lundi, 31 juillet 2006

Bord de mer me voilà!!!

Alors c'est maintenant mon tour de vous abandonner pour quelque temps, histoire d'aller recharger mes batteries, de respirer de grands bols d'air salin et de me tremper les orteils dans l'eau froide du Golfe St-Laurent.

À travers tout ça, j'espère avoir le temps de lire un peu afin de vous livrer quelques critiques à mon retour.

À bientôt!

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dimanche, 30 juillet 2006

Quand la vie est une épreuve...

Le temps de la colère de Tawni O'Dellmedium_temps_colere.jpg

Harley élève seul ses trois soeurs depuis que sa mère a été emprisonnée pour le meurtre de son père. Une tâche bien difficile quand on n'a que 19 ans, qu'on vient d'un tout petit patelin et que notre famille n'a rien d'un modèle... Dans ce roman, pas de tendresse et de vision embellie de l'enfance, on est au coeur de la misère humaine, parmi ceux qui luttent à chaque heure du jour pour survivre. Et c'est ce que tente de faire Harley même si les secrets de famille qu'il préférerait ne pas voir finissent par le rattrapper...

Voilà une histoire qui ne fait pas dans la dentelle mais que j'ai beaucoup appréciée. Et si ça m'a pris un temps fou pour le lire, ce n'est absolument pas parce qu'il était inintéressant. Je me suis attachée à ce héros plein de défauts et de contradictions qui au fond, essaie du mieux qu'il peut avec le bagage qu'il a. À bien des points de vue, il m'a rappelé les jeunes que je côtoie tous les jours... Des jeunes qui essaient de s'en tirer même s'ils commencent leur vie avec 2 ou 3 prises à leur actif...

C'est un roman qui m'a beaucoup émue et que j'ai trouvé très juste, même si ce qu'on y découvre est loin d'être facile à digérer. Il n'en reste pas moins que c'est le quotidien de bien des gens, et beaucoup plus qu'on ne le pense...

4/5

samedi, 29 juillet 2006

Chacun s'occupe de ses affaires...

Chronique d'une mort annoncée de Gabriel Garcia Marquezmedium_chronique_mort_annoncee.jpg

Deux frères décident de venger l'honneur de leur soeur en tuant son prétendu amant, alors que tous les gens du village sont au courant de leurs intentions.

Cette intrigue, nous la connaissons dès les premières pages du romans. Et pourtant, notre intérêt est maintenu tout au long de la lecture. Par une habile distillation des indices, Garcia Marquez nous permet de mettre en place les éléments qui ont mené les deux hommes à vouloir commettre ce méfait. Il nous impressionne aussi par des personnages qui n'agissent pas, malgré qu'ils sachent qu'un meurtre sera commis. Bref, il met en scène des gens qui nous stupéfient par leur inaction... Cela m'a frustrée à quelques reprises, j'aurais bien aimé pouvoir leur donné un ou deux coups de pieds bien placés pour les réveiller. Mais bon c'est aussi ce qui fait le charme du roman!

3.75/5

vendredi, 28 juillet 2006

Préparez-vous à faire des cauchemars!

L'enfer du rêve de Graham Joycemedium_enfer_reve.jpg

En 1974, quatre jeunes étudiants d'horizons très divers acceptent de participer à une expérience scientifique encadrée par un vieux professeur : l'univers des rêves concients et dirigés. Chacun a des raisons différentes d'avoir choisi d'y être mais tous le font de leur plein gré.

Un peu plus de vingt ans après, les mêmes personnes que la vie a séparé se retrouvent. Poussés par une force qu'ils n'arrivent pas à comprendre, ils subissent ensemble des événements terrifiants.... Et nous aussi par la même ocasion!

Depuis quelques temps, je fais des rêves souvent bizarres. Et en plusieurs occasions, j'ai vécu des situations que j'avais rêvées, à tel point que je pouvais prédire ce que les gens allaient dire ou faire très exactement. Alors forcément, même si j'ai un côté rationnel très très présent, je n'ai pu m'empêcher de me reconnaître dans ce livre et d'être touchée par ce que vivaient les quatre héros, de m'identifier à ce qu'ils vivaient et subissaient.

Tout au long de la lecture, la tension et l'angoisse étaient présentes. Je ne dirais pas qu'on nous livre un roman d'horreur mais très certainement un suspense ou un thriller fantastique. Et le suspense est si habilement mené que j'ai même rêvé de l'histoire, à mon grand désespoir...

