dimanche, 25 mars 2007

Une histoire de guerre

Quand on refuse on dit non d'Ahmadou Kouroumamedium_quand_refuse.2.jpg

Ce roman est la suite d'Allah n'est pas obligé qui mettait en vedette Birahima, l'enfant soldat. Maintenant démobilisé, le jeune garçon vit à Daloa, une ville du sud de la Côte-d'Ivoire. Il travaille comme crieur pour une compagnie de gbagas, des taxis-brousse. Mais surtout, il rêve à Fanta, une institutrice qui est aussi la fille d'un imam. Lorsque la guerre civile éclate, la jeune femme décide de fuir vers le nord et Birahima offre de l'accompagner et de lui servir de garde du corps. En chemin, elle lui apprendra l'histoire de son pays et le jeune garçon retiendra et interprétera ses propos à sa manière.

Ce roman, fut le dernier d'Ahmadou Kourouma puisqu'il est décédé avant de l'avoir achevé. Par plusieurs aspects, on y retrouve des éléments qui m'avaient plu au cours de ma précédente lecture. Toutefois, je n'y ai pas retrouvé la même magie. Le ton irrévérencieux du jeune garçon m'a semblé moins juste, plus artificiel. Par contre, encore une fois, j'ai pu en apprendre beaucoup sur l'histoire de l'Afrique, particulièrement celles de la Cote-d'Ivoire et du Burkina. Et ça j'adore! Donc, malgré un enthousiasme moins grand pour cette lecture, il est évident que je continuerai encore à lire sur le sujet, ça me passionne!

3/5

Lisez aussi ma critique d'Allah n'est pas obligé.

Quand bloguer rime avec être publié

Chaque bloggeur le sait, avoir son propre blogue vient de l'envie de partager avec d'autres. Pour certains bloggeurs, il s'agit aussi d'un moyen détourné pour être lu, faute d'éditeur. Pour d'autres c'est juste une envie de partager. Bien des aspirants écrivains, à défaut d'être publiés ont tenté l'aventure du blogue. Mais pour d'autres, c'est l'éditeur qui s'est tourné vers eux.

La maison d'édition québécoise Septentrion est au fait de cette nouvelle façon de partager et a décidé d'innover. Elle a publié récemment trois ouvrages qui sont en fait tirés de blogues, que vous connaissez peut-être... Je vous invite à lire l'article publié dans La Presse d'aujourd'hui pour en savoir plus.

Et voici aussi l'adresse de deux des blogues, si ça vous dit d'aller y jeter un oeil! :)
- Un taxi la nuit
- Chroniques d'une mère indigne

Quand les blogues font des bouquins

Chantal Guy
La Presse du 25 mars 2007

Ils écrivaient chacun pour soi. Est arrivé le blogue qui leur a permis d'être lus. Puis d'être reconnus. Et aujourd'hui, d'être publiés. Contrairement aux aspirants écrivains qui envoient leurs manuscrits avec l'espoir d'être retenus par une maison d'édition, eux, c'est la maison d'édition qui est venue les chercher!

Le 16 mars à la salle Belle Gueule des Brasseurs, la blogosphère québécoise fêtait deux événements : les sept ans de YULblog (l'une des plus anciennes réunions de blogueurs de la planète) et le lancement de la nouvelle collection Hamac-Carnets des éditions Septentrion, exclusivement réservée aux auteurs-blogueurs.

On se bousculait pour se procurer les bouquins et les signatures des auteurs, qui, voilà pas si longtemps, étaient de parfaits inconnus. Ils le sont toujours du vaste public qui ne fréquente pas les blogues, d'ailleurs. Mais plus pour longtemps, espère l'éditeur Gilles Herman. «Notre idée, c'est d'aller chercher les lecteurs traditionnels, car les lecteurs de blogues les ont déjà lus. Ces derniers veulent surtout l'objet, un souvenir.»

