mardi, 03 novembre 2009

LA liste en littérature francophone

Pour inaugurer ces listes inspirées d'Au Bon Roman, commençons avec les coups de coeur francophones du comité!  Quel est votre verdict?

  1. Adam, Olivier - Des vents contraires
  2. Albaut, Corinne - Les parents de Mélie
  3. Anouilj, Jean - Antigone
  4. Assouline, Pierre - Double vie
  5. Assouline, Pierre - La cliente
  6. Arrivé, Michel - Une très vieille petite fille
  7. Aubert, Brigitte - La mort des bois
  8. Aude - L'enfant migrateur
  9. Audéguy, Stéphane - La théorie des nuages
  10. Audoux, Marguerite - Douce Lumière
  11. Balzac, Honoré de - Le lys dans la vallée
  12. Balzac, Honoré de - Le père Goriot
  13. Barbery, Muriel - L'élégance du hérisson
  14. Barjavel, René - Ravages
  15. Baudelaire, Charles - Les fleurs du mal
  16. Bazin, Hervé - Vipère au poing
  17. Beauchemin, Yves - Le Matou
  18. Beauvais, Marie-Odile - Discrétion assurée
  19. Blas de Roblès, Jean-Marie - Là où les tigres sont chez eux
  20. Emmanuelle Pagano, Le tiroir à cheveux
  21. Bénameur, Jeanne - Présent?
  22. Ben Jelloun, Tahar - La nuit de l'erreur
  23. Besson, Philippe - Son frère
  24. Bilal, Enki - Trilogie Nikopol
  25. Bloch-Dano, Evelyne - Madame Proust
  26. Bloch-Dano, Evelyne - Madame Zola
  27. Bourin, Jeanne - La chambre des dames
  28. Camus, Albert - L'étranger
  29. Camus, Albert - La peste
  30. Carrère, Emmanuel - D'autres vies que la mienne
  31. Carrère, Emmanuel - Un roman russe
  32. Castillo, Michel del - La guitare
  33. Cauchy, Nicolas - La véritable histoire de mon père
  34. Céline, Louis-Ferdinand - Voyage au bout de la nuit
  35. Cescosse, Jean-Pierre - Manoeuvres de diversion en attendant la nuit
  36. Chatelet, Noëlle - La femme coquelicot
  37. Claudel, Philippe - Le rapport de Brodeck
  38. Claudel, Philippe - Les âmes grises
  39. Cohen, Albert - Belle du Seigneur
  40. Colette - Le blé en herbe
  41. Colette - Gigi
  42. Colleter, Solenn - Je suis morte et je n'ai rien appris
  43. Comtesse de Ségur - La fortune de Gaspard
  44. Comtesse de Ségur - Les malheurs de Sophie
  45. Comtesse de Ségur - Les petites filles modèles
  46. Cossé, Laurence - Au bon roman
  47. Courtemanche, Gil - Un dimanche à la piscine de Kigali
  48. Cousture, Arlette - Les filles de Caleb
  49. Cunéo, Anne - Le trajet d'une rivière
  50. Desarthe, Agnès - Mangez-moi
  51. Desjardins, Sergine - Marie Major
  52. Diderot, Denis - La religieuse
  53. Djian, Philippe - Maudit manège
  54. Djian, Philippe - 37,2 le matin
  55. Djian, Philippe - Échine
  56. Djian, Philippe - Zone érogène
  57. Doumenc, Philippe - Contre-enquête sur la mort de Madame Bovary
  58. Druon, Maurice - Les rois maudits
  59. Dumas, Alexandre - Le comte de Monte Cristo
  60. Dumas, Alexandre - Les trois mousquetaires
  61. Dumas, Alexandre fils - La dame aux camélias
  62. Djavann, Chahdortt - Comment peut-on être français ?
  63. Duperey, Annie - Le voile noir
  64. Durif, Eugène - Laisse les hommes pleurer
  65. Dustan, Guillaume - Génie divin
  66. Egloff, Joël - L'étourdissement
  67. Ernaux, Annie - Les années
  68. Ferdjoukh, Malika - Quatre sœurs
  69. Ferey, Caryl - Zulu
  70. Féret-Fleury, Christine - L'évier
  71. Ferney, Alice - Grâce et dénuement
  72. Ferney, Alice - L'élégance des veuves
  73. Ferney, Alice - La conversion amoureuse
  74. Flaubert, Gustave - Trois contes
  75. Flaubert, Gustave - Madame Bovary
  76. Flaubert, Gustave - L'éducation sentimentale
  77. Fournier, Alain - Le grand Meaulnes
  78. Gagnier, Marie - Console-moi
  79. Gallay, Claudie - L'office des vivants
  80. Garat, Anne-Marie - Les mal famées
  81. Gard, Roger Martin du - Les Thibault
  82. Garnier, Pascal - Comment va la douleur ?
  83. Gary, Romain - Les racines du ciel
  84. Gaudé, Laurent - La mort du roi Tsongor
  85. Gavalda, Anna - Ensemble c'est tout
  86. Genet, Jean - Les bonnes
  87. Germain, Sylvie - Magnus
  88. Gide, André - Les faux-monnayeurs
  89. Giono, Jean - Regain
  90. Giraud, Brigitte - J'apprends
  91. Giraud, Brigitte - À présent
  92. Gotlib, Marcel - Les dingodossiers
  93. Grimbert, Philippe - Un secret
  94. Gripari, Pierre - Contes de la rue Broca
  95. Guibert, Hervé - Fou de Vincent
  96. Hémon, Louis - Maria Chapdelaine
  97. Honoré, Christophe - Mon cœur bouleversé
  98. Houssin, Xavier - La balade de Lola
  99. Hugo, Victor - Les misérables
  100. Hugo, Victor - Notre-Dame de Paris
  101. Huston, Nancy - Lignes de faille
  102. Huston, Nancy - Le cantique des plaines
  103. Japrisot, Sébastien - Un long dimanche de fiançailles
  104. Japrisot, Sébastien - La passion des femmes
  105. Jeanney, Christine - Charlémoi
  106. Juiff, Patrice - Frère et sœur
  107. Juliet, Charles - Lambeaux
  108. Kemp, Percy - Le vrai cul du diable
