vendredi, 06 mars 2009

L'autre côté de la médaille

Les Filles tombées de Micheline Lachancefilles tombees.jpg

Ce roman qui traite du même sujet et de la même époque que la célèbre trilogie Les Accoucheuses est en même temps très différent de la série, principalement par qu’on y voit l’autre côté de la médaille, le sort de celles qui venaient mettre leur enfant au monde dans les centres pour filles-mères. Toutefois, on y retrouve la même ambiance et le même regard d’une société peu tolérante, pleine de principes rigides et qui condamne la pauvre fille enceinte, peu importe les circonstances de sa grossesse.

Je vous résume brièvement l’intrigue. À l’approche de ses 18 ans, Rose décide de découvrir ses origines et d’éclaircir le mystère de sa naissance, elle qui a été élevée par les religieuses dans un orphelinat. Véritable détective et tête de mule, elle colle peu à peu des indices aux quelques informations qu’elle possède : sa mère l’a mise au monde dans un centre pour filles-mères, à Montréal, le 8 juillet 1852. À peu près au même moment, trois autres filles s'apprêtaient à accoucher au même endroit. Elle découvre ensuite le nom des quatre mères potentielles : Noémi, une petite bonne morte en couche, Mathilde, une fille de banquier, Elvire, une prostituée et Mary, qui débarquait à peine du bateau en provenance d’Irlande. Avec ces quelques indices, elle débutera son enquête en rencontrant toutes ces femmes et leur entourage. Elle apprendra aussi pourquoi on la surnomme la fille des empoisonneuses – puisque ces femmes sont soupçonnées d’avoir tué le médecin incompétent qui avait mal soigné Noémi.

Au passage, Micheline Lachance explore aussi le sort des filles-mères au 19e siècle. Elle nous fait découvrir la honte et la culpabilité avec lesquelles elles ont dû vivre suite à l’abandon de leur enfant, sans compter la pauvreté et la misère qui les guettaient. Elle rend aussi un bel hommage à l’une des courageuses qui a osé braver les préjugés et les difficultés afin de fonder l'Hospice de Sainte-Pélagie : Rosalie Jetté.

C’est un roman que j’ai lu très rapidement, emportée par l’enquête de Rose. Les aspects historiques sont très bien intégrés à la fiction et jamais on n’a l’impression que les deux aspects ne s’emboîtent pas. Par contre, l’enquête « adonne » vraiment bien, trop souvent. Les coïncidences sont trop nombreuses pour ne pas nous faire sourciller. Trop de gens sont amis avec d’autres amis et facilitent drôlement l’enquête de notre jeune orpheline. Mais malgré ce défaut qu’on pardonne bien vite, nous avons tout de même un roman très intéressant que j’ai pris plaisir à dévorer.

Un très bon moment de lecture!

4/5

Québec Amérique, octobre 2008, 438 pages.