samedi, 14 novembre 2009
Rendez-vous manqué
Impardonnables de Philippe Djian
Suite au décès de son épouse et d'une de ses filles, Francis, un écrivain célèbre déménage au Pays Basque et tente, tant bien que mal, de refaire sa vie. Il épouse même Judith avec qui il semble mener une vie heureuse. Quant à sa fille Alice, après avoir fini par sortir de l'enfer de la drogue, elle semble, elle aussi, aller mieux. Mais, car il y a toujours un mais, elle disparait. Et le monde de Francis semble s'effondrer un peu plus de jour en jour.
C'est le premier roman de Djian que je lis et, même si le talent de l'auteur a été proclamé haut et fort un peu partout, je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Sauf, bien évidemment, à faire une grande découverte ! Et comme chaque fois que je me crée de telles attentes, la réalité est rarement à la hauteur de mon imagination...
Sans que l'ouvrage soit inintéressant, je suis loin d'avoir été transportée. J'ai bien aimé l'absence de chronologie, la découverte du fin fond de l'histoire par petites bribes de souvenirs revenant à la mémoire de Francis. Mais malheureusement, de grands bouts de l'intrigue ne m'ont pas touchée. J'ai eu l'impression d'être à l'extérieur du récit et de ne pas parvenir à y entrer, ne serait-ce qu'un peu. J'ai été incapable de partager la peine de Francis et j'aurais bien aimé le secouer un peu quand il ne voyait pas ce qu'il aurait dû voir.
Néanmoins, je suis heureuse de ma lecture car j'ai aimé le style de l'auteur et j'ai pu découvrir un auteur que je ne connaissais pas. C'est juste dommage que le rendez-vous ait été un peu manqué.
Merci à Cuné pour l'envoi!
3/5
Gallimard, janvier 2009, 233 pages.
Les avis de Mango, Cuné, Amanda, Fashion, Yspaddaden, Sylire, Lily et In Cold Blog.
23:08 Publié dans Romans contemporains | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : livre, litterature, écrivain en panne, disparition
dimanche, 01 novembre 2009
De retour avec un coup de coeur
Ce blog a été silencieux un grand bout de temps. Mais pour le retour, je vous propose un billet sur un de mes romans préférés des derniers mois. C'est un livre qui m'a transportée ailleurs, dans un univers rempli d'objets que j'aime : les livres
Et comme je ne veux pas faire les choses à moitié, je vous invite à guetter les prochains billets car ils vous réserveront quelques surprises, justement en lien avec ce roman.
Au bon roman de Laurence Cossé
Deux « livrophages » s'étant rencontrés au hasard d'une librairie décident un jour d'ouvrir un commerce à leur image : une librairie spécialisée qu'ils baptiseront Au bon roman. Leur mission est simple, n'offrir aux clients que des titres qu'ils jugent bons, même très bons. Pour effectuer leurs choix, ils forment un comité composé de huit écrivains, aussi grands lecteurs, à qui ils demandent de garder le secret sur leur participation à l'entreprise et auxquels ils ne donnent aucune information ou indice sur l'identité des autres membres. Avec l'aide de ce comité, ils bâtiront une liste des bons romans qui seront mis en vente à la librairie. Évidemment, le succès est immédiat, la librairie ne désemplit pas et les ventes sont de loin supérieures aux prévisions ! C'était sans compter la riposte qui allait suivre et dont nous découvrons l'ampleur et la cruauté.
À part la construction du récit qui m'a un peu déroutée, je n'ai trouvé que des qualités à ce roman. Le contraire aurait d'ailleurs été surprenant tant il a comblé mon appétit de références et de suggestions littéraires. J'ai noté tellement de titres que je ne suis pas certaine de parvenir à tout lire !
J'ai bien aimé le côté « enquête » mais je dois dire que ce qui m'a surtout charmée, c'est l'amour des mots et de la littérature qui transparaissait tout au long de l'histoire. L'amour des autres lecteurs aussi, ceux à qui on veut permettre de lire des romans qui les transporteront. J'ai ressenti un peu la même chose que lorsque je parcours les blogues et que les commentaires et billets laissés par d'autres lecteurs, qui n'ont aucun intérêt monétaire ou personnel dans le milieu littéraire, m'évitent des déceptions ou aiguisent ma curiosité.