  109. Kemp, Percy - Musc
  110. Kessel, Joseph - Le lion
  111. Lachance, Micheline - Le roman de Julie Papineau
  112. Lachaud, Denis - Le vrai est au coffre
  113. Laclos, Choderlos de - Les liaisons dangereuses
  114. Lafayette, Madame de - La princesse de Clèves
  115. Lagarce, Jean-Luc - Journal
  116. Laurens, Camille - L'amour, roman
  117. Laurens, Camille - Philippe
  118. Laurens, Camille - Dans ces bras-là
  119. Lefèvre, Didier - Le photographe
  120. Le Guillou, Philippe - Fleurs de tempête
  121. Leroux, Gaston - Rouletabille
  122. Leroux, Gaston - Le mystère de la chambre jaune
  123. Leroy, Gilles - Les maîtres du monde
  124. Lime, Jean-Hughes - Le roi de Clipperton
  125. Mainard, Dominique - Leur histoire
  126. Malot, Hector - Sans famille
  127. Marc, Myrielle - Orfenor
  128. Martel, Yann - L'histoire de Pi
  129. Maupassant, Guy de - Contes et nouvelles
  130. Maupassant, Guy de - Une vie
  131. Maupassant, Guy de - Bel ami
  132. Mauvignier, Laurent - Loin d'eux
  133. Merle, Robert - La mort est mon métier
  134. Mirbeau, Octave - Le journal d'une femme de chambre
  135. Modiano, Patrick - Des inconnues
  136. Modiano, Patrick - Rue des boutiques obscures
  137. Modiano, Patrick - Dora Bruder
  138. Molière - Le malade imaginaire
  139. Molière - Les précieuses ridicules
  140. Montesquieu - Les lettres persanes
  141. Montherlant, Henry de - La ville où le prince est un enfant
  142. Mouawad, Wajdi - Incendies
  143. Mourlevat, Jean-Claude - Le combat d'hiver
  144. Murail, Marie-Aude - Miss Charity
  145. Musset, Alfred de - Confession d'un enfant du siècle
  146. Némirowsky, Irène - Le bal
  147. Noyart, Paule - Un amer remarquable
  148. Nothomb, Amélie - Stupeur et tremblements
  149. Nothomb, Amélie - Les Catilinaires
  150. Ohl, Jean-Pierre - Le maître de Glenmarkie
  151. Olmi, Véronique - Bord de mer
  152. Olmi, Véronique - La pluie ne change rien au désir
  153. Orsenna, Érik - La grammaire est une chanson douce
  154. Ovaldé, Véronique - Déloger l'animal
  155. Pagel, Michel - L'équilibre des paradoxes
  156. Pagnol, Marcel - La gloire de mon père
  157. Pagnol, Marcel - Le château de ma mère
  158. Pagnol, Marcel - Le temps des secrets
  159. Péju, Pierre - Naissances
  160. Pennac, Daniel - Série des Malaussène
  161. Pennac, Daniel - Comme un roman
  162. Perec, Georges - La vie mode d'emploi
  163. Petitjean-Cerf, Cypora - Le corps de Liane
  164. Pontier, Arnauld - Equinoxe
  165. Poulin, Jacques - Volkswagen blues
  166. Poulin, Jacques - La tournée d'automne
  167. Poulin, Jacques - Les yeux bleus de Mistassini
  168. Proulx, Monique - Les aurores montréales
  169. Proulx, Monique - Le coeur est un muscle involontaire
  170. Proust, Marcel - À la recherche du temps perdu
  171. Queffelec, Yann - Les noces barbares
  172. Queneau, Raymond - Exercices de style
  173. Quint, Michel - Effroyables jardins
  174. Quiviger, Pascale - La maison des temps rompus
  175. Rabelais, François - Pantagruel
  176. Rabelais, François - Gargantua
  177. Rostand, Edmond - Cyrano de Bergerac
  178. Rostand, Edmond - Les romanesques
  179. Roy, Gabrielle - La montagne secrète
  180. Roy, Gabrielle - Bonheur d'occasion
  181. Roy, Gabrielle - La petite poule d'eau
  182. Sabatier, Robert - Les allumettes suédoises
  183. Sade, Marquis de - Justine ou les malheurs de la vertu
  184. Sagan, Françoise - Avec mon meilleur souvenir
  185. Sagan, Françoise - Bonjour Tristesse
  186. Saint-Exupéry, Antoine - Le petit prince
  187. Sand, George - La petite fadette
  188. Sartre, Jean-Paul - Huis clos
  189. Senécal, Patrick - Sur le seuil
  190. Soucy, Gaétan - La petite fille qui aimait trop les allumettes
  191. Stendhal - Le rouge et le noir
  192. Stendhal - La chartreuse de Parme
  193. Tardieu, Laurence - Rêve d'Amour
  194. Tardieu, Laurence - Puisque rien ne dure
  195. Thériault, Yves - La fille laide
  196. Thériault, Yves - Agaguk
  197. Thériault, Yves - Le dernier havre
  198. Tirtiaux, Bernard - Le passeur de lumières
  199. Tremblay, Michel - Un ange cornu avec des ailes de tôle
  200. Tremblay, Michel - Les chroniques du plateau Mont-Royal
  201. Troyes, Chrétien de - Les romans de la Table Ronde
  202. Trudel, Sylvain - Du mercure sous la langue
  203. Verne, Jules - Voyage au centre de la terre
  204. Verne, Jules - Le tour du monde en quatre vingt jours
  205. Vian, Boris - L'écume des jours
  206. Voltaire - Candide
  207. Winckler, Martin - La maladie de Sachs
  208. Winckler, Martin - La vacation
  209. Yourcenar, Marguerite - Alexis ou le traité du vain combat
  210. Zenatti, Valérie - Une bouteille dans la mer de Gaza
  211. Zola, Émile - Au bonheur des dames
  212. Zola, Émile - Germinal
  213. Zola, Émile - L'assommoir

