mardi, 10 février 2009

Quand on n'a pas peur de bousculer les conventions et la pensée de son époque

Les accoucheuses - tome 2 : La révolte d’Anne-Marie Sicotteaccoucheuses 2.jpg

Ce tome est la suite de La fierté qui m’avait tant passionnée l’été dernier. Cette saga historique met en vedette deux sages-femmes hors du commun : Flavie et sa mère Léonie. Dans ce deuxième volume, les conflits et les tensions s’accentuent entre les sages-femmes et les médecins. Je dirais même que c’est une guerre de tranchées où tous les coups sont permis. Et les relations ne sont pas plus aisées avec les dames patronnesses ou le clergé, car les sages-femmes sont très revendicatrices et heurtent bien des préjugés et des conceptions concernant la place et le rôle des hommes et des femmes dans la société.

Qui plus est, maintenant mariée, Flavie tente de concilier sa pratique de sage-femme et ses ambitions (parfois démesurées) avec son rôle d’épouse et les attentes de son mari. De son côté, Bastien, son mari, doit composer avec le regard de ses collègues sur son association professionnelle avec son épouse et la liberté d’action qu’il lui laisse. Quant à elle, Léonie poursuit son travail à la Société compatissante de Montréal où les tensions avec le clergé et les médecins sont de plus en plus exacerbées.

Au départ, dans l’enthousiasme du premier tome, j’ai dévoré tout aussi rapidement le deuxième. Puis, au fil des pages, j’ai eu l’impression que la sauce s’étirait un peu trop, que le roman aurait gagné en substance si on n’avait pas autant insisté sur certains aspects comme l’émancipation de Flavie. À certains moments, je dois même avouer qu’elle m’exaspérait avec son refus de comprendre le point de vue des autres. Heureusement, la fin approchant, l’intrigue c’est resserrée et mon plaisir de lecture est revenu. J’ai apprécié vivre les luttes de ces femmes de tête du 19e siècle. Tellement que j’ai lu un autre roman sur ce sujet : Les filles tombées de Micheline Lachance dont je vous parlerai bientôt. J’ai aussi adoré découvrir l’histoire de Montréal au 19e siècle. Une époque sur laquelle les écrivains se sont moins penchés contrairement à la colonisation et à la fondation de la métropole.

J’ai donc très hâte de lire le tome 3 et j’espère qu’il terminera en beauté cette série!

3.5/5

VLB, octobre 2007, 845 pages.

Ma critique du premier tome

Venise l’a aussi lu, a été transportée et nous a fait rêvé avec elle.