lundi, 16 novembre 2009

Une femme qui veut changer son destin

Une jeune femme en guerre, tome 1. Été 1943 - printemps 1944 de Maryse Rouyjeune femme guerre.jpg

Lucie Bélanger est, en 1943, une jeune femme qui rêve de liberté, sans trop le réaliser encore.  Habitant toujours chez ses parents, elle doit subir le « contrôle » de son paternel qui voit la vie de famille de façon très simple : l'homme est roi et maître et la femme doit obéir, sans rouspéter et sans réfléchir.  Lucie, elle, ne rêve que d'une chose,  avoir 21 ans et être majeure afin de quitter cette vie qui l'étouffe, malgré son confort.  Nous suivrons donc son parcours vers l'émancipation et le libre arbitre, ce qui n'était pas le lot de la majorité des femmes de son époque.

L'auteur, qui n'en est pas à ses premières armes dans le roman historique, s'est beaucoup documentée sur la vie pendant la 2e guerre mondiale et cela paraît.  Néanmoins, nous n'avons pas l'impression d'assister à un cours d'histoire, loin de là!  Le quotidien et la mentalité de l'époque sont intégrés naturellement au récit et la personnalité de Lucie ne nous semble jamais anachronique.  D'ailleurs, cette héroïne de roman, on ne peut faire autrement que de s'attacher à elle et partager son besoin de liberté, un peu comme dans Les Accoucheuses d'Anne-Marie Sicotte.  Même si les deux histoires se passent à deux époques bien distinctes, on ne peut que faire des rapprochements sur les progrès du féminisme et des droits des femmes au Québec. 

Mais plus que tout, on tourne les pages sans pouvoir s'empêcher d'être dévorée par l'envie de connaître le destin de Lucie, l'héroïne sympathique qu'on aime comme une sœur.

5/5

Québec Amérique, octobre 2007, 328 pages.

L' avis de Grominou qui a beaucoup aimé elle aussi.

Une interview de l'auteur au Livre Show qui partage, entre autres, comment elle s'est renseignée sur le quotidien de l'époque.

mardi, 10 février 2009

Quand on n'a pas peur de bousculer les conventions et la pensée de son époque

Les accoucheuses - tome 2 : La révolte d’Anne-Marie Sicotteaccoucheuses 2.jpg

Ce tome est la suite de La fierté qui m’avait tant passionnée l’été dernier. Cette saga historique met en vedette deux sages-femmes hors du commun : Flavie et sa mère Léonie. Dans ce deuxième volume, les conflits et les tensions s’accentuent entre les sages-femmes et les médecins. Je dirais même que c’est une guerre de tranchées où tous les coups sont permis. Et les relations ne sont pas plus aisées avec les dames patronnesses ou le clergé, car les sages-femmes sont très revendicatrices et heurtent bien des préjugés et des conceptions concernant la place et le rôle des hommes et des femmes dans la société.

Qui plus est, maintenant mariée, Flavie tente de concilier sa pratique de sage-femme et ses ambitions (parfois démesurées) avec son rôle d’épouse et les attentes de son mari. De son côté, Bastien, son mari, doit composer avec le regard de ses collègues sur son association professionnelle avec son épouse et la liberté d’action qu’il lui laisse. Quant à elle, Léonie poursuit son travail à la Société compatissante de Montréal où les tensions avec le clergé et les médecins sont de plus en plus exacerbées.

Au départ, dans l’enthousiasme du premier tome, j’ai dévoré tout aussi rapidement le deuxième. Puis, au fil des pages, j’ai eu l’impression que la sauce s’étirait un peu trop, que le roman aurait gagné en substance si on n’avait pas autant insisté sur certains aspects comme l’émancipation de Flavie. À certains moments, je dois même avouer qu’elle m’exaspérait avec son refus de comprendre le point de vue des autres. Heureusement, la fin approchant, l’intrigue c’est resserrée et mon plaisir de lecture est revenu. J’ai apprécié vivre les luttes de ces femmes de tête du 19e siècle. Tellement que j’ai lu un autre roman sur ce sujet : Les filles tombées de Micheline Lachance dont je vous parlerai bientôt. J’ai aussi adoré découvrir l’histoire de Montréal au 19e siècle. Une époque sur laquelle les écrivains se sont moins penchés contrairement à la colonisation et à la fondation de la métropole.

