dimanche, 23 avril 2006

Voyage au coeur des contrées nordiques

Ne te retourne pas de Karin Fossum

L'inspecteur Sejer est appelé concernant la disparition d'une petite fille de 6 ans, Ragnild. Mais finalement, quelques heures plus tard elle est ramenée à la maison par Raymond, le simplet du village, qui l'avait amenée voir ses lapins. Mais voilà que le lendemain, la petite fille raconte à sa mère que sur le chemin du retour, elle a vu une jeune fille nue, allongée près de l'étang. Il s'agit du cadavre d'une adolescente de 15 ans, Annie Holland. Et voilà que démarre l'enquête, une enquête pas nécéssairement facile car dans les petits villages, tout le monde connait tout le monde et leurs petits travers. L'enquête piétine car Annie semblait être appréciée de tous et mener une vie exemplaire. Jusqu'à ce que l'inspecteur découvre qu'Annie l'extravertie s'était renfermée quelques mois plutôt. Que cachait-elle ?

Dès le départ, l'auteur nous entraîne sur des pistes qui nous mènent dans toutes les directions. Et on y prend plaisir, on la suit avec enthousiasme tout en se demandant où tout cela va nous mener. On apprend à connaître les petits secrets des villageois, on découvre les paysages de la Norvège, on se familiarise avec le tutoiement, une coutume déstabilisante au départ. Puis vers le milieu du récit, l'histoire s'essoufle et on perd l'intérêt. Dommage! Mais heureusement, la sauce finit par reprendre et la finale nous tient en haleine.

Au final, on se dit que c'était un polar charmant mais qu'il aurait pu être retravaillé dans sa portion médiane, ce qui nous aurait donné un roman du tonnerre!

3.5/5

samedi, 22 avril 2006

Une tension à couper au couteau

Le Banni de Selma Lagerlof

Sur une île quasi déserte de la Suède, un fils revient chez ses parents qui l'avaient confiés à des parents adoptifs. S'il revient, c'est qu'il s'est déshonoré lors d'une excursion dans le Grand Nord qui a tourné au désastre. Il deviendra l'objet du mépris de tous ceux qu'il rencontrera, malgré un comportement et une attitude irréprochables, à la limite de la sainteté...

Ce roman prend du temps à démarrer, principalement à cause du fait que l'auteur prend soin de bien installer ses personnages. Toutefois, une fois que l'histoire démarre, on n'arrive plus à la lâcher. L'auteur crée un climat tendu, un suspense palpable qui nous maintient constamment sur la corde raide. Bien que tourmentés, tordus et étranges, les protagonistes m'ont passionnée. J'ai aussi eu l'impression de réellement me trouver au milieu des régions rurales et rocailleuses de la Suède profonde du début du siècle. Vraiment dépaysant...

Une lecture que je vous recommande!

4/5

vendredi, 21 avril 2006

Un incontournable de la littérature policière

Nécropolis d'Herbert Lieberman

Paul Konig est médecin-chef de L'Institut Médico-Légal de New York. Déjà un bourreau de travail, il se retrouve soudain au coeur d'une histoire complètement horrible qui l'oblige à travailler comme un fou, alors qu'il vit en plus un situation familiale difficile. Je n'ose pas en dire plus car ce serait révéler ce qui fait la magie de ce roman.

Nécropolis m'a beaucoup déroutée. C'est un roman paradoxal. Bien que ce soit un roman policier, je n'avais pas l'impression d'en lire un... Oui, il y avait une intrigue policière mais c'était bien plus que ça. Des personnages touffus, étoffés. Un héros qu'on avait de la difficulté à aimer à cause de son mauvais caractère mais en même temps sympathique. Plusieurs histoires qui s'entrecroisent dans une intrigue qui maintient notre intérêt continuellement. Un roman très recherché où on sent que l'auteur connait son sujet. Bref, un roman qui a toutes les qualités d'un bon roman policier.

