jeudi, 31 août 2006

Une autre belle plume québécoise

L'Homme des silences de Christiane Duchesnemedium_homme_silences.jpg

L'Homme des silences, c'est l'univers de Marie, une jeune orpheline qui a été adoptée par Pauline, une amie de ses parents décédés lors du naufrage de leur voilier. C'est aussi Michel, l'homme silencieux qui vit avec Marie et Pauline depuis que sa mère est morte, laissant seul le jeune homme d'une vingtaine d'années. Et c'est finalement le Chien, l'ami de Marie qui est né le jour où ses parents ont disparu.

Cet univers est un jour bouleversé par le départ de Michel. Mais le fantôme de Pierre, le père de Marie, tentera de recoller les morceaux de la vie de sa fille en venant lui parler. Il voyage à travers l'eau, le brouillard et l'humidité afin de continuer à entourer sa fille de son affection...

Raconté comme cela, le livre a presque l'air d'une oeuvre fantastique et pourtant ce n'est absolument pas le cas. C'est plutôt un roman d'émotions transportées par les mots et les images. C'est une oeuvre toute en douceur, en sentiments et surtout en non-dits qu'on perçoit aisément.

C'est un roman qui met un baume sur le coeur...

4/5

lundi, 28 août 2006

Quand l'ambition nous mène...

Manana de Louis-Thomas Pelletiermedium_manana.2.jpg

À St-Perpétuel, un village paisible, un jeune policier entre en fonction. Ambitieux, le jeune homme cherche à faire ses preuves. Malheureusement, il ne se passe rien au village et ses chances de se distinguer et d'obtenir une promotion son quasiment nulles... Son seul espoir: l’arrestation de deux frères un peu simples d’esprit qui projettent de dévaliser la Caisse Populaire.

Le seul problème c'est que les deux criminels en puissance ont un grave problème de procrastination: ils remettent tout au lendemain, y compris leur cambriolage. Feignant la grandeur d'âme, il se lancera donc dans une mission de motivation pour apprendre aux deux lurons les joies de l'action.

Ce roman promettait d'être ironique et rigolo. Et je dois avouer que l'idée de départ me plaisait beaucoup. Je m'attendais à ce que ça grince, que ça écorche quelques susceptibilités... J'ai malheureusement été déçue. Car en fait, c'est une histoire très simpliste. Tellement que ça en est prévisible, ce qui enlève beaucoup de charme à l'oeuvre. Mais comme en plus on ne rit presque pas et que ça manque de punch, ça devient franchement décevant... Les seuls éléments qui m'ont plu: c'est très court et le style coule grâce à une plume toute en simplicité. Pour le reste, ça ne révolutionne rien.

2.5/5

dimanche, 27 août 2006

Les critiques sont parfois trompeuses...

Debout les morts de Fred Vargasmedium_debout_morts.jpg

L’apparition d’un hêtre dans le jardin de la cantatrice Sophia Siméonidis sert de point de départ à ce roman policier. Qui l’a mis là? Sophia demandera à ses voisins de creuser sous l’arbre car tout cela l’inquiète. Elle disparaîtra quelques jours plus tard. Puis d’autres meurtres viendront se rattacher à cette histoire. Les jeunes voisins et l’oncle d’un des trois, un vieux flic pourri à la retraite feront leur enquête en même temps que la police.

J’ai bien aimé ce policier même si je l’ai trouvé lent à démarrer. Les personnages sont intéressants, loin d’être parfaits et j’aime bien ça. Associer le tempérament, des 3 hommes à l’époque de l’histoire qu’ils étudient m’a beaucoup fait rire. Mais en même temps c’est probablement vrai dans la réalité. Ça m’a rappelé certains profs d’université! La fin est imprévisible même si tous les éléments pour arriver à la conclusion avaient été donnés. Bref j’ai assez aimé et je me risquerai probablement à lire un autre Vargas. Toutefois, je n'ai pas eu l'impression de lire un grand roman policier à la hauteur de tout le bien qu'on dit de l'auteur.