Par contre, j'ai trouvé que l'édition que j'avais entre les mains était bâclée. Non mais, mélanger les noms de personnages, faut le faire!!! Et en créer de nouveaux l'espace de quelques répliques, c'était possible de l'éviter...

Mais ça reste un excellent moment de lecture car ces défauts ne m'ont pas empêcher de passer un excellent moment de lecture.

4.5/5

jeudi, 27 juillet 2006

Sur la route

Volkswagen Blues de Jacques Poulinmedium_volkswagen_blues.2.jpg

Volkswagen Blues c'est en quelque sorte la version littéraire d'un road movie. Un périple dans lequel on suit Jack Waterman, un écrivain en panne d'inspiration, qui part à la recherche de son frère Théo qu'il a perdu de vue depuis 20 ans. Au volant de son vieux camping-car Volkswagen, il part de Gaspé avec pour seul repère quelques indices tirés d'une vieille carte postale de Théo. En fait, c'est une sorte de chasse au trésor au bout de laquelle il trouvera peut-être son frère. En chemin, il fera la connaissance de la Grande Sauterelle, une métis qui faisait de l'auto-stop et qui l'accompagnera finalement jusqu'au bout de sa route. Ils traverseront donc l'Amérique d'est en ouest, en suivant le Mississipi et la route des pionniers de l'Orégon pour finalement achever leur voyage à San Francisco.

Plus qu'une succession de descriptions du continent nord-américain, c'est aussi une métamorphose de nos personnages. Un homme et une femme qui apprendront sur eux-mêmes tout au long de leur route. Donc, en plus de découvrir l'histoire et les paysages de ces régions, nous voyons aussi nos deux héros se transformer et évoluer. Bien évidemment, cela a pour effet de nous les faire adorer et très vite, on se surprend à être aussi fébrile qu'eux et à anticiper le dénouement de leur quête.

Voilà donc un roman bien sympathique et tout à fait d'actualité en cette saison estivale puisqu'il nous donne envie de partir sur leurs traces. Dommage que les vacances soient déjà planifiées...

4/5

Les yeux bleus de Mistassini de Jacques Poulinmedium_yeux_bleus_mistassini.jpg
 
Jacques Poulin rend ici un bel hommage à la littérature et à l'amour des livres.  En lisant ce roman, j'ai en quelque sorte, eu l'impression d'assister au testament de l'homme par personne interposée.  Comme s'il voulait nous faire partager son amour des livres avant de nous quitter.  J'ai eu l'impression que l'histoire était en fait autibiographique.  Peut-être est-ce une fausse impression?

Mais avant de livrer mes impressions plus en détails, un résumé s'impose... Jack Waterman, libraire et écrivain, est atteint de la maladie d'Alzheimer et sa vie part en morceaux. Heureusement, il va rencontrer Jimmy et sa soeur Mistassini qui l'assisteront à sa boutique mais aussi dans la vie de tous les jours.
Ce qui m'a le plus marquée et touchée dans ce roman, c'est la façon qu'al'auteur de présenter la vieillesse et surtout la transmission du savoir, des ainés aux plus jeunes.  Il montre la nécessité de ne pas laisser les connaissances se perdre, de les transmettre d'une génération à une autre.
 
Et puis, l'amour est aussi omniprésent dans ce livre.  L'amour fraternel mais aussi l'amour-amitié, comme celui entre Jack et les deux jeunes gens.  Comme quoi, l'amitié ne doit pas seulement exister entre gens de même génération.
 
Lisez Jacques Poulin, en plus de beaux sentiments et d'une belle atmosphère, vous aurez droit à une écriture simple et belle à la fois.

4.25/5

Les grandes marées de Jacques Poulinmedium_grandes_marees.jpg

Teddy, un traducteur de bandes-dessinées, se rend sur l'île Madame grâce à son patron qui l'y envoie afin qu'il soit heureux. Pour combler ses envies, chaque semaine ou presque, amène une nouvelle personne afin de combler un besoin qu'il a exprimé ou que le patron a perçu. Bientôt, l'île est pratiquement envahie et n'a vraiment plus rien d'une île déserte.