Paradoxal, le roman le fut aussi en ce qui a trait à mon appréciation. C'est une histoire que j'avais toujours envie de lire mais en même temps, je n'ai pas senti l'envie folle de rester suspendue à mon livre. Et c'est étrange car même si j'ai beaucoup aimé, je n'ai pas ressenti de coup de foudre avec feu d'artifice... Et pourtant, je vois bien qu'il a toutes les qualités pour en être un.

Mais je le répète, il s'agit d'un très bon roman que j'ai beaucoup apprécié.

4.5/5

jeudi, 20 avril 2006

Si vous aimez la mer...

Falk de Joseph Conrad

Falk raconte l'histoire d'un capitaine de navire qui doit faire remorquer son bateau pour pouvoir sortir du port d'une petite ville d'Asie. Or, dans cette ville, il n'y a qu'un seul remorqueur (Falk) et celui-ci refuse catégoriquement de faire affaire avec le capitaine, pour une raison inconnue. Il finira par découvrir que c'est parce qu'on le croit en compétition pour le coeur d'une jeune demoiselle. Il usera donc de son influence pour qu'un mariage se produise, malgré le terrible secret de Falk, que je ne peux dévoiler sans enlever du punch au récit.

Durant les 50 premières pages, je ne peux pas dire que l'histoire m'ait emballée. C'était bien mais pas extraordinaire. Et tout à coup, l'histoire m'a happée, je ne pouvais plus lâcher le livre! Le dénouement est pour le moins surprenant! Et, il nous porte beaucoup à réfléchir sur nos valeurs, notre philosophie de la vie. On se demande comment on réagirait en pareilles circonstances. Je vous conseille cette lecture surprenante qui fait environ 100 pages qui fut pour moi tout sauf conventionnelle.

4/5

mardi, 18 avril 2006

Un roman étonnant!

Dans les coulisses du musée de Kate Atkinson

Ce roman m'a beaucoup surprise car ce n'était absolument ce à quoi je m'attendais! C'est étrange les impressions qu'on peut avoir sur un roman suite aux critiques lues par ci, par là...

Un roman où Ruby, une héroïne peu commune prend la vedette. En fait ce petit bout de femme a des dons un peu surnaturels qui lui permettent de voir et sentir ce que d'autres ne percoivent pas. Avec ses yeux, c'est l'histoire de sa famille, sur près d'un siècle qui nous est racontée. Et de quelle façon!

J'ai adoré le ton décapant de Kate Atkinson ainsi que les personnages qu'elle mettait en scène. Des femmes avec un vécu douloureux mais qui ne s'apitoient pas trop sur leur sort. Elle montre aussi très bien comment le malheur s'acharne parfois sur certaines familles sans pour autant les faire paraître misérables. Mais ce que j'ai le plus apprécié, c'est l'humour décapant de ces femmes, des épouses qui trouvent le tour de rigoler de leur quotidien si ennuyeux. Un humour qui les empêche de sombrer dans la mélancolie et la déprime. C'est un bel exemple de philosophie de vie.

Par contre, l'alternance entre le présent et le passé sans qu'une chronologie ou une certaine logique soit adoptée m'a beaucoup agacée. La multitude de personnages rendait aussi la lecture parfois difficile et confuse, au point qu'à certains moments, on ne savait plus qui était le fils de qui... Bref, ça m'a agacée jusqu'à la fin ou presque.

Mais il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'un très bon roman que je recommande à tous ceux qui aiment les sagas et l'humour british! Et aux autres aussi!

4/5

lundi, 17 avril 2006

Angoisse quand tu nous tiens!


Depuis plusieurs jours, l'anxiété est mon lot. Rigolez pas! Surtout que ce n'est pas mon genre habituellement... Bon je m'explique. Depuis quelques semaines, j'avais la chance (pas toujours de la chance en fait mais bon je digresse là) d'avoir une stagiaire dans ma classe. Du coup, ça me faisait pas mal moins de boulot. Plus rien en fait! Pas de correction, pas de cours à préparer, juste un peu de supervision et de conseils à donner. Rien pour me faire mourir à l'ouvrage donc. La conséquence de tout ça? J'avais beaucoup de temps pour lire et j'avais donc repris mon rythme de lecture des dernières années, contrairement aux 6 derniers mois où ce fut presque le vide intersidéral... Car j'avais continuellement l'impression de manquer de temps et c'est la lecture qui écopait toujours.