dimanche, 24 mai 2009

L'amour des mots

L’anglais n’est pas une langue magique de Jacques Poulinanglais langue magique.jpg

Cuné et moi, après renoué avec une lecture commune pour La gueule du loup de Nadia Gosselin, avons eu envie de renouveler l’expérience. C’est ce titre de Jacques Poulin qui nous est tout de suite venu en tête. Toutefois, Postes Canada étant un service reconnu pour la rapidité de ses livraisons, après un mois, le livre est encore perdu dans les limbes postaux… (Dernière heure: le roman est finalement arrivé à destination!  C'est pas trop tôt!) Par chance, Cuné a tout de même réussi à le lire et c’est aujourd’hui que nous vous livrons nos impressions! Voici donc mon avis. Vous pouvez aussi lire celui de Cuné ici.

Sans être réellement une suite à La traduction est une histoire d’amour, ce 12e roman de Jacques Poulin y fait de nombreuses références, reprenant certains des personnages là où il les avait laissés. Le personnage principal de cet opus, Francis, est le petit frère de l'écrivain Jack Waterman. C’est aussi un "lecteur sur demande" qui, comme son frère est un amoureux des mots. Jack se sert d’ailleurs souvent de lui pour pallier à sa mémoire défaillante. Nous le suivons chez ses différents clients, comme entre autres la jeune Limoilou qui se remet doucement de sa tentative de suicide. Mais surtout nous partageons le quotidien des différents personnages auxquels nous nous étions attachés dans le 11e titre ainsi que leur amour de la littérature.  D'ailleurs dès le début, par la première citation, avant même que ne débute le roman, on le sait: "Lire, presque autant que respirer, est notre fonction essentielle. Alberto Manguel, Un histoire de la lecture, p.20"

L’anglais n’est pas une langue magique est roman tendre où Francis se remémore ses souvenirs d’enfance, nous permettant du même coup de mieux connaître et comprendre Jack Waterman. C’est aussi une ode à l’œuvre de Jacques Poulin tant les références à ses précédents romans sont nombreuses. On retrouve ainsi différents personnages que nous avons côtoyés dans d’autres romans et les liens qui les unissent au héros.

Un autre aspect de cette lecture que j’ai trouvé particulièrement agréable a trait aux nombreux clins d’œil à l’importance de varier son vocabulaire et de choisir le bon mot, de ne pas se laisser aller à la facilité d’utiliser l’anglais plutôt que de chercher l’équivalent français. C’est quelque chose qu’on oublie trop souvent et pourtant… J’ai spécialement aimé l’explication que nous donne l’auteur sur la façon de mesurer l’impact et le poids d’un mot anglais ou français. Le roman est aussi truffé de passages où l’amour de la langue est présent, comme dans celui-ci où Francis nous explique son amour pour sa profession de lecteur sur demande : "C'est une appellation que j'aime bien, parce que les initiales font LSD: pour moi, la lecture est une drogue".  Ou encore dans celui-là où notre héros observe une lectrice choisir ses lectures: "Elle se déplaçait lentement devant les étagères. Au début, elle ne touchait pas aux livres, elle les regardait seulement, les mains dans le dos. Parfois, elle mettait un genou en terre pour examiner les rayons du bas, et je cessais de respirer à cause de sa jupe courte. Au bout d'un moment, elle s'arrêta devant un livre. Elle lui caressa le dos avec son doigt, pencha la tête de côté pour lire le titre, puis elle le prit dans ses mains. Et, je le jure, pendant qu'elle lisait la première page, une lueur brillait dans ses yeux. Une vraie lueur, et non pas une sorte de jet lumineux comme on en voit dans les films de science-fiction. Tout son visage était éclairé. Plus tard, au retour du voyage, j'ai fait le lien avec le soleil qui inondait la galerie vitrée où je m'installais pour lire, chez nous, à la campagne. Dès lors, pour retrouver cette lumière, j'ai lu tous les livres qui me tombaient sous la main."