J’ai donc très hâte de lire le tome 3 et j’espère qu’il terminera en beauté cette série!

3.5/5

VLB, octobre 2007, 845 pages.

Ma critique du premier tome

Venise l’a aussi lu, a été transportée et nous a fait rêvé avec elle.

dimanche, 08 février 2009

Quand on est belle, qu'on a tout à gagner et rien à perdre

Parfum de courtisane de Jennifer Ahernparfum courtisane.jpg

Sur la route entre Paris et son coin de pays, la Champagne, le carrosse de Marguerite de Collibret est attaqué par un bandit masqué qui leur vole des documents. Puis, quelques semaines plus tard, son père est emprisonné et accusé d'être le complice de l'intendant Fouquet qui dilapide les fonds de l'État. La famille de Collibret est déshonorée et tout le petit monde retourne en province. Mais Marguerite, elle, refuse de rentrer et veut rester dans à Paris pour découvrir par qui et comment son père a été accusé. Mais surtout, elle veut laver et reconquérir leur honneur perdu. Après être allée dans différentes maisons où elle était plus ou moins la bienvenue, elle est recueillie par Ninon de Lenclos, une courtisane réputée. Chez elle, Marguerite découvrira les jeux du libertinage et apprendra bien vite les utiliser pour parvenir à ses fins.

C’est un roman qui se dévore du début à la fin et qui m’a permis de découvrir une période de l’histoire de France (le XVIIe siècle) que je connaissais peu. J’ai aussi apprécié ne pas uniquement visiter le Paris des bourgeois et des aristocrates mais aussi celui des gagne-petit, des pamphlétaires et des ouvriers.

L’auteure sait particulièrement bien rendre les sentiments de l’époque et la façon qu’on avait d’en parler, avec toute la passion et le lyrisme que cela suppose. Par contre, il ne s’agit pas pour autant d’un roman où le style prime sur l’intrigue. Au contraire, les péripéties s’enchaînent les unes à la suite des autres, ce qui fait qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde.

Un très bon moment de lecture.

Ce roman est le premier ouvrage de la jeune auteure et aussi le premier tome d’une trilogie. Le second volume –Le poison de la favorite - devrait d’ailleurs paraître à la fin du mois.

4/5

Libre Expression, janvier 2008, 448 pages

Deux liens intéressants : une discussion avec l’auteure qui parle de la création de ce roman et une entrevue vidéo où l’auteure parle de ce roman, et un peu du prochain.

jeudi, 14 août 2008

Ces femmes qui ont poussé la société à évoluer

Les accoucheuses, tome 1: La fierté d'Anne-Marie Sicotteb9ff5b8ca9afadc621583bae96666a79.jpg

En 1845, Léonie et sa fille Flavie sont à contre-courant des mentalités de leur époque. Alors que le clergé prône la soumission et l'obéissance des femmes, elles tentent plutôt de s'émanciper. Léonie forme sa fille de 16 ans au métier de sage-femme ce qui fait beaucoup réagir car elle n'est pas mariée ou mère et qu'une telle profession risque de la corrompre ou de lui mettre des idées en tête. Ensuite, en compagnie d'autres femmes, elles fondent un refuge pour femmes enceintes démunies de même qu'une école de sages-femmes. Les membres du clergé et les médecins ne voient pas d'un bon œil toutes ces activités qui bousculent l'ordre religieux établi et qui concurrencent la place que convoitent les médecins auprès des femmes en couches. Heureusement, leur entourage est plus libéral et les supporte.