Mais là où le bât blesse c'est que le stage est maintenant terminé. Dès demain, retour au boulot avec la charge de travail qui vient avec. Et là j'angoisse! Est-ce que je vais à nouveau retomber dans le néant livresque? J'ai pas envie! J'ai tout plein de lectures en attente qui me font envie.

Alors je vous demande. Comment vous faites pour trouver du temps de lecture? J'ai besoin de votre aide, mais je vous mets quand même des contraintes. Ben quoi vous n'imaginez quand même pas ça sera facile! Il faut un peu de défi non? Donc, faut que ça soit des moments calmes. Sinon, pas moyen de me concentrer, je suis bien trop curieuse! :P

Alors, vous voulez m'aider à apaiser mon angoisse?

Rafraîchissant!

J'ai de mauvaises nouvelles pour vous... de Suzanne Myre

Un recueil de nouvelles ayant pour thème les relations hommes-femmes. Évidemment, l'auteure y aborde les différents aspects où ça accroche. Elle rit de nos travers et d'ailleurs nous aussi on en rit! Et pas juste un peu. Elle utilise beaucoup l'ironie et j'avoue que ça m'a beaucoup plu. Le petit ton pince-sans-rire ça me fait toujours rigoler. Elle maltraite un peu ses héros et ses héroïnes mais on sent bien que ce n'est jamais méchant. D'une certaine façon, elle essaie de les faire grandir.

Hum... J'ai l'impression de ne pas être très claire... En tout cas, je peux être claire pour une chose. Ce recueil de nouvelles vaut absolument la peine d'être lu. Il est tout simplement génial même si je dois avouer avoir eu un faible pour les nouvelles un peu plus longues, où les personnages étaient beaucoup plus développés. Vraiment, Suzanne Myre est une auteure à découvrir!

4.5/5

Note: Cette critique ayant été écrite au moment où j'ai lu le livre (en juin dernier), n'allez surtout pas vous imaginer qu'il fait présentement assez chaud pour se baigner! ;)

PS: Pour vous prouver à quel point le ton du recueil est réaliste, je dois partager une petite anecdote avec vous... Hier c'était la canicule et à la fin des classes, nous nous sommes retrouvés, quelques profs autour d'une piscine... Le rosé aidant, on s'est mis à faire les fous et un de mes amis (masculin) s'est mis à jouer à la nageuse synchronisée. Imaginez le portrait: un gars velu qui fait des acrobaties à la Sylvie Fréchette. On s'est bien bidonnés. Et là, hier soir à l'heure du dodo, j'ouvre mon recueil, et je tombe sur le passage suivant dans la première page que je lis.

"Le voilà qui se met à batifoler sérieusement, la casquette prend le bord, Esther Williams, Sylvie Fréchette et les autres peuvent aller se rhabiller, il est fantastique. Peu à peu, vous découvrez une jambe dont les orteils pointent vers le ciel, deux bras joints au-dessus de la tête, un torse musclé jaillit comme une fusée hors de l'eau sans même une éclaboussure. Mon Dieu, vous êtes en train de craquer pour une danseuse aquatique poilue!"

Incroyable le hasard!!! Non?

jeudi, 13 avril 2006

Décidemment, c'est ma période polars!

Recherchée de Karin Alvtegen

Sibylla est une sans-abri même si pourtant elle provient d'une famille bourgeoise. Une famille aisée certes mais qui l'a pourtant cruellement privée d'amour, d'estime mais surtout d'écoute et d'attention. Après un séjour à l'hopital, puis en institut psychiatrique, elle erre et finit par arriver à Stockholm où elle passera plus de 15 ans, sans domicile fixe. Pour adoucir son quotidien, elle trompe parfois les hommes en leur extorquant une nuit dans des hôtels chics. Mais c'est jusqu'à ce que l'un d'entre eux meure et qu'elle se voit accusée du meurtre. Dorénavant recherchée pour un crime qu'elle n'a pas commis et convaincue que si elle se rend, on ne l'innocentera pas, elle tentera d'échapper aux autorités tout en voulant trouver les preuves qui la disculperont.