Et puis le roman soulève plusieurs questions dont une qui plaira sûrement aux lecteurs : Les livres aident-ils à vivre? Tout bon lecteur y croit car n’est-ce pas une des raisons qui font que nous aimons autant lire. Mais ici, nos croyances semblent se confirmer puisque les séances de lecture de Francis semblent avoir un effet thérapeutique sur les clients, chacun se portant de mieux en mieux au fil des rencontres.

Mon seul regret suite à ma lecture est que le roman n’ait pas été plus long. Il a passé si vite que je suis restée sur ma fin. J’ai lu quelque part que l’auteur avait beaucoup coupé avant de livrer sa version finale. C’est dommage, je suis certaine que j’aurais apprécié la version longue !

3.5/5

Leméac /Actes Sud, mars 2009, 160 pages.

Lisez aussi l’avis de Bouquin

Vous pouvez aussi consulter mes avis sur d'autres romans de Jacques Poulin: Volkswagen Blues, Les yeux bleus de Mistassini et Les grandes marées.

mercredi, 22 avril 2009

Une enquête qui n'est qu'un prétexte

La Multiplication des Princes de Nicolas Paquinmultiplication princes.jpg

Une fois n’est pas coutume mais comme je suis un peu paresseuse ce soir, je vous recopie la quatrième de couverture de ce roman, plutôt que d’en faire le résumé.

« Une ministre des Communications opère un réseau de jeunes prostituées.
Un single oublié fait surface chez un disquaire curieusement branché.
Épuisé, le premier album de la jeune formation The Hint continue à se vendre chez Thisdale.
Étudiant et tombeur malgré lui, le journaliste sans emploi Abel Bates se démène corps et âme (corps, surtout!) pour délier cette série d’événements troubles.
La Multiplication des Princes est un roman rythmé aux enchaînements efficaces, de ces romans qu’on préfère terminer avant de penser à se coucher. »
J’ai déniché par hasard ce roman à la librairie et je l’ai pris car le nom de l’auteur me disait quelque chose et que la quatrième de couverture m’intriguait. Il s’agit en fait du premier roman d’un jeune auteur de ma région et je vous avoue que j’ai bien aimé ma lecture malgré quelques petites choses qui m’ont agacée.

J’ai souri à tous les clins d’œil (le mot est même faible) au monopole du groupe Québecor. D’ailleurs, si jamais Pier-Karl Péladeau lit ce roman, il n’appréciera probablement pas… J’ai aussi apprécié le ton ironique, grinçant et même cinglant de l’auteur. Le tout sur un fond d’enquête qui est plus un prétexte qu’autre chose mais ça nous convient parfaitement car le roman capte notre attention du début à la fin. Et puis, j’ai beaucoup souri à la présence de ma ville dans un roman. Comme ce n’est ni une grande métropole, ni un lieu avec une quelconque notoriété, ça n’arrive pas très souvent et c’est toujours amusant de voir les lieux où l’on passe tous les jours avec les yeux d’un autre. Le roman prend alors une couleur particulière.

Par contre, il y a plusieurs choses qui m’ont dérangée. Tout d’abord, les très nombreuses fautes qu’on retrouve un peu partout dans le roman. Comme si le manuscrit avait été révisé à la va vite pour respecter un quelconque délai. Ça ne nuit pas à la compréhension mais il y a un manque de peaufinage qui m’a dérangée. Quand je paie pour un ouvrage, j’aime avoir le sentiment qu’on m’offre un produit de qualité et ici, à mon avis, ça a manqué. Cependant, le roman est captivant et cela n’enlève rien au talent de raconteur de son auteur. Un autre détail qui a fini par m’agacer, même si au départ ce n’était pas le cas, c’est la trop grande présence de scènes sexuelles. Je n’ai rien contre des passages plus osés mais ici, à la longue, j’avais le sentiment qu’il y avait du sexe pour du sexe, sans que ça soit utile pour faire avancer l’intrigue ou pour nous permettre de mieux saisir la personnalité du héros. Bref, j’ai eu une impression de « trop c’est comme pas assez ».

Au final, malgré les défauts de ce roman, je ressors avec l’envie de lire le prochain livre de ce jeune auteur car j’ai eu l’impression que son écriture allait se bonifier avec le temps. L’avenir me dira si j’avais raison!

3/5

Éditions de la Contrescarpe, octobre 2008, 159 pages.

dimanche, 12 avril 2009

Si le bonheur (ou le malheur) se conjuguait

Être d’Éric Simardetre.jpg

Voici un recueil de nouvelles dont vous avez peut-être entendu parler ici et là sur la blogosphère québécoise. Les avis étaient d’ailleurs très positifs. C’est donc avec plaisir et enthousiasme que j’ai débuté la lecture de ce recueil de nouvelles d’un auteur que je ne connais que de nom même si je lis régulièrement ses carnets.

Le recueil comporte une quinzaine de nouvelles qui ont toutes un verbe à l’infinitif comme titre et tous ces verbes sont reliés à l’existence, à « être ». J’ai d’ailleurs trouvé que le thème était plutôt bien trouvé. Il n’est pas toujours facile de trouver un fil conducteur entre les nouvelles d’un recueil mais cette fois, ça coulait tout seul.