Ce roman, c'est plus de 850 pages que j'ai dévorées en moins d'une semaine! C'est bien simple, la Terre a arrêté de tourner le temps de ma lecture. Chaque prétexte était bon pour lire quelques pages même si le format n'est pas idéal pour de longues périodes de lecture. Un livre aussi lourd et volumineux rendait mon péché mignon - lire au lit - bien difficile. Mais je ne me plaindrai pas car, pour une fois, les caractères d'imprimerie utilisés n'étaient pas microscopiques et donc mes pauvres yeux ont été épargnés.

Mais parlons plutôt des nombreuses qualités littéraires de ce roman. Tout d'abord, l'écriture étant à la fois simple et prenante, on se fait rapidement prendre dans les filets de cette grosse brique. La prose se dévore sans qu'on ait besoin d'avoir une attention soutenue. Et puis, il y a ces héroïnes, des femmes de tête qui voient grand et qui s'assument tout en doutant souvent d'elles. De vraies femmes quoi! Même si de prime abord elles nous semblent un peu trop en avance sur leur temps, bien vite, on y croit en se disant que des femmes comme elles, il a bien dû y en avoir si la société a évolué. J'ai aussi beaucoup aimé découvrir cette période de l'histoire québécoise que je connaissais peu ainsi qu'en apprendre un peu plus sur les débuts du féminisme. C'est grâce à des femmes courageuses comme elles que nous avons maintenant accès à autant de privilèges. Il y a bien quelques longueurs mais on les oublie vite tellement tout le reste est captivant.

Un déception toutefois, le 3e tome n'est pas encore paru et il me sera bien difficile d'attendre jusque là!

4.75/5

Lu et critiqué par Carole, Grominou, Jules et Venise.

mardi, 15 juillet 2008

Des faits qui nous permettent de mieux imaginer la fiction

Madeleine Matou - La femme du meurtrier de Boucherville 1665-1699 de Marcel Myrea9580fb960a1c5b45a777e7eee71a43f.jpg

J'ai eu très envie de lire ce document après avoir lu Marie Major de Sergine Desjardins qui traitait sensiblement du même sujet: le sort des femmes de meurtriers en Nouvelle-France. Dans Marie-Major, j'avais été frappée par l'injustice de lois qui condamnait une femme pour les fautes de son mari. Je voulais en savoir plus et surtout mieux comprendre. J'ai donc lu ce document qui n'est pas un roman même si je l'ai lu avec autant d'avidité.

Madeleine Matou fut une femme ordinaire qui serait restée anonyme si son mari n'avait été condamné pour le meurtre d'un marchand. D'origine très modeste, elle devint rapidement servante chez une riche famille montréalaise, comme cela se faisait très souvent à l'époque. Elle eut la chance de faire un bon mariage avec Jean Hautdecœur et eut quatre enfants de lui qu'elle éleva à Boucherville. Toutefois, sa vie changea du tout au tout quand son mari se rendit coupable de meurtre et fut condamné à la pendaison. Endettée jusqu'au cou, elle fut expulsée de sa maison et se retrouva sans le sou et sans-abri. Elle se remaria mais son second époux ne semblait pas avoir beaucoup de coeur à l'ouvrage et, après s'être endetté, il quitta sa famille - agrandie de 3 autres enfants - pour aller chasser au Grands-Lacs. Madeleine Matou, vivant dans une très grande misère, mourut à trente-quatre ans en tentant de mettre son huitième enfant au monde.

Je vous le dis tout de suite, même si cet ouvrage n'est pas un roman, je l'ai tout simplement dévoré! Malgré tous les extraits de documents historiques écrits en vieux français qui rendent la lecture plus ardue, je n'ai pu m'empêcher d'enfiler les pages les unes à la suite des autres dans la même journée. L'auteur, Marcel Myre, a selon moi un véritable talent de conteur qui m'a tenue en haleine.