Mais surtout, j'ai découvert la librairie de mes rêves ! Je fais le souhait qu'elle existe un jour et ne subisse pas les mêmes persécutions qu'Au bon roman.
5/5
Gallimard, janvier 2009, 497 pages.
Les avis positifs abondent sur la blogosphère, en voici quelques uns : Cuné, Clarabel, Amanda et Laure.
L'avis négatif de Levraoueg, que je comprends, sans toutefois le partager.
10:26 Publié dans Littérature étrangère, Romans contemporains | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : livre, litterature, romans de qualité, découverte litteraire
vendredi, 31 juillet 2009
Garanti, vos papilles ne pourront résister!
Bazar magyar de Viviane Chocas
Klara Séli est d'origine hongroise même si elle ne connaît pratiquement rien du pays de ses ancêtres. Ses parents ne lui ont jamais appris le hongrois, pas plus qu'ils ne lui ont parlé du pays. Quand ils l'ont quitté, ils ont tout laissé derrière. La seule chose qu'elle connaît de la Hongrie, c'est la nourriture que sa mère a continué à faire et les visites à l'épicerie-charcuterie hongroise qu'elle a faites avec son père. Bien sûr, Il y a aussi eu de courts séjours où elle a pu connaître les membres de sa famille restés là-bas. Mais à part cela, rien du tout. Et ses racines lui manquent. Petit à petit, sans le dire à ses parents, elle ira à la rencontre de ses origines, principalement à travers les saveurs. Avec ce roman, nous partons donc à la découverte de la Hongrie, par le biais de sa gastronomie.
Quand j'ai entamé ce roman, je pensais ne rien connaître de la Hongrie, point final. Je me pensais ignare à propos de son histoire, de sa cuisine ou de sa géographie. Cet ouvrage a eu le mérite de me rassurer, sans être une grande connaisseuse, j'en sais plus que je ne le croyais!
J'ai beaucoup apprécié la nostalgie de l'auteur et son envie de partir à la découverte de ses origines. J'ai aussi pris plaisir à mieux connaître les saveurs de son enfance. D'ailleurs, les recettes fournies en fin d'ouvrage m'ont fait saliver! Par contre, je suis restée sur ma faim. Le pays et les habitants qu'elle découvre ne sont qu'effleurés. On reste trop en surface. J'aurais tellement aimé qu'on m'en offre plus, qu'on aille plus loin au niveau historique mais aussi au niveau de ses racines.
Malgré tout, j'ai trouvé l'idée de base du récit et son développement très sympatiques.
3.5/5
Le livre de poche, août 2008, 125 pages.
Sophie, Aifelle, Cathe et Un coin de blog en ont aussi parlé.
19:45 Publié dans Romans contemporains | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : livre, litterature, gastronomie hongroise, cuisine hongroise, papilles, roman
samedi, 25 juillet 2009
Le blues de l'écrivain raté
À contretemps de Jean-Philippe Blondel
Âgé de 18 ans, Hugo arrive à Paris pour y poursuivre ses études de littérature. Sa mère étant un peu mère poule, elle lui a trouvé une chambre chez une connaissance d'une connaissance. Or le proprio, Jean Debat, est loin d'être un rigolo. Il parle peu et n'est pas des plus sympathiques. Ce n'est pas trop grave, Hugo s'en accommode. Jusqu'au jour où, Hugo lisant un roman qui lui a été prêté par une amie libraire, Jean réagit violemment. Le jeune homme finit par découvrir que Jean est l'auteur de ce roman et qu'il n'a rien publié depuis. Il cherchera à savoir pourquoi et à comprendre.
Au début de ma lecture, j'étais très enthousiaste, me reconnaissant dans plusieurs passages, soulignant et appréciant ma lecture. Hugo me faisait vraiment penser à moi à une certaine époque. Cet amour des livres et de la littérature me rejoignait beaucoup. Par contre, plus l'histoire de l'écrivain raté a pris de l'ampleur, plus mon intérêt a décliné, je lisais machinalement et j'ai terminé ma lecture un peu déçue, pas du tout transportée par les états d'âmes de Jean Debat.