Par contre, j’ai été moins emballée par les nouvelles, ce qui se confirme par le fait que maintenant que le moment est venu de rédiger mon billet, j’ai oublié la grande majorité d’entre elles et que comble de malchance, je n’ai plus le recueil sous la main… Il y a bien quelques histoires que j’ai appréciées mais j’ai tout de même eu l’impression que plusieurs finissaient en queue de poisson, à moins que je n’aie pas compris où l’auteur voulait en venir ou l’émotion qu’il voulait nous transmettre. Pourtant, ce n’est pas parce que le style laisse à désirer, au contraire, la plume avait quelque chose. Mais malheureusement ce style ne m’a pas beaucoup touchée, malgré toutes les qualités de l’ouvrage.

Le recueil est maintenant parti faire un tour en Europe et je vous laisse découvrir celles qui le liront et auront envie de vous en parler.

3.5/5

Septentrion, février 2009 , 162 pages.

Des avis plus positifs que le mien : Jules, Venise et Uncoindeblog.

dimanche, 05 avril 2009

La musique qui adoucit les moeurs

Mon cri pour toi de Micheline Duffcri toi.jpg

Un bon jour, Madame Piano qui donne des cours en privé décide de faire du bénévolat dans un centre de détention alors qu’elle n’a aucune idée de ce qui l’attend. Ce qu’elle y découvre la surprend car plus que des méchants, ce sont surtout des écorchés cachant de profondes blessures qu’elle rencontre. Elle s’attache à eux et au fil du temps, le piano devient un prétexte et parfois un accessoire tant les hommes ont besoin de se confier, de partager. Elle est particulièrement touchée par l’histoire d’un de ses élèves : Christian. Dans ce roman, elle a choisi de lui prêter sa voix. Il s’agit d’un condamné à vie qui purge sa peine dans le même pénitencier que son père. Il lui a un jour révélé qu’il avait un cri qu’il ne parvenait pas à faire sortir, bloqué au fond de sa gorge. Se prenant d'amitié pour lui, elle décidera d'écrire son histoire. L’auteure nous présente aussi ce milieu méconnu et mystérieux qui n’est pas que ce que l’on entend aux nouvelles. Par la même occasion, elle nous fait rencontrer d’autres prisonniers et en profite pour faire tomber nos préjugés et soulever les tabous.

Bien qu’il s’agisse d’un roman, on ne peut s’empêcher d’essayer de distinguer le romancé du réel car elle a elle-même avoué qu’il y avait du vrai et du vécu dans ce roman. On sent que l’auteur maitrise bien son sujet et qu’elle sait de quoi elle parle et ça augmente définitivement notre plaisir de lecture. Sa vision nous démontre clairement que la vie dans un pénitencier n’est absolument pas ce qu’on imagine. Que les gens qui s’y retrouvent ne sont pas que des gros durs insensibles et irrécupérables. Mme Duff parvient à nous prouver qu’ils sont, comme nous, le fruit de leur parcours de vie et que certains d’entre eux commencent leur existence avec 3 prises avant même d’avoir joué le jeu de la vie.

Mais ce qui m’a le plus touchée c’est l’utilisation de la musique comme outil d’approche et de communication. On dit souvent que la musique adoucit les mœurs et ce roman en est vraiment la preuve. C’est touchant de lire que même un gros dur peut prendre plaisir à jouer du piano et surtout pleurer à l’écoute d’une pièce émouvante. Il en résulte donc un roman simple et sincère.

Mon seul bémol c’est que vers la fin on commence à avoir l’impression que l’intrigue devient un peu mielleuse, qu’il y a un peu trop de « au fond tout le monde il est beau et il est gentil » et on en vient à décrocher un peu. Autre désagrément : la couverture n’est vraiment pas tentante. Je ne comprends vraiment pas comment l’éditeur a pu choisir ces fleurs. Je suis perplexe car au premier regard j’ai presque pensé qu’il s’agissait d’un ouvrage de psycho-pop. Il me semble qu’il y aurait eu une infinité de couvertures possible beaucoup plus inspirantes et surtout reliées au thème abordé. Toutefois, comme je suis loin d’être spécialiste du sujet, je ne peux critiquer trop fort, seulement dire que personnellement c’est loin de m’avoir donné envie de découvrir ce titre et que si je l’avais vu en librairie sans connaitre le sujet réel, je ne l’aurais probablement pas acheté.

3.5/5

L'entrevue du Livre-show qui m'a donné le goût de lire ce roman

vendredi, 27 mars 2009

Que de questions!

La gueule du loup de Nadia Gosselingueule loup.jpg

La gueule du loup, c’est un roman que j’ai découvert grâce à Cuné qui avait du mal à le trouver en France et qui m’a proposé un petit échange, comme ceux que nous avons déjà fait souvent (j'ai d'ailleurs reçu plein de belles surprises dont je vous parlerai bientôt!). En bonne « copine-net », je me suis dévouée et me suis rendue dans « l’antre de toutes les tentations ». Évidemment, dès mon retour à la maison, je n’ai pu m’empêcher de feuilleter l’objet de sa convoitise et comme ledit roman me semblait tentant, je l’ai lu en vitesse avant de lui envoyer. Pour la grande vitesse de lecture, je n’ai pas eu à faire de gros efforts car c’est un roman qui m’a beaucoup plu, tout en me déroutant… Bon, trêve de blabla, je vais vous épargner le long monologue sur ma vie quotidienne et plutôt vous parler du livre.