3/5

samedi, 26 août 2006

Un polar à la britannique

La Muselière de Minette Waltersmedium_museliere.jpg

Mathilda Gillespie était une vieille chipie que tout le monde se plaisait à détester. Elle n'hésitait jamais à être désagréable, à faire chanter les gens ou à faire de l'argent sur leur dos... Lorsqu'on la retrouve morte dans son bain avec une muselière ornée de fleurs sur la tête, l'inspecteur Cooper a bien du mal à croire à un suicide. Et son enquête lui révèle quantité de secrets qui lui rendent la tâche difficile, étant donné que bien des gens auraient des motifs pour le meurtre...

Bien que le roman soit un peu long à démarrer, j'ai beaucoup aimé. L'ambiance british y est pour quelque chose mais aussi la façon qu'a l'auteure de créer une histoire qui n'est pas simple mais qui reste crédible. Elle a le don de bien tisser sa toile afin qu'on ne puisse s'empêcher de dévorer le roman... On se prend aussi à s'attacher aux personnages, même s'ils ne sont pas si sympathiques que cela...

Un beau moment de lecture!

4.25/5

vendredi, 25 août 2006

Le tueur sympathique

Mister Candid de Jules Hardymedium_mister_candid.jpg

Charlie « Chum » Kane est un tueur en série que le FBI recherche depuis plus de dix-sept ans sans même parvenir à déterminer s’il existe vraiment ou s'il n’est qu’une légende urbaine, l'oeuvre de plusieurs meurtriers différents. Mais peu à peu certains événements sans lien apparent se produisent et l’étau se resserre. Mais le principal hic qui rend les preuves difficiles à accumuler, c’est que Charlie Kane, alias Mister Candid, est un meurtrier que bien des gens ont du mal à détester puisqu’il élimine les criminels sexuels les plus tordus... Dans le roman, on suivra aussi en parallèle l’histoire de sa famille et ce qui a mené à la très longue série de meurtres du criminel (plus de 90!!!)

Au départ, je m’attendais à un thriller dans le style John Grisham et cie. Et ce n’est vraiment pas ça! Mais ça ne veut pas dire que le suspense n’est pas efficace, loin de là… C’est plus subtil, plus fin. Jules Hardy crée le suspense en nous livrant le passé de Charlie au goutte à goutte. Et petit à petit les morceaux du puzzle s’emboîtent. Mais le plus étrange, c’est qu’on en vient à aimer le méchant, celui qui tue tous ces gens.

Deux éléments m’ont toutefois agacée... Dans l'intrigue, même s'il s'agit de deux styles différents, il y avait plusieurs éléments semblables à un autre roman que j'ai lu, 5150, rue des Ormes de Patrick Senécal. Un tueur en série qui tue les criminels, un père violent qui frappe le ventre de sa femme enceinte et celle-ci qui accouche d’un enfant déficient… Ça faisait un peu trop de coincidences. Et ensuite, la traduction un peu trop française à mon goût... Des trucs du genre, finir son bachot quand on parle de la fin des études secondaires, c’est pas tellement américain pour un roman qui se passe aux États-Unis! Alors pour ça, je retire 0.5.

4.5/5

jeudi, 24 août 2006

Les faits divers revus et corrigés

Dans le château de Barbe-Bleue de Maryse Choinière

Ce livre est en fait un tout petit recueil de nouvelles d'environ 50 pages. Des nouvelles librement inspirées par des faits divers et qui tournent toutes, ou presque, autour de la naissance et de la grossesse.

Je ne saurais dire ce qui m'a plu dans ce recueil puisque tout était flou, empreint de mystère et que bien souvent, je n'étais pas certaine d'avoir tout compris. Mais je crois que c'est justement ce qui fait le charme de cet ouvrage.

L'écriture est simple, cruelle parfois et laisse aussi place à l'imaginaire.

Une lecture rapide qui laisse sa marque et qui ma foi, ne fera plus voir les faits divers du même oeil!

4/5

mercredi, 23 août 2006

C'est la fin...

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Et oui, c'est aujourd'hui que vient de s'achever mon dernier jour de vacances... Demain, le boulot reprend ainsi que les journées avec un rythme accéléré, les cours à préparer, les travaux à corriger, etc... Il est donc possible que j'aie besoin d'adaptation et que les notes et les critiques se fassent un peu plus rares. Mais je ne vous abandonne pas!

Et puis je ne suis pas fâchée de recommencer à travailler. J'ai hâte de rencontrer mes nouveaux élèves! C'est un beau défi chaque fois.