Dans l'univers de la blogosphère, ce sont des stars qui ont déjà leur bassin de lecteurs. Ce n'est pas pour rien qu'ils inaugurent la collection Hamac-Carnets : Caroline Allard (Les Chroniques d'une mère indigne), Sophie Bienvenu ( Lucie le chien) et Pierre-Léon Lalonde (Un taxi la nuit) ont fait quotidiennement le délice de lecture des internautes dans les dernières années. En racontant avec beaucoup d'humour les imperfections de la vie familiale, Les Chroniques d'une mère indigne est un véritable phénomène du Web. Le ton ludique de Lucie le chien (un blogue aujourd'hui fermé) a charmé ceux qui aiment voir la vie à travers les yeux d'un chien. Enfin, Un taxi la nuit, ce sont autant de petites histoires, de photographies et de réflexions accumulées au fil des nuits par un véritable chauffeur de taxi qui n'a vraiment rien à voir avec celui incarné par Patrick Huard dans Taxi 22.


Du virtuel au matériel

Aucun des trois auteurs n'aurait rêvé voir un jour son blogue passer au format papier, même s'il y a toujours une graine d'écrivain en chaque blogueur. Par contre, Pierre-Léon et Caroline, qui apprécient beaucoup l'anonymat et la liberté du blogue (ils n'ont pas dévoilé leur véritable identité avant la publication du livre) ont hésité avant de se lancer dans une aventure qui allait forcément les sortir du virtuel et les dévoiler au grand jour.

Les collègues de Pierre-Léon ne connaissent pas du tout son passe-temps.« Certains ont dû tomber en bas de leur chaise en voyant ma photo dans le journal. Je suis quelqu'un de timide et de réservé, je n'aime pas être sous les feux des projecteurs.» Ancien étudiant en lettres et en histoire de l'art, il a commencé un blogue après la mort de son père.

« J'ai toujours écrit, des nouvelles, des romans, mais je fais partie de cette génération qui zappe. J'écris pendant un mois, je laisse le manuscrit de côté et j'écris autre chose. Alors le format du blogue s'est imposé. Tu écris un court texte et tu passes au suivant. Il y a une ligne conductrice, mais il reste que chaque billet est indépendants l'un de l'autre.»

Caroline est étudiante au doctorat en philosophie, domaine pas mal loin des histoires de biberons. Son blogue, elle l'a commencé en congé de maternité, pour s'amuser. Elle a déjà vécu l'expérience du «manuscrit refusé».« J'ai trouvé ça dur. Mais d'une certaine façon, que nos écrits soient sur Internet, c'est un peu comme si on soumettait ça à tout le monde.

En ce qui me concerne, de recevoir tous les jours les commentaires des lecteurs, c'est vraiment très spécial, c'est quelque chose qui me motive. Je pense que si je n'étais pas passée par là avant de publier, j'aurais manqué quelque chose.» Quand à l'objet livre, c'est un fantasme réalisé. Elle pense à ses filles. «Quand elles seront grandes, elles pourront voir ce livre, qui parle d'elles aussi.»

De son côté, Sophie Bienvenu, Française installée au Québec depuis six ans, ne s'attendait pas à ce que son chien Lucie l'amène jusqu'à ce lancement. «Comme tout le monde qui aime écrire, j'ai commencé des milliers de bouquins que je n'ai jamais finis, alors je trouve ça merveilleux. Ce n'est plus mon livre, c'est devenu le livre de tout le monde, et j'espère que les gens vont avoir autant de plaisir à le lire que j'en ai eu à l'écrire.» Pour elle, il ne s'agit pas tant d'une révolution dans le monde de l'édition que d'une révolution dans le monde de la lecture.


Le livre, ancêtre du iPod?

Les éditions Septentrion n'ont pas lésiné sur les moyens pour rendre cette nouvelle collection attrayante. Le look de ces petits livres à la couverture colorée est un clin d'oeil au iPod. «Le pari qu'on fait malgré tout, c'est que le livre ne sera jamais mis en danger par la technologie, soutient Gilles Herman. Le livre, c'est en quelque sorte l'ancêtre de tous les iPod. Il n'y a rien de plus simple que le livre. Le iBook (ou livre électronique), pour moi, reste destiné à un marché de professionnels; c'est pratique pour un tas de choses, mais pas pour lire dans son bain. » Et, disons-le, beaucoup moins éphémère que le blogue, qui peut être débranché ou disparaître n'importe quand. Car si les blogues s'envolent, les écrits restent

Quant au contenu, pour l'éditeur, cela ne fait pas de doute, les blogueurs sont des auteurs émergents. À ceux qui pourraient émettre des réserves quant à la valeur littéraire de ces écrits, il répond ceci : «Je leur dirais simplement d'aller les lire. C'est bien écrit, probablement mieux que bien des livres publiés.»