Voici deux extraits qui m'ont parlé :
« Des débuts de romans, j'en ai des dizaines dans la tête. Parfois même sur le papier. Ce qui me manque, c'est le souffle. Je me taris vite. Je me laisse dériver. J'imagine des scènes avec tout un luxe de détails, mais rien n'avance, rien n'intrigue, rien ne pousse - ne restent que des textes descriptifs décevants et sans aucun lien entre eux. Je suis lucide. Je suis un lecteur. Je suis un dévoreur. Je ne produis pas - j'ingurgite. Je suis à l'autre bout de la chaîne. Mais je suis le maillon essentiel. »
« Elle demande si c'est pour ça que je n'ai plus d'argent. Je me tais. Je ne me suis même pas posé la question. Je vais à la bibliothèque, je fais les bouquinistes, j'achète des poches - mais il m'arrive aussi d'acheter neuf, je ne peux pas résister. »
3/5
Robert Laffont, janvier 2009, 252 pages
Les avis de Clarabel, Laurence, Amanda, Solenn, Saxaoul, Laure et Yv qui parfois me rejoignent, mais pas toujours.
Encore une fois, merci à Cuné pour l'envoi!
J'ai aussi commenté Accès direct à la plage.
11:25 Publié dans Romans contemporains | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : livre, littérature, écrivain raté, gros lecteur, amoureux des livres
mercredi, 22 juillet 2009
Un premier roman sur un sujet vieux comme le monde
Tout le monde ment de Thierry Lentz
Louis Martin a tout pour être heureux : un emploi bien rémunéré et qui lui convient, une épouse et un fils qui l’aiment, une belle maison, etc. Pourtant, lorsqu’il rencontre Lisa, qui a presque vingt ans de moins que lui, tout bascule. Il se lance alors dans une relation adultère avec tout ce que ça implique de mensonges, d’omissions et de culpabilité ou non-culpabilité. Et après un certain temps, il décidera de quitter femme et enfant, sans trop de remord, pour s’offrir une nouvelle vie. Malheureusement, cette aventure ne se déroulera absolument pas comme il l’avait imaginé.
Voilà un roman que j’ai beaucoup aimé malgré ses quelques défauts. Il y a bien quelques moments prévisibles mais, comme le sujet n’est pas nouveau, l’auteur a parfois choisi de décrire les choses comme elles se passent effectivement dans la réalité, sans chercher à créer des rebondissements jamais vu (ou lus). Après tout, il ne s’agit pas d’un suspense… Dans l’ensemble, j’ai trouvé que les protagonistes étaient tout à fait crédibles, sauf peut-être l’épouse de Louis qui était un peu trop soumise et encline à tout pardonner et accepter. Il me semble qu’elle aurait pu avoir un certain sens de la rébellion à un moment ou un autre.
Malgré ces défauts, qu’est-ce qui fait que j’ai aimé autant? En fait, je ne sais pas trop… Je peux juste dire que j’y ai cru, que je me suis laissée transporter du début à la fin par des réactions et des événements qui me semblaient tout à fait justes. Parfois, l’amour ne s’explique pas. Autour de nous, les gens n’y comprennent rien, personne n’y voit de logique mais on aime quand même à la folie. Ce roman, c’est justement ça!
4.5/5
Editions Fayard, octobre 2008, 191 pages.
Les avis de Laure et Cuné qui sont assez favorables et celui de Clarabel qui elle, n’y a pas cru.
Merci à Cuné pour l’envoi et la belle découverte!
23:39 Publié dans Romans contemporains | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : livre, litterature, adultère, différence d'âge, immaturité, relations de couple
dimanche, 19 juillet 2009
Paris, Afrique
Black Bazar d’Alain Mabanckou
Ici et là j’avais lu et entendu que ce roman jetait un regard humoristique sur les émigrés parisiens (surtout africains), abordant leurs particularités, leur franc-parler, leurs goûts et habitudes, etc. C’est donc avec l’impression que j’allais rire un bon coup que j’ai débuté la lecture l’ouvrage.