Pour moi, ce titre de Jacques Poulin ne fut pas un grand coup de coeur. Comme chaque fois, j'ai apprécié sa plume qui coule toute seule, comme si chaque mot était celui qu'il fallait. Par contre, aucune magie n'a opéré. Je n'ai pas réussi à m'attacher ou à éprouver de la sympathie pour un personnage. Rien ne me retenait à l'histoire, je la lisais machinalement. Rien de transcendant quoi... Pour moi, il s'agissait d'une histoire banale et sans intérêt même si racontée de belle façon.

Dommage, j'aurais tant voulu apprécier.

2.5/5

mercredi, 26 juillet 2006

L'autobiographie de Jésus-Christ

L'évangile selon le fils de Norman Mailermedium_evangile_fils.jpg

L'auteur, sous des airs d'autobiographie nous relate la vie de Jésus, de sa naissance à sa résurrection. Il le fait en utilisant les faits que nous connaissons tous et en y ajoutant quelques sentiments et impressions du principal intéressé.

Toutefois, je suis restée un peu froide face au procédé. Est-ce parce l'intrigue était déjà connue? Parce que finalement il y a peu de viande autour de l'os? Que les sentiments qu'on attribue à Jésus sont convenus et qu'on y avait déjà pensé par nous-même? Probablement un peu à cause de tout ça. Mais il reste que le roman ne m'a pas émue. Ça se lit bien mais c'est froid et donc ça ne m'a pas charmée. J'aurais aimé un peu plus de substance. C'était un peu trop factuel à mon goût. Pas mauvais comme lecture mais pas transcendant non plus.

3/5

mardi, 25 juillet 2006

Chefs-d'oeuvre sous le pilon

Une trop bruyante solitude de Bohumil Hrabalmedium_bruyante_solitude.jpg

L'histoire se déroule à Prague, pendant la Deuxième Guerre Mondiale, du temps où les livres étaient censurés. C'est donc par milliers, comme de vulgaires bouts de papiers inutiles, que sont détruits de grands chefs-d'oeuvre, afin d'éliminer la culture, cette grande subversive. Hanta est pressier depuis 35 ans, avec sa machine il détruit des livres et du papier qui sont destinés au recyclage. Il réussit à sauver un livre par-ci, par-là et donc, il est loin d'atteindre les quotas qu'on lui fixe.

Malheureusement, malgré un sujet qui m'intéressait beaucoup, je n'ai pas été touchée plus que ça par ce roman. Est-ce parce j'avais de grandes attentes après toutes ces critiques dithyrambiques? Peut-être... Mais il reste que je l'ai lu de façon très détachée, sans m'imprégner vraiment de l'histoire et des ses personnages.

Malgré tout, j'ai apprécié certains passages et certaines références, comme la peur de Hanta face à ceux qui négligent la culture et qui la détruisent sans émotion. Ou encore la tendresse qu'il a éprouvé pour sa petite tzigane.

Mais pour le reste, je suis restée froide malgré une belle écriture et de belles réflexions. Ça arrive parfois... La petite touche magique qu'on ne parvient pas à identifier n'est tout simplement pas là. Dommage...

3/5

lundi, 24 juillet 2006

Une belle fable aux couleurs de l'Afrique

La mort du roi Tsongor de Laurent Gaudémedium_mort_tsongor.jpg

Après une rude vie de conquérant, le roi Tsongor pense à se reposer et à s'occuper des siens. Il veut donc marier sa fille Samilia à Kouame, roi des terres de sel. Toute la capitale de son empire, Massaba, se prépare à la fête. Mais Sango Kerim, un premier fiancé oublié revient juste à ce moment, après avoir tenu sa promesse de faire fortune pour épouser sa belle. Très vite, on devine que la guerre est inévitable. Et en même temps le roi Tsongor s'éteint, juste après avoir fait faire une promesse à son fils Souba. Il lui confie la mission de parcourir le royaume pour y construire sept tombeaux, à l'image de ce que fut le vénéré et haïssable roi défunt.

Tout au long de cette fable, même si on ne situe jamais l'action, on se sent au coeur de l'Afrique, dans tout ce qu'elle a de magnifique et de rude. L'auteur réussit à nous imprégner de l'atmosphère.

On est aussi happé par l'histoire, malgré sa cruauté et sa rudesse. Pas de beaux sentiments ici, que des émotions à l'état brut et certainement pas les plus jolies. Et pourtant, on ne peut lâcher le roman. On ne peut s'empêcher de sympatiser avec les héros et de les comprendre. Un roman vrai, dans l'essence même de l'âme humaine.

