là, j'aurais pu l'écrire. Pas que ce soit ma vie ou que j'aie la prétention d'être écrivaine mais plutôt parce mon tempérament ressemble beaucoup à celui d'Anny Duperey. Il faut cacher sa peine, faire que ça ne paraisse surtout pas, je connais. Donc, sa façon de raconter m'a semblé toute naturelle. Et probablement que ça a rendu son histoire encore plus émouvante à mes yeux. Et les photos qui accompagnaient son récit étaient tout simplement splendides, en plus d'être à propos. Tellement qu'on aurait pu croire qu'elles avaient été prises pour servir le texte et non l'inverse.

Alors vraiment, j'ai adoré ma lecture même si le sujet n'était pas des plus gais. Et maintenant, j'ai très hâte de me replonger dans Je vous écris... Et aussi de visionner quelques films où elle est en vedette car c'est une actrice que je ne connais pas. De beaux moments en perspective donc.

Un extrait que j'ai trouvé particulièrement touchant:
"La vérité c'est que j'ai tant enfoui mon regret sous la volonté brute de vivre et de ne pas souffrir qu'il resurgit, intact, vivace, et refleurit à mesure que je m'en défends moins. N'est-il pas, en désespoir de cause, la seule chose qui me reste d'eux? Je tourne autour de lui, j'y reviens, je le gratte comme une plaie mal cicatrisée."

4.5/5

À lire aussi, la suite: Je vous écris...

mardi, 11 juillet 2006

La traversée du désert...

Tais-toi et marche... de Théodore Monodmedium_tais_toi.2.jpg

Journal de bord de Théodore Monod lorsqu'il traversa une partie du Sahara au début des années 50, il nous livre, à chaud, ses impressions sur ce périple. Une expérience qui semble avoir été plutôt ardue, surtout physiquement. Mais un périple magique aussi, surtout par les paysages traversés. Car même s'il n'y avait pas eu d'illustrations, j'arrivais très bien à imaginer grâce aux descriptions pourtant succintes.

Voici donc un petit livre tout mince qui nous permet de nous évader du quotidien. Quoique par les temps qui courrent, c'est probablement aussi chaud ici que dans le désert! ;) L'objectif d'un tel périple me laisse aussi un peu songeuse, de toute façon, ce n'est pas pour moi, j'aurais bien trop peur de rencontrer un serpent! :P Mais j'admire ceux qui se lancent dans l'aventure et je suis ravie de lire le compte-rendu de leur expérience. Je voyage par procuration quoi!

3.5/5

L'avis de Cuné sur ce livre