On y suit le quotidien d’un aspirant écrivain surnommé « fessologue » qui vient à peine de se faire « flusher » par sa tendre moitié, partie avec un joueur de tam-tam qu’il n’a pas en haute estime. Pour digérer la chose et aussi parce que c’est son habitude, il passe beaucoup de temps au Jip’s, un bar parisien où se retrouvent des copains immigrants en compagnie de qui il refait le monde. On y rencontre toutes sortes d’individus, on explore avec eux les lieux qu’ils fréquentent, on découvre leurs habitudes, bref on fait découvre la culture de cette partie de la population parisienne.
Même si quelques trucs qui m’ont fait sourire, ce roman ne m’a pas vraiment déridée. En fait, j’y ai plutôt vu du cynisme, une sorte de critique visant à dénoncer sans en avoir l’air. Le style de l’auteur a aussi nuit à mon plaisir de lecture. Le vocabulaire utilisé est très français (je crois…) du moins ce n’est pas un français « international » et certaines expressions ne me disaient pas grand-chose. Les dialogues sont touffus et très présents ce qui m’a donné une impression de verbiage inutile et qui m’a souvent fait perdre le fil. De plus, les lieux où l’auteur nous emmène sont en dehors de mes références de touriste et j’ai eu du mal à me repérer. Tout ça mis ensemble a rendu la lecture difficile et m’a empêchée d’y prendre plaisir.
Néanmoins, je reconnais au roman plusieurs qualités. Tout d’abord, il nous permet d’aborder la réalité des immigrants africains, d’avoir leur point de vue. Trop souvent, nous ne savons pas vraiment de quoi est fait leur quotidien et cela alimente nos préjugés. J’ai aussi apprécié que l’auteur jette un regard ironique sur certains travers de ses congénères. Comme par exemple, lorsqu’il se moque de ceux qui sont hyper bien vêtus, portant des habits griffés alors qu’ils habitent de minables studios, dorment à même le sol et ont un frigo quasiment vide. Il est aussi intéressant de découvrir les rivalités existant entre les différentes nations africaines car, par méconnaissance, nous tendons souvent à tous les mettre dans le même panier.
En résumé, c’est un roman intéressant mais qui n’est pas nécessairement facile d’approche pour la québécoise que je suis…
3/5
Éditions du Seuil, février 2009, 246 pages.
Pour plus de détails ou d’impressions de lecteurs, consultez aussi l’avis de Fabien Mollon sur le blog Encres Noires ou celui d’Yv.
J’ai aussi trouvé une interview intéressante de l’auteur dans le journal Voir du 18 juin 2009.
22:39 Publié dans Romans contemporains | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : livre, litterature, immigrants, africains, paris
samedi, 06 juin 2009
Un nouveau talent à découvrir
L’avant-dernière chance de Caroline Vermalle 
Les effets de son âge (83 ans) commençant de plus en plus à se faire sentir, Georges décide de profiter des vacances de sa fille qui a l’habitude de le surprotéger pour partir en voyage et vivre un peu d’aventure. Il part donc sur les routes de France en compagnie de son voisin et ami Charles. Leur itinéraire c’est Le Tour de France, en voiture. De son côté, sa petite-fille Adèle, qui a depuis belle lurette perdu de vue le vieil homme, s’est vue confier la surveillance du grand-papa et découvre son projet de voyage. Comme elle doit veiller sur lui mais qu’il sera difficile de le surveiller de près puisqu’elle est à Londres, Adèle fait promettre à son grand-père de lui communiquer les nouvelles par son portable. L’aventure permettra aux deux protagonistes de se réapprivoiser, après une longue séparation.