La grande recherche qu'il a effectuée m'a permis de mieux comprendre les conditions de vie des gens et surtout des femmes de cette époque. Il a aussi mis en lumière le fonctionnement de la justice de l'époque. Et je dois dire que j'ai été très étonnée de ce que j'ai découvert. Par exemple, pour illustrer les misérables conditions de vie de son héroïne, il nous présente l'inventaire de ses biens, peu avant son décès:

" - Une chaudière de cuivre rouge à demy usée tennant environ deux sceau d'eau.
- Sept terrines.
- Une meschante chaudière servant de mitraille toutte rompue & bossée sans anse.
- Un meschant sceau de bois de nulle valeur.
- Une petite marmitte de fer percée n,ayant que deux pieds.
- Une tinette telle quelle où il y a dedans environ douze livres de boeure.
- Une petite table avec son pliant de bois de pain (pin) de peu de valeur.
- Une meschante cassette rompue sans serrure.
- Un tarrier sans manche.
- Une meschante couverte de chien avec un meschant traversin dans lequel il y a dedans un peu de plume quy sert au service dudit René Deniau.
- une meschante camisole de carisé.
- Un berceau sans son fonçure."

C'est à se demander comment une femme pouvait s'occuper de nourrir sa famille avec si peu. Et avec tout ce que j'ai pu lire, je ne peux que me dire que cette pauvre femme a dû être souffrir beaucoup et être bien malheureuse.

Autre fait intéressant, l'auteur nous explique que les enfants de Jean Hautdecoeur, reniant leur nom, à cause des crimes de leur père qui ont dû leur causer bien des problèmes, ont choisi de prendre le patronyme du deuxième époux de leur mère. C'est pourquoi de nombreux descendants de Madeleine Matou et de Jean Hautdecoeur portent le nom Daigneault.

Donc voici une lecture que j'ai beaucoup appréciée et que je ne regrette absolument pas car elle me permettra très certainement de lire d'un autre oeil les romans historiques dont je raffole.

4/5

jeudi, 10 janvier 2008

Une future grande voix de la littérature canadienne

Le chemin des âmes de Joseph Boydendaca4117b4144023ebdd290a0dd927de.jpg

Le chemin des âmes c'est un pan de l'histoire canadienne qui m'était inconnu. En effet, on n'a jamais crié sur les toits que 4 000 amérindiens se sont volontairement engagés lors de la Première Guerre Mondiale. Encore moins, qu'ils ont souvent été traités avec moins de respect et d'équité que les blancs et que même si plusieurs se sont distingués, leurs faits d'armes n'ont jamais été publicisés, qu'au contraire on les a presque cachés. Avec une narration inhabituelle, Joseph Boyden nous raconte donc cette période de l'histoire, vue par l'oeil d'un autochtone. Le récit alterne donc entre le récit de la guerre de 14-18 en compagnie de Xavier et Elijah (2 crees) et le retour de Xavier au pays alors qu'il retourne dans les bois en compagnie de sa tante, brisé, mutilé, plus mort que vivant... La narration alterne aussi entre le récit de la vie avant la guerre (par la tante) et celui de la guerre elle-même (par Xavier).

Ce roman détonne de ce que j'ai pu lire sur le première guerre et ce, à plusieurs niveaux. Tout d'abord parce que ce n'est pas un européen qui raconte l'histoire. Le point de vue de ceux qui combattaient dans les tranchées sans avoir à protéger leur propre patrie change beaucoup la perception. L'horreur de la guerre est aussi présente que dans d'autres récits mais elle m'a semblée encore plus forte. J'ai aussi beaucoup aimé la présence de deux narrateurs. Cela a ajouté de la profondeur et permis de saisir avec encore mieux quel choc culturel cette guerre a pu être pour ces gens. Tout au long de l'histoire j'ai aussi été subjuguée par la façon de raconter de Joseph Boyden. J'ai été stupéfaite par sa facilité à présenter comment les soldats ont tous, à leur façon, été profondément transformés par cette guerre. Certains en sombrant peu à peu dans la folie, d'autres en se créant un monde et certains autres en s'évadant grâce aux drogues. Sa façon de raconter la transformation d'une profonde amitié entre deux hommes était, elle aussi, absolument géniale. Mais surtout, on est marqué en constatant que ce n'est pas parce que la guerre se termine que les séquelles et les cicatrices disparaissent... Vraiment, ce jeune auteur promet d'être une des belle voix de la littérature canadienne. J'ai déjà hâte de lire le prochain roman de Joseph Boyden car, pour un premier roman, celui-ci était vraiment hors du commun!

