jeudi, 26 février 2009

Un retour vers cette auteure que j'aime tant

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Tsuyoshi Toda a vu son père pour la dernière fois en 1942. Il venait de partir en Manchourie, en Chine, avec tout le reste de la famille afin d’y travailler. À la fin de la guerre, il a été déporté en Sibérie. Et depuis ce temps, personne ne l’a revu et on n’a reçu aucune nouvelle. Alors que toute la famille le croit mort, la mère de Tsuyoshi, qui sombre peu à peu dans l’Alzheimer, continue de croire qu’il est vivant et qu’il reviendra. Par le plus grand des hasards, notre héros apprend que son géniteur est toujours vivant et qu’il vit même tout près. Après avoir contacté son père, il le rencontrera seul à seul et apprendra les secrets qui se cachent derrière cette disparition.

Fidèle à ses précédents romans, Aki Shimazaki nous offre une œuvre dans laquelle il faut savoir lire entre les lignes. Avec une économie de mots comme elle seule sait le faire, elle crée une histoire pourtant riche en émotions. Elle nous permet aussi d’en apprendre plus sur l’histoire récente de son pays d’origine. En effet, plus souvent qu’autrement, nous n’avons eu que la version nord-américaine de la deuxième guerre mondiale et nous connaissons peu ce qu’elle a été pour les japonais. C’est donc par ce roman que j’ai exploré les relations tendues que le Japon a eues avec les États-Unis (ce qui est assez compréhensible) mais aussi avec l’URSS (ce que je n’aurais pas soupçonné). J’ai aussi été surprise d’apprendre que même les manuels scolaires japonais négligeaient de parler de la déportation de japonais en URSS. Ce roman nous permet donc de combler nos lacunes sur l’histoire tout en contentant notre envie d’histoires fortes.

C’est donc avec bonheur que je me suis à nouveau laissée transporter par les mots d’Aki Shimazaki.

4/5

Leméac/Actes Sud, février 2009, 150 pages.

Vous pouvez aussi lire mes critiques d’autres œuvres de l’auteur ici.