La quatrième de couverture m’avait donné l’impression d’un roman un peu chick-lit. Première grosse surprise, il n’en est absolument rien! Mais je ne vous dirai pas ce que c’est réellement de peur de gâcher votre plaisir de découverte. En résumé, c’est l’histoire Loulou et Edy qui se sont connus via Internet. Lui habite en Belgique et elle le Québec. Ils ont une différence d’âge de près de 30 ans mais après des mois d’échanges et d’appels téléphoniques, ils se sentent si près l’un de l’autre que Loulou traverse l’océan pour aller retrouver son âme sœur pendant deux semaines. Mais, dès le premier regard à l’aéroport, son rêve s’effondre, jamais elle ne pourra être amoureuse de ce vieillard. Comble de malchance, comme c’est Edy qui a payé son billet d’avion, elle ne se sent pas le courage de repartir immédiatement. Quant à la suite, je ne peux que vous conseiller de la découvrir sous la plume de Nadia Gosselin.

Dès que la mise en place de l’intrigue s’est achevée, je n’ai pu m’empêcher d’être déstabilisée, secouée, intriguée et ébranlée par ma lecture. De façon très habile, l’auteure nous pousse dans nos retranchements et il est impossible de ne pas comparer la vision et la conception de l’amour de ses personnages avec la nôtre. On ne peut s’empêcher de se questionner. L’amour n’est-il pas plus qu’une question d’apparence ? Ne peut-on pas éviter le poids du regard des autres? Dans quelle mesure notre regard idéalise-t-il l’autre? L’auteure aborde aussi un thème qu’on ne voit pas très fréquemment dans les romans et qui pourtant prend de plus en plus d’ampleur : les relations amoureuses par Internet. Qui n’a jamais entendu d’histoires d’horreur à ce sujet? Qui ne s’est jamais raconté d’histoires en amour, en idéalisant l’autre. N’est-il pas encore plus facile de tomber dans ce piège d’idéalisation quand la seule image qu’on a de l’autre est ce qu’il a bien voulu nous laisser découvrir dans une correspondance enflammée? Internet amplifie-t-il l’effet « tout nouveau tout beau » si fréquent au début d’une relation amoureuse? Tout au long de ma lecture, je me suis questionnée, je me suis demandée si ce en quoi je croyais n’était pas que du vent ou de beaux sentiments?

C’est un roman qui offre définitivement beaucoup plus que ce qu’il laisse paraître à première vue. Je vous invite à le découvrir !

4/5

Guy St-Jean éditeur, août 2008, 162 pages.

Cuné vient aussi de le lire et de le critiquer ici.
Venise en a aussi parlé par là.

samedi, 21 mars 2009

Parfois, il vaut mieux ne pas comparer...

Le libraire de Gérard Bessettelibraire.jpg

Ça faisait très longtemps que je voulais lire ce classique québécois qu’on compare souvent à L’Étranger de Camus. Malheureusement, le problème avec une telle comparaison c’est que la marche est haute, surtout que L’Étranger est un de mes coups de cœur à vie. Cette lecture ne m’a donc pas impressionnée autant que ce grand coup de cœur. Par contre, il est tout à fait juste de dire que Meursault et le libraire ont beaucoup de points communs : ils sont tous les deux taciturnes, cyniques et désabusés voire même asociaux. Quant à leurs émotions, moins ils y pensent, mieux ils se sentent.

Mais qu’en est-il de l’intrigue? Le narrateur vient de perdre son travail dans un pensionnat religieux, ce qui était d’ailleurs un paradoxe vu qu’il n’est pas croyant, ou si peu. À la recherche d’un travail où il pourra en faire le moins possible (mais sans le dire tout haut), une connaissance le référera pour devenir libraire à Saint-Joachim, dans une librairie religieuse qui cache bien son statut de dépôt de livres à l’index. Il s’installe donc dans une maison de chambres, établit sa routine quotidienne et surtout, ne se soucie absolument pas des qu’en-dira-t-on et de la morale de son époque, les années 60.

Dans ce court roman, le clergé et toutes les valeurs dont il faisait la promotion sont égratignés. On reproche, sans aucune nuance, à l’Église d’avoir utilisé ces valeurs comme un écran servant à cacher de beaucoup moins belles actions… On y traite aussi de la censure, de son application et de sa raison d’être – garder le bon peuple dans l’ignorance afin de mieux le contrôler. En gros c’est une critique à peine voilée de la société québécoise de cette époque. Certains lecteurs ont aussi parlé d’une ironie dans le propos mais personnellement, je ne l’ai ni vue, ni ressentie.

Toutefois, un autre aspect du roman m’a semblé intéressant, surtout que je sais que l’auteur est originaire d’un petit village près de ma ville d’adoption. Je n’ai pu m’empêcher de reconnaître certaines attitudes qu’on reproche aux gens qui sont originaires de la région, vis-à-vis des « immigrés » qu’ils soient du Québec ou d’ailleurs, même s’ils sont là depuis très longtemps. En effet, tous les gens qui sont arrivés ici un jour où l’autre pourront vous parler de ce sentiment de méfiance à notre égard, ce je-ne-sais-quoi qui fait qu’on a toujours l’impression de ne pas faire partie de la gang, même après de nombreuses années et décennies. C’est subtil mais toujours présent. Heureusement, on s’y fait!