Je ne peux pas vous dire à quel point ce roman m’a touchée! Au départ, j’étais un peu sceptique et je craignais que la contrainte d’écriture - inclure d’une quelconque façon le langage des SMS ou des messageries instantanées - nuise à la qualité de l’œuvre. Au contraire, tout au long de ma lecture, je n’ai pu qu’apprécier la façon habile par laquelle cela avait été intégré au récit. J’ai été profondément émue par les retrouvailles du papy et de sa petite-fille, de voir l’affection renaître. J’ai aussi beaucoup rigolé lorsque le vieil homme s’est mis à apprendre à utiliser la technologie. Ça m’a beaucoup rappelé comment c’était quand mon père s’y est mis, lui aussi, il y a quelques années. Mais surtout j’ai été bouleversée par la finale. J’ai pleuré longtemps, et ça ne m’arrive pas souvent en lisant. Pas des larmes de tristesse, juste parce que je trouvais l’histoire belle et touchante. Bien sûr, certains diront que l’intrigue était prévisible mais personnellement, j’ai trouvé que c’était aussi ce qui devait arriver, que je n’avais pas envie qu’on me surprenne avec une finale imprévue. D’une certaine façon, j’ai retrouvé dans cette histoire ce qui m’avait tant plu dans Ensemble c’est tout d’Anna Gavalda. Et puis, en tant que fan du Tour de France qui suit l’épreuve à la télé chaque été, j’ai adoré pouvoir suivre le fil de l’histoire dans ces lieux que j’ai vu dans de toutes autres circonstances.
Je suis donc vraiment emballée par ma lecture et j’ai déjà hâte de lire le prochain titre de l’auteure, qui ne tardera pas trop j’espère!
D’ailleurs, je vous invite à visiter son blog où vous pourrez suivre l’évolution de son prochain roman – Le vent se lève tard.
4.5/5
Caroline Vermalle s'est mérité le prix Nouveau Talent 2009 pour ce roman.
Éditions Calmann Lévy, mars 2009, 245 pages.
17:24 Publié dans Romans contemporains | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : livre, littérature, un baume pour l'âme, relations intergénérationnelles, prix nouveau talent 2009
vendredi, 24 avril 2009
Il est parfois difficile de recoller les morceaux
Charlémoi de Christine Jeanney
Un écrivain en pleine crise existentielle s’exile dans un chalet afin de faire le point, et peut-être aussi d’écrire. Il veut publier un « vrai » livre, pas un roman pour la jeunesse comme tout ce qu’il a fait jusqu’à maintenant. Il nous révèle son état d’esprit par le biais de fragments de son passé, distillés au compte-goutte et dans le désordre, afin que nous recollions les morceaux du casse-tête qu’est sa vie en même temps que lui.
Autant le dire tout de suite, et à mon grand regret, je n’ai pas du tout apprécié ce roman. J’ai eu l’impression de me lancer dans un casse-tête de 5000 morceaux tous plus ou moins de la même couleur. Pour qui me connait, ce n’est pas bon signe car ma patience pour ce genre de hobby est inexistante. Il en a donc résulté un état de frustration qui a perduré presque tout le long de ma lecture. La frustration de nager en plein brouillard, la frustration de ne rien comprendre et la frustration de me sentir complètement nouille parce que j’avais lu tellement de bien sur ce roman ont fait que je n’ai pas pu apprécier ma lecture. Il y a bien les derniers chapitres où j’ai enfin commencé à y voir un peu plus clair mais le mal était fait, j’avais perdu l’envie d’aller plus loin et j’ai terminé ma lecture avec la hâte d’en finir.
Dommage…
2/5
ArHsens éditions, janvier 2008, 154 pages.
Les avis beaucoup enthousiastes que le mien de Cathulu et Cuné.
Et surtout, un gros merci à Cuné qui a travaillé très fort pour me trouver ce titre!
04:05 Publié dans Romans contemporains | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : livre, littérature, écrivain, crise existentielle
vendredi, 03 avril 2009
Chaque quête a un prix...
Eldorado de Laurent Gaudé
Dans le passé, écrits par Laurent Gaudé, j’ai lu Le soleil des Scorta et La mort du roi Tsongor et j’avais adoré. Je ne sais pourquoi mais la plume de cet auteur vient me chercher et, peu importe l’univers, elle me transporte. Cette fois, ce fut encore une fois le cas et je prédis déjà que ce n’était pas le dernier titre de M. Gaudé que je lisais!