5/5

À lire aussi, les critiques du bibliomane, de Chimère, Sophie, Joëlle, Katell et Philippe.

lundi, 26 février 2007

Un mystère résolu

La Dame sans terre, Tome 3: Le sang de grâce d'Andrea H. Jappmedium_sang_grace.2.jpg

Voici donc le troisième et dernier tome de la trilogie mettant en vedette Agnès de Souarcy. Dans ce dernier opus, l'auteur dénoue un à un les fils de la toile qu'elle avait tissée. Nous apprenons donc qui est le jeune Clément et qui a empoisonné les moniales de l'abbaye de femmes des Clairets ? Tout ceci dans une enquête qui nous amène dans l'entourage du pape Boniface, récemment décédé des suites d'un empoisonnement.

Après ma lecture des deux tomes précédents, j'étais impatiente de voir comme toute cette intrigue allait se dénouer. J'avoue même que j'avais de très grandes attentes. Et cette lecture a bien rempli son but de divertissement. Toutefois, la conclusion m'a légèrement déçue. Je m'étais attendue à plus. Plus de suspense, plus de surprise dans la finale, plus de tout quoi! Un autre détail qui m'a agacée c'est la multitude de notes de bas de page. Après 3 tomes, on commence à être familier avec l'époque moyenageuse alors ces notes ne me paraissaient pas nécessaires. Elles étaient même parfois agaçantes tellement il y en avait.

Mais ce roman m'a tout de même procuré de beaux moments de détente et m'a très certainement donné envie de me replonger plus encore dans les romans historiques, un genre que j'apprécie mais que j'avais un peu délaissé dernièrement.

4/5

Ma critique du premier tome: Les chemins de la bête
Et celle du second tome: Le souffle de la rose

lundi, 09 octobre 2006

Comme un roman!

medium_exiles_anse.2.jpgLes Exilés de l’anse à Mouille-Cul - L’étonnante histoire de Laurent Chouinard et Claire Gagnon par Gaston Deschênes
Les éditions du Septentrion, 2006
120 pages

Quatrième de couverture
"Scandale à «Saint-Jean de Port-Joly» en 1774:le curé desservant et l’évêque de Québec refusant de les marier selon les règles de l’Église, Laurent Chouinard et Claire Gagnon — une jeune veuve — improvisent un mariage à domicile avec un groupe d’amis. Mis au ban de la paroisse, ils quittent Saint-Jean, laissant aux parents de Claire les trois enfants nés de son mariage avec feu Romain Duval, et se réfugient dans le bas du fleuve, au Bic, puis à Rimouski et à Cap-Chat.

Après vingt ans d’errance dans «les postes d’en bas», où ils ont deux autres enfants, les exilés tentent encore de se marier avec l’aide de curés qui ignorent le fond de leur histoire. Àla troisième tentative, avec le curé de Rivière-Ouelle, le mystère commence à s’éclaircir… mais on perd la trace des deux héros.

Un vrai roman!"


La quatrième de couverture dit vrai, l'histoire de ces deux colons du Bas-St-Laurent a tout du roman. Si l'auteur n'avait prouvé ses dires avec des documents d'archives, il aurait été difficile de croire à une histoire aussi abracadabrante. Pourtant, c'est la réalité. Mais surtout, ce récit met en lumière l'ampleur du pouvoir qu'avait l'église sur la vie des gens. Comment, le refus d'une simple demande de mariage pouvait modifier du tout au tout la vie des petites gens. On suit donc les péripéties du couple en brûlant de connaître le fin mot de l'histoire, qu'on ne nous révèle qu'à la toute fin.