Je me souhaite donc une belle année scolaire! :D Ainsi qu'à tous les autres enseignants, étudiants et parents.medium_tableau.gif

Un chinois à Montréal

Les lettres chinoises de Ying Chenmedium_lettres_chinoises.jpg

Yuan, un jeune homme de Shangai émigre à Montréal car il se sent étranger dans son propre pays. Il laisse derrière lui sa famille ainsi que sa fiancée Sassa, qui doit venir le rejoindre plus tard. Da Li, une consoeur de classe des amoureux, vient aussi s'installer à Montréal. Ce roman est en quelque sorte l'échange de courrier entre les trois jeunes chinois ainsi qu'avec leur famille. Il exprime les difficultés que vivent les immigrants, déracinés, sentant qu'ils ne sont plus comme ceux de leur pays mais pas non plus intégrés dans la société nord-américaine. C'est aussi une histoire de triangle amoureux, puisque Da Li est amoureuse de Yuan et l'écrit à Sassa.

Une histoire comme celle-ci aurait sûrement pu être extraordinaire. Le problème c'est que la magie n'opère pas. C'est bien écrit, l'intrigue est bonne mais c'est tout. On a du mal à sentir les émotions des protagonistes. On n'embarque jamais vraiment. Un peu comme dans les romans de Aude, l'écriture est simple sans fioriture mais ici, pas de magie. C'est triste car la trame aurait certainement permis que ce soit mieux réussi.

3/5

mardi, 22 août 2006

Préparez-vous à lire sans pouvoir arrêter!

L'Aliéniste de Caleb Carrmedium_alieniste.jpg

À New York en 1896, un meurtrier en série sévit et sème la terreur en mutilant les cadavres d'adolescents. Et pourtant, l'administration publique ne fait rien... Theodore Roosevelt, alors préfet décide de contacter des amis pour tenter de d'éclaircir le mystère: John Schuyler Moore, un chroniqueur criminel et Laszlo Kreizler, un aliéniste spécialiste des maladies mentales. En développant une méthode de travail différente, ils tenteront de dresser le profil psychologique de l'assassin, mettant ainsi au monde la science du profilage psychologique.

J'ai adoré cette histoire psycho-historico-politico-policière. L'auteur nous offre les premiers balbutiements de la science des "profilers" et c'est d'un grand intérêt. Et Caleb Carr sait créer des personnages crédibles et attachants ce qui rend le roman encore plus accrocheur. Sans compter l'histoire de la ville de New York en toile de fond qui en fait plus qu'un simple roman policier. Et les difficultés vécues pour l'intégration et l'acceptation des femmes dans le milieu méritent aussi d'être mentionnées. En somme, c'est un policier qui touche à une multitude d'aspects en relation avec l'époque et le milieu. Sans compter ce suspense qui nous tient en haleine une grande partie du récit.

Bref c'est un coup de génie! C'est un must pour quiconque est amateur de romans policiers.

4.5/5

lundi, 21 août 2006

Mon paradoxe

Tonino Benacquista est pour moi un paradoxe. Chaque fois que je prend un de ses romans dans mes mains, le résumé m'interpelle et me fait envie. Il faut que je le lise! Mais chaque fois aussi je suis déçue, la sauce ne prend pas... Du moins avec moi. Dommage, je voudrais tellement apprécier.

La commedia des ratés de Tonino Benacquistamedium_commedia_rates.jpg

Voici l'histoire d'une arnaque montée de toutes pièces mais qui ne se déroule pas tout à fait comme prévu. Dario, fils d'un immigrant italien mais surtout fainéant de première classe, revoit un ancien ami d'école, Antonio. Il lui demande de l'aider à écrire une lettre d'amour qui au bout du compte semble être une lettre d'adieux. Quelques jours plus tard, Dario est assassiné et Antonio hérite d'un vignoble que Dario venait d'acheter sur leur terre natale. Antonio passera aussi à un poil de se faire assassiner et ira voir pourquoi en Italie. Il découvrira que Dario avait une arnaque en tête et décidera de la réaliser, ce qui l'entraînera dans des aventures pour le moins risquées. Pour le reste, je vous laisse faire la découverte par vous-même...