Donc, Le libraire est un roman que j’ai apprécié même s’il a souffert de la comparaison avec L’Étranger. Je n’aurais peut-être pas dû m’informer à son sujet avant de le lire moi-même…

3.5/5

Karine, elle, n’a pas trop aimé.

vendredi, 06 mars 2009

L'autre côté de la médaille

Les Filles tombées de Micheline Lachancefilles tombees.jpg

Ce roman qui traite du même sujet et de la même époque que la célèbre trilogie Les Accoucheuses est en même temps très différent de la série, principalement par qu’on y voit l’autre côté de la médaille, le sort de celles qui venaient mettre leur enfant au monde dans les centres pour filles-mères. Toutefois, on y retrouve la même ambiance et le même regard d’une société peu tolérante, pleine de principes rigides et qui condamne la pauvre fille enceinte, peu importe les circonstances de sa grossesse.

Je vous résume brièvement l’intrigue. À l’approche de ses 18 ans, Rose décide de découvrir ses origines et d’éclaircir le mystère de sa naissance, elle qui a été élevée par les religieuses dans un orphelinat. Véritable détective et tête de mule, elle colle peu à peu des indices aux quelques informations qu’elle possède : sa mère l’a mise au monde dans un centre pour filles-mères, à Montréal, le 8 juillet 1852. À peu près au même moment, trois autres filles s'apprêtaient à accoucher au même endroit. Elle découvre ensuite le nom des quatre mères potentielles : Noémi, une petite bonne morte en couche, Mathilde, une fille de banquier, Elvire, une prostituée et Mary, qui débarquait à peine du bateau en provenance d’Irlande. Avec ces quelques indices, elle débutera son enquête en rencontrant toutes ces femmes et leur entourage. Elle apprendra aussi pourquoi on la surnomme la fille des empoisonneuses – puisque ces femmes sont soupçonnées d’avoir tué le médecin incompétent qui avait mal soigné Noémi.

Au passage, Micheline Lachance explore aussi le sort des filles-mères au 19e siècle. Elle nous fait découvrir la honte et la culpabilité avec lesquelles elles ont dû vivre suite à l’abandon de leur enfant, sans compter la pauvreté et la misère qui les guettaient. Elle rend aussi un bel hommage à l’une des courageuses qui a osé braver les préjugés et les difficultés afin de fonder l'Hospice de Sainte-Pélagie : Rosalie Jetté.

C’est un roman que j’ai lu très rapidement, emportée par l’enquête de Rose. Les aspects historiques sont très bien intégrés à la fiction et jamais on n’a l’impression que les deux aspects ne s’emboîtent pas. Par contre, l’enquête « adonne » vraiment bien, trop souvent. Les coïncidences sont trop nombreuses pour ne pas nous faire sourciller. Trop de gens sont amis avec d’autres amis et facilitent drôlement l’enquête de notre jeune orpheline. Mais malgré ce défaut qu’on pardonne bien vite, nous avons tout de même un roman très intéressant que j’ai pris plaisir à dévorer.

Un très bon moment de lecture!

4/5

Québec Amérique, octobre 2008, 438 pages.

mardi, 03 mars 2009

Avec beaucoup de retard, mes critiques pour le défi du 400e de Québec

Les Portes de Québec, tome 1 : Faubourg Saint-Roch de Jean-Pierre Charlandportes quebec tome 1.jpg

Ce premier tome d’une saga historique (jusqu’à maintenant, il y a 4 tomes) se déroule dans le quartier Saint-Roch de la ville de Québec. Il met en scène des membres de la bourgeoisie de la ville, la famille Picard, leur entourage et les employés de leur grand magasin de la Basse-Ville, tout ça au tournant des 19e et 20e siècles.

Malgré son aisance matérielle, la vie des membres de la famille Picard n’est pas facile car la femme de Thomas Picard souffre d’une maladie inconnue qui la force (du moins c’est son avis…) à garder la chambre et l’empêche de prendre soin de ses enfants. Thomas embauche donc une jeune femme pour servir de gouvernante et de préceptrice à ses deux enfants. La cohabitation ne sera pas toujours facile car Mme Picard ne voit pas d’un très bon œil la venue d’une jolie jeune femme sous son toit, même si elle a depuis longtemps délaissé le lit conjugal et ses obligations familiales. Ajoutez à cela quelques personnages secondaires attachants et ayant chacun leur particularité, un peu de politique, la présence imposante du clergé et un train-train quotidien fidèle aux mœurs de l’époque et vous aurez une reconstitution passionnante de cette période de notre histoire.

Professeur d’histoire à l’université, Jean-Pierre Charland a réussi à raconter avec brio et exactitude ce début de 20e siècle. C’est tellement vraisemblable qu’on a l’impression d’y être et de vivre l’histoire avec les protagonistes. Il est aussi parvenu à créer des personnages vraiment attachants, avec leurs secrets qu’on ne voudrait pas voir s’ébruiter et leurs travers pas toujours reluisants. Ici pas de personnage trop parfait, chacun à ses faiblesses, ce qui le rend encore plus humain. Quant aux péripéties, elles nous entraînent au fil des pages à un point tel qu’on n’a pas envie de poser le livre. D’ailleurs, dès que l’ai terminé et je me suis empressée d’aller acheter le second tome.