Le seul aspect qui est négatif dans ce tout petit document c'est que parfois, le style est un peu confus. Comme si l'auteur se perdait dans ses tournures de phrases... Mais comme ça n'arrive qu'en quelques occasions, le plaisir de lecture n'est pas gâché.

Mais surtout, comme le mentionne l'éditeur, moi aussi j'aimerais bien lire cette histoire sous la forme d'un roman. Ça serait prenant et enlevant, j'en suis convaincue!

4/5

mardi, 03 octobre 2006

Un bon roman sur la Deuxième Guerre

Le Pianiste de Wladislaw Szpilmanmedium_pianiste.jpg

L'histoire de cet homme qui a réussi à survivre, par miracle, à l'extermination systématique des juifs de Varsovie m'a beaucoup touchée.  J'ai aimé sa façon de raconter sans apitoiement, sans mièvrerie.  Il a senti qu'il était inutile de trop en mettre, que les faits parlaient d'eux-même.
 
La survie de Szpilman est d'ailleurs assez incroyable! C'est un mélange d'instinct, de logique et de débrouillardise mais surtout d'énormément de chance.  En plus, cet homme avait une rapidité hors du commun à réagir correctemment.  Et durant toute la guerre, il a continué à se préoccuper de ne pas abimer ses mains, de s'assurer de pouvoir continuer à jouer.  C'est assez incroyable étant donné les situations dans lesquelles il devait survivre. 
 
Donc, j'ai beaucoup aimé ce livre même si le sujet n'est pas nouveau et l'écriture bien ordinaire.  Je considère qu'il vaut quand même le détour et qu'il est sans nul doute une belle lecture.

PS: Je vous recommande aussi le long métrage, réalisé par Roman Polanski, qui est lui aussi excellent.

4/5

dimanche, 03 septembre 2006

Une grosse erreur scientifique!

Le Clan de l’ours des cavernes de Jean Auel
Tome 1 de la série Les enfants de la Terre
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Il y a 35 000 ans, après une longue période glaciaire, la Terre se réchauffe. Ayla, une petite fille de 5 ans réchappe d'un tremblement de terre et est adoptée par un autre clan. Mais très vite, on découvre qu'elle est très différente de sa tribu adoptive ce qui étonne et inquiète. À travers tout cela, on en apprend aussi sur le mode de vie des hommes préhistoriques: comment ils fabriquaient armes et outils, comment ils vivaient, comment ils utilisaient le feu, etc.

J'avais lu les quatre premiers tomes de la série il y 10-15 ans et j'avais absolument adoré. À l'époque, j'aurais sûrement accordé un 4.5 ou un 5. Maintenant, après avoir relu le premier tome, je me demande bien ce que j'y ai trouvé! C'est tellement prévisible... Et puis les personnages sont tous "trop": trop bonne (Iza), trop intelligents (Ayla, Mog-ur), trop réfléchi (Brun), trop méchant (Broud). Bref, ils ont tous une particularité mais à l'extrême. En plus, plein de petits trucs m'ont royalement agacée. Au début du récit, se furent les descriptions de fabrication d'outils, de préparation de remèdes, etc. Mais le pire du pire c'est cette fausse affirmation selon laquelle le savoir se transmet de génération en génération. Tout se transmettait, il ne fallait que se le rappeller. Ben voyons donc!!! Est-ce qu'aucun des réviseurs n'avait de notions de génétique? Et pas un seul expert ? Les savoirs sont acquis pas innés. Conséquemment, ils ne peuvent se transmettre génétiquement! Donc, à toutes les fois où ce truc revenait sur le tapis, j'avais un pincement. Et comme, ça revenait toujours sur le tapis, eh bien j'étais agacée toutes les 4-5 pages. Heureusement qu'on réussissait à s'attacher aux personnages malgré tout, sinon je ne l'aurais pas terminé.

Donc 3/5 mais je suis généreuse !

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