Ce roman a gagné plusieurs prix lors de sa parution en 1991: le Grand Prix de la littérature policière, le trophée 813 du meilleur roman et le prix Mystère de la critique. Avec tant d'honneurs, on a des attentes élevées et on s'attend à une petite merveille. C'est peut-être la raison pour laquelle j'ai été un peu déçue. Pas que ça soit mauvais, loin de là. Mais ce n'est pas aussi extraordinaire que je me l'étais imaginé. C'est une lecture qui capte l'intérêt et garde le suspense, qui est bien ficelée et nous réserve des surprises mais selon moi, il manque le petit quelque chose qui en fait une vraie merveille digne d'autant de prix.

Un aspect intéressant du roman, c'est le côté satirique de l'auteur. On sent très bien sa désapprobation face à certaines mœurs de la société d'aujourd'hui mais tout est ironie et satire. Rien n'est jamais écrit noir sur blanc, il faut déduire, lire entre les lignes. Et j'adore ça.

Je vous cite un extrait pour illustrer mes propos. Ici, l'auteur se moque de gens continuellement rivés à leur téléviseur:
"- Vous allumez la télé, s'il-vous-plait Antonio ? Elle ne peut pas s'en passer. Je crains que sa connaissance du monde ne s'arrête à cette boîte à images.
- À cette heure-ci, il n'y a rien de bien, mais ça m'aide à faire la cuisine.
- Pardon ?
- Bien sûr... Tenez, je vais vous apprendre à faire une sauce à l'arrabbiata. Il est 19h45. Mettez la R.A.I.
Un jingle annonce une série de publicités.
- Mettez votre eau à bouillir, et au même moment, faites revenir une gousse d'ail entière dans une poêle bien chaude sur le feu d'à côté, jusqu'à la fin des pubs.
L'odeur de l'ail frémissant arrive jusqu'à moi. Les pubs se terminent. Elle me demande de zapper sur la Cinq, où un gars devant une carte de l'Italie nous prévoit 35 degrés pour demain.
- Dès qu'il commence la météo vous pouvez enlever la gousse de l'huile. On n'en a plus besoin, l'huile a pris tout son goût. Jetez vos tomates pelées dans la poêle. Quand il a terminé la météo, l'eau bout, vous y jetez les pennes. Mettez la Quatre.
Un présentateur de jeux, du public, des hôtesses, des dés géants, des chiffres qui s'allument, des candidats excités.
-Quand ils donnent le résultat du tirage au sort, vous pouvez tourner un peu la sauce, et rajouter une petite boîte de concentré de tomates, juste pour donner un peu de couleur, deux petits piments, pas plus, laissez le feu bien fort, évitez de couvrir, ça va gicler partout mais on dit qu'une sauce all'arrabbiata est réussie quand la cuisine est constellée de rouge. Passez sur la Deux.
Un feuilleton brésilien tourné en vidéo, deux amants compassés, s'engueulent dans un living.
- À la fin de l'épisode ce sera le journal télévisé, et on pourra passer à table. La sauce et les pâtes seront prêts exactement en même temps. Quinze minutes. Vous avez retenu ?"


Pathétique n'est-ce pas?

3.75/5


Saga de Tonino Benacquistamedium_saga.jpg

Quatre scénaristes sont recrutés par un producteur pour écrire un feuilleton télévisé destiné à occuper l'antenne pendant les heures creuses de la nuit. Comme il s'agit de remplir des quotas pour les subventions et que personne ou presque ne le regardera, ils ont carte blanche en autant qu'ils respectent un seul critère : coûter le moins cher possible tant pour les décors, que pour les acteurs ou le tournage. Grâce à cette liberté, ils créeront une histoire qui sera complètement folle mais qui aura aussi un succès inattendu, ce qui bouleverse bien des plans.

J'ai vraiment été déçue par ce roman... Pourtant, l'idée de départ était excellente et très originale. Et puis tout ça démarrait plutôt bien...

Le problème, c'est que plus on avançait dans l'histoire plus ça devenait soporifique. Pas moyen de s'attacher aux personnages. Et encore moins aux événements. Les péripéties s'enchaînaient sans que ça soit intéressant. Le style de l'auteur m'a semblé plate à mourir, d'un ennui... Et son ton satirique passait complètement à côté. Ce n'était ni drôle ni grinçant. Juste moche...

Alors un petit 2 pour l'idée bien trouvée mais le reste...

2/5

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