4.25/5

Éditions Hurtubise HMH, 2007, 512 pages.

portes quebec tome 2.jpgLes Portes de Québec, tome 2 : La belle époque de Jean-Pierre Charland

Nous sommes maintenant en 1907, toujours avec les mêmes personnages. Tout le monde a vieilli et les enfants des deux frères Picard commencent à voler de leurs propres ailes. Chez les deux familles du clan Picard, les affaires et le commerce vont bon train. Quant à la ville de Québec, elle est en effervescence car le Pont de Québec commence enfin à être construit et les préparatifs du tricentenaire de la ville vont bon train (c’est une belle façon de les comparer avec celles du 400e). L’église n’est pas en reste puisque qu’elle veut souligner avec faste le 200e anniversaire de Monseigneur de Laval, le premier évêque de Québec. Nous assisterons à toutes ces célébrations.

Dans ce second tome, mon intérêt c’est quelque peu émoussé. J’ai conservé mon attachement pour les personnages mais le côté plus académique de l’intrigue m’a beaucoup refroidie. Les événements historiques ont pris le dessus sur les personnages et j’ai trouvé ça dommage. Par moment, j’avais l’impression d’assister à un cours théorique sur les événements du tricentenaire de Québec. J’ai lu de grand bouts en diagonale, ennuyée par toutes ces descriptions.

Par contre, mon intérêt pour cette saga est toujours là et j’ai déjà le 3e tome qui m’attend sur ma table de chevet.

3.5/5

Éditions Hurtubise HMH, 2008, 586 pages.

Une entrevue de l’auteur au Livre Show lors de la parution du premier tome.

Ces titres ont été lu dans le cadre de mon défi du 400e de Québec.

Cuné a aussi lu Pedro Liberdad, tome 1:Bruine assassine de Hada Lopez pour ce défi.

dimanche, 01 mars 2009

Voyage dans un autre Montréal

La ballade de Baby de Heather O’Neillballade baby.jpg

Baby est une adolescente qui vit à Montréal avec son père Jules. Et leur Montréal n’est pas celui des cartes postales et des lieux touristiques, c’est plutôt celui des quartiers pauvres et miteux, où les junkies côtoient les prostituées, où la pauvreté est un mode de vie. Et dans ces quartiers, ils habitent les endroits les plus sordides, les logements où les coquerelles sont monnaie courante. Malgré des conditions de vie aussi difficiles, Baby parvient à garder son cœur d’enfant et ne voit pas trop ce que sa vie a de si terrible. Son père qui était encore un ado à sa naissance n’a pas vraiment maturé depuis 10 ans et sa mère, aussi adolescente, est décédée alors qu’elle était encore toute petite. Malgré tout ça Baby a, jusqu’à maintenant, réussi à être heureuse car elle performe assez bien à l’école et qu’elle aime son père, malgré tous ses défauts et parce qu’elle n’a jamais rien connu d’autre.

Mais un jour la réalité et son environnement la rattrapent. Commence alors la tournée des familles d’accueil et des centres jeunesse. Et c’est aussi là que son regard sur son univers change, qu’elle comprend que sa vie n’est pas comme celle des autres. Son père, longtemps vu comme un être spécial, perd tout son lustre. Et peu à peu, elle finira par ressembler au milieu où elle vit, à tomber dans les griffes du monde qui l’entoure.

Vous aurez donc compris que je ne viens pas de terminer un roman à l’eau de rose. On plonge en plein cœur d’un milieu noir, difficile et pourtant, j’y ai aussi vu beaucoup de lumière. Baby est une enfant qui a un don pour trouver les parcelles de bonheur dans son quotidien glauque et qui réussit malgré les épreuves à ne jamais perdre son cœur d’enfant. C’est d’ailleurs ça qui la sauve du malheur et qui nous sauve d’un roman déprimant. J’irais jusqu’à dire que j’y ai puisé une sorte d’espoir, même si tout est loin de bien se terminer.

C’est aussi une œuvre qui nous fait beaucoup réfléchir sur le rôle du parent dans les choix de son enfant. Ici, j’ai eu l’impression que Jules, sans le savoir et sans le vouloir, avait tout fait pour précipiter sa fille dans les bras d’individus louches qui ont su l’exploiter.

Par contre, j’ai été franchement agacée par la traduction. Le choix de certains termes comme lycée ne traduisent pas du tout la réalité québécoise. Sans compter les nombreuses notes de bas de pages qui décrivent la culture québécoise alors qu’il aurait été plus simple de la recréer dans l’écriture afin de ne pas trahir le milieu où l’intrigue se déroule. Il aurait définitivement été possible de faire beaucoup mieux, sans pour autant nuire à la compréhension des Européens.

Malgré toute cette noirceur et un début où j’ai moins adhéré, c’est une lecture que j’ai adorée parce que l’auteure a su comment traduire avec justesse les sentiments de son héroïne, mais sans jamais tomber dans le misérabilisme. J’ai même embarqué à fond dans la deuxième portion car l’auteur a réussi à me faire oublier la traduction et à me prendre dans les griffes de son personnage !

En bref, c’est un premier roman à la fois très beau et très laid qui ne vous laissera certainement pas indifférent.

4/5

Traduit de l’anglais par Michèle Valencia
Editions 10/18, mars 2008, 377 pages.


La ballade de Baby a reçu le prix Canada Read en 2007. La titre a aussi été finaliste au prix Orange (prix littéraire anglais).

Un lien où vous pourrez visionner une entrevue de l’auteure – Heather O’Neill.

Lu et apprécié aussi par Amanda, Émeraude, Anna Blume et Annie.

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