Je viens de découvrir une plume qui me plait énormément et je lirai d'autres titres de Laurent Gaudé avec plaisir. D'ailleurs grâce à la promotion d'été sur Amazon.ca, je viens de faire l'achat de Le soleil des Scorta.

4.5/5

J'ai aussi lu Le soleil des Scorta et Eldorado.

dimanche, 23 juillet 2006

Malheureusement, ce n'est pas le meilleur titre de l'auteur...

Les commettants de Caridad d'Yves Thériaultmedium_commettants_caridad.2.jpg

L'histoire se passe en Espagne, plus précisément à Caridad, un petit village d'Andalousie à flanc de montagne. Burlòn manque d'être attaqué pour avoir tenté de protéger Herõn, un infirme que les villageois voulaient lapider. D'ailleurs, même l'infirme lui en veut d'avoir tenté de le sauver. Et bien sûr Burlòn n'y comprend rien. Il essaiera donc d'y voir plus clair en consultant la veuve Inez qui lui racontera l'histoire d'Herõn, liée de près aux habitants de Caridad.

Résumée ainsi l'histoire semble simple et touchante. Pourtant, j'ai eu un peu de difficulté à y adhérer. Pas que l'intrigue soit inintéressante, loin de là. C'est plutôt le style que l'auteur a choisi qui a rendu ma lecture ardue. Son écriture est très floue et on se perd rapidement dans les méandres des réflexions des protagonistes qui sont insérées au travers des événements. Sans une grande concentration, on perd le fil et il faut reprendre la page ou le paragraphe. Ce qui est vraiment dommage car cela diminue beaucoup le plaisir de lecture. Par contre, bien concentré, la lecture nous transporte.

Même si l'écriture est un peu difficile à suivre, on ressent très bien la chaleur du climat espagnol ainsi que la façon d'être des habitants de ces villages isolés. Cet aspect, l'auteur a su le transposer avec brio.

En somme, il s'agit d'une lecture intéressante car certains aspects typiques et certains thèmes de prédilection de l'auteur y sont présents. Donc, comme je l'adore, j'y ai tout de même trouvé un certain plaisir. Par contre, ce ne fut pas une lecture aussi agréable que pour d'autres ouvrages. Pourtant, on dit que c'est une des oeuvres majeures d'Yves Thériault...

3.5/5

Les critiques d'autres ouvrages de l'auteur:

Agaguk
L'Appelante
Ashini
Contes pour un homme seul
Cul-de-sac
Le dernier havre
La Fille laide
Les vendeurs du temple

samedi, 22 juillet 2006

Un auteur à surveiller!

Nikolski de Nicolas Dicknermedium_nikolski.2.jpg

Nikolski, c'est l'histoire de 3 jeunes gens qui semblent n'avoir rien en commun et qui ne devraient pas se rencontrer. Pourtant, leurs vies vont finir par se croiser. Il y a tout d'abord un jeune libraire, un peu bohème, qui a comme porte bonheur une boussole qui n'indique pas vraiment le nord, que son père absent lui a envoyé un jour. Il y a aussi Joyce, une jeune fille d'un village isolé de la Côte-Nord qui rêve de quitter son patelin où aucune route ne mène pour devenir pirate, comme ses ancêtres. Et finalement, il y a Noah, un métis nomade qui vit dans une roulotte avec sa mère et qui décide de quitter les Prairies canadiennes pour venir étudier à Montréal. Comme on le voit, tout sépare ces trois jeunes. Pourtant, il y a un lien entre eux.

Depuis sa sortie, les critiques de ce livres ont été dityrambiques. L'écriture est toute simple en plus d'être fluide. Les morceaux du puzzle s'imbriquent les uns dans les autres, comme par magie. En fait, on ne croirait pas qu'il s'agit d'un premier roman tant les passages d'un personnage à l'autre se font en douceur et en toute logique. Il n'y a que la finale qui arrive un peu vite, comme si l'auteur avait voulu se dépêcher d'en finir. J'aurais aimé qu'il prenne le temps de l'étoffer, comme il l'a fait tout au long du livre. Mais ça n'a pas gâché pour autant mon plaisir de lecture et j'ai déjà hâte au prochain roman!

4/5

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