Comme c'est agréable de se retrouver, encore une fois dans l'univers suédois! Et quand en plus, c'est dans un roman intéressant, je suis comblée. Mme Alvetegen, petite-fille du célèbre Lindgren, nous offre un roman qui, sans révolutionner le genre, est bien écrit et a une intrigue policière efficace. Le fait de mettre en scène une SDF est aussi original en soi puisque c'est plutôt rare dans un roman policier. Le suspense sans être insoutenable, nous donne envie de terminer rapidement notre lecture. Un bémol toutefois. J'aurais préféré que la finale soit un peu moins hâtive. Elle m'a laissée l'impression d'arriver tout d'un coup, comme si l'auteur était pressée d'en finir alors qu'au départ, elle avait pris son temps, bien installé son intrigue. Mais bon, ça n'enlève pas l'intérêt du roman!

4/5

mercredi, 12 avril 2006

Pour celui là, vous pouvez passer votre tour...

Quatre soldats d'Hubert Mingarelli

Pendant la première guerre, des soldats russes passent l'hiver et le début du printemps dans un camp de fortune en forêt. Un hiver où on se contente de peu et où on se débrouille avec les moyens du bord, l'armée russe n'étant pas très généreuse avec ses soldats. On suit donc ces hommes simples, peu instruits qui essaient de passer le temps du mieux qu'ils peuvent et de se faire du bien avec de petits plaisirs tout simples. On découvre aussi les liens d'amitié qui se tissent entre ces hommes différents. En attendant que les combats reprennent...

Suite aux belles critiques, je m'attendais à tout autre chose. Mais, surtout, à plus! En fait, j'ai surtout été déçue... C'est vrai que le style de Mingarelli convient tout à fait à l'intrigue et à ses protagonistes. Et à mon avis c'est ce qui sauve la mise et qui m'a pemis d'aller jusqu'au bout de ce tout petit livre. Parce que pour ce qui est de l'intrigue, on repassera. Il ne se passe strictement rien. Et encore, raconté autrement, ça pourrait passer. Mais ici, c'est sans intérêt. Les petites joies de nos soldats, ça ne nous intéresse pas. Il manque un petit quelque chose qui donne envie d'en savoir plus, d'aller plus loin dans notre lecture. Comme ça se lit très rapidement, on enfile les pages. Mais c'est mécanique, machinal. Et à la toute fin, on se demande pourquoi on l'a terminé...

Prix Médicis 2003

2.5/5

L'avis de Cuné sur ce roman

mardi, 11 avril 2006

Vermeer dans toute sa splendeur!

Jeune fille en bleu jacinthe de Susan Vreeland

Le roman retrace le parcours d'un tableau de Vermeer - Jeune fille en bleu jacinthe - à travers le lien et l'impact qu'il a eu avec sur différents propriétaires. À rebours, du plus récent au plus ancien, on explore l'importance du tableau dans la vie de ces gens, sa valeur symbolique, ce qu'il représentait pour eux et les émotions qu'il suscitait. Plus qu'un récit, c'est une exploration des moeurs de différentes époques et de diverses classes sociales. Le tableau passe ainsi entre les mains d'un professeur de mathématiques, d'une famille juive pendant la deuxième guerre, d'une famille de paysans hollandais, d'un boulanger et de la seconde fille de Vermeer, Magdalena, qui rêva toute sa vie de pouvoir peindre. Mais surtout c'est un hymne à l'art et à sa beauté.

L'oeuvre est surprenante de sensibilité, sans tomber dans la complaisance ou la mièvrerie. L'auteur exprime avec talent et finesse les émotions et les moeurs des différentes époques. On ressent un peu la même impression que dans le film Le violon rouge.

C'est une oeuvre tranquille et puissante à la foi. Mais surtout, un bel hommage à un de nos grands maîtres!

4/5

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