En gros, l’histoire pourrait être résumée comme suit… Un commandant de navire qui patrouille les côtes italiennes à la recherche d’immigrants clandestins depuis plus de vingt ans voit sa vie chamboulée lorsqu’une survivante d’un des bateaux qu’il a interceptés lui raconte son histoire. Il se met alors à douter de l’utilité de sa vie et décide d’entreprendre un long voyage, une quête. Son histoire s’intercale avec celle d’un soudanais qui quitte tout dans l’espoir de gagner l’Europe, et une vie meilleure.
En lisant ce récit, j’ai été touchée par le désespoir de ces gens qui quittent tout, utilisent toutes leurs économies et trop souvent, risquent leur vie en espérant une vie meilleure. Pas extraordinaire, juste meilleure et vivable. Ce roman m’a permis de réaliser tout le courage qu’il faut à ces gens pour se lancer ainsi sur les routes, sans vraiment savoir ce qui les attend au bout du chemin. Mais surtout, j’ai trouvé que l’auteur avait choisi le ton qu’il fallait. Je n’ai pas pu m’empêcher d’être émue par le destin de ces hommes et de ces femmes qui cherchent leur « eldorado ».
Ce roman est d’actualité, peu importe le moment où on le lit, l’endroit où on vit car, un meilleur destin, tout le monde en rêve.
4/5
Actes Sud, août 2006, 237 pages.
Les avis de Laurent, Chiffonnette et Essel.
21:11 Publié dans Romans contemporains | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : livre, littérature, immigration, clandestin
lundi, 09 mars 2009
Avis tout en bémol sur le dernier Goncourt
Syngué Sabour – Pierre de patience de Atiq Rahimi
Une femme prend soin de son mari qui est plongé dans le coma. Comme son état ne s’améliore pas, leur quasi solitude durera plusieurs semaines. Elle vit au rythme des petits changements et, petit à petit, elle finira par se confier comme s’ils étaient côte à côte, comme jamais elle n’a pu le faire quand il était conscient. Son époux deviendra donc sa pierre de patience, qui selon la croyance afghane, est une pierre magique à laquelle on se confie, qui absorbe nos peines jusqu’à en éclater et qui nous délivre du malheur à ce moment.
Ayant lu et littéralement adoré Terre et cendres du même auteur, j’avais vraiment très hâte et très envie de lire Syngué sabour. Et depuis qu’il s’était mérité le prix Goncourt, j’étais encore plus tentée. C’est donc avec beaucoup d’attentes et d’espoir que j’ai commencé ce roman. Malheureusement, je n’y ai pas retrouvé ce qui m’avait charmée dans Terre et cendres : la concision et la force d’évocation des odeurs et de la poussière de sa terre natale.
Dans Syngué sabour, j’ai trouvé le début très lent et répétitif, ce qui est un gros problème pour un roman aussi court. Contrairement à d’autres qui ont adoré le monologue de l’épouse, de mon côté j’ai trouvé ses propos décousus et je n’ai pas ressenti, ou si peu, son émotion, sa douleur, son désespoir…
Par contre, certains aspects du roman m’ont plu. J’ai aimé découvrir la symbolique de la pierre de patience. Ces petites touches qui nous permettent de toucher à d’autres cultures me plaisent toujours. J’ai aussi apprécié le message du roman qui vise à dénoncer l’injustice et la cruauté qui sont le quotidien des femmes afghanes, sans monter aux barricades. Bien souvent, un message exprimé subtilement passe beaucoup mieux qu’un propos agressif et revendicateur. Mais attention, je ne veux pas dire pour autant qu’on doive cesser de lutter pour obtenir des conditions de vie décentes pour toutes ces femmes qui vivent dans l’oppression.
En résumé, même si j’adhère complètement au propos du roman, la forme ne m’a pas beaucoup accrochée. C’est dommage car j’aurais tellement voulu que ça soit le cas.
3.5/5
POL, août 2008, 155 pages
Ce roman a remporté le prix Goncourt 2008
Les avis sur ce roman sont partagés. Certains sont enthousiastes (Papillon, Cathulu et Jules), d’autres, comme moi, un peu moins (Miss Alfie et Karine).
05:31 Publié dans Romans contemporains | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : livre, littérature, condition des femmes, guerre