Les blogues, nouvel eldorado de l'édition? Cela reste à voir. Septentrion souhaite publier trois nouveaux blogueurs par année dans sa collection. «Mais on ne se met pas de pression. Nous allons publier uniquement ce que nous trouvons bon.»

samedi, 24 mars 2007

Test de volonté

Aujourd'hui, après plusieurs mois d'abstinence, je suis allée vérifier si je pouvais résister à la tentation et à la compulsion. Comme presque tous les bloggeurs et les lecteurs que je connais, je suis incapable d'entrer dans une librairie et de contrôler mes dépenses. Alors, en adulte raisonnable, j'ai dû trouver une stratégie qui me permette de boucler correctement (un peu...) mon budget: je ne vais donc plus à la librairie ou seulement en de rares occasions et sans carte bancaire ou carte de crédit (c'est trop risqué!).

Toutefois, aujourd'hui je devais y aller car pour me remercier d'avoir accueilli des stagiaires dans ma classe, on m'avait remis un bon pour que j'aille acheter 100$ de livres. Un beau cadeau, n'est-ce pas? Mais en même temps, il fallait que je sois raisonnable. Et ce bon, c'est pour des livres reliés à mon travail, pas pour des trucs de relaxation comme des romans... :(

Donc, munie de bonnes résolutions et d'une volonté de fer, je me suis rendue sur le lieu de toutes les folies. Je ne m'étais autorisé qu'un seul titre supplémentaire à ceux reliés au travail pour me réconforter. Et bien, il semble que je sois sur la voie de la guérison car je n'ai pas flanché, même si j'ai été très tentée!

Mais surtout, j'ai fait une belle découverte: Aude, un de mes auteurs québécois chouchou a publié un nouveau titre! Je n'en ai entendu parler dans aucun média alors ce fut toute une surprise! J'ai très hâte d'en faire la lecture et de vous le faire partager!

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dimanche, 18 mars 2007

Quand la détresse tourne à l'obsession

La mémoire des murs de Tatiana de Rosnaymedium_memoire_murs.2.jpg

Pascaline, une informaticienne divorcée depuis peu, s’installe dans un nouveau logis. Dès les premiers jours, elle s’y sent mal. C'est alors qu'elle découvre qu'il y a quelques années, une jeune femme a été violée et assassinée dans ce logement par un tueur en série . Découvrir les autres victimes de ce monstre deviendra alors sa quête, elle visitera même les lieux des autres meurtres. Cette quête ne sera toutefois pas sans conséquence. Elle lui fera revivre ses propres deuils: le divorce d’avec Frédéric et le décès de son enfant il y a 15 ans. Elle l'obsédera aussi jusqu'à lui faire perdre son emploi.

Ce que Tatiana de Rosnay nous fait partager, c'est donc la détresse d'une femme. Une détresse qui tourne à l'obsession, à la folie. Ce qui est dommage, c'est que je n'ai pas accroché autant que j'aurais voulu. Au départ, j'ai ressenti de la sympathie pour l'héroïne. Je trouvais dommage, qu'elle souffre autant. Mais à un moment, j'ai décroché. C'était trop de complaisance dans le malheur, je n'y croyais plus. Pourtant, je suis persuadée que les gens en dépression doivent ressentir le même genre d'émotions mais pour moi ça n'a pas fonctionné. Et en conséquence le roman a perdu de son intérêt.

Toutefois, je crois vraiment que ça pourra plaire à bien des gens car c'est vraisemblable et bien raconté, ce n'était juste pas pour moi.

Consultez aussi ma critique de Spirales.

3.5/5

lundi, 12 mars 2007

Marie de Nazareth réinventée!

Marie de Marek Haltermedium_marie.2.JPG

Dans ce roman, d'où il est assez difficile de discerner les faits de la romance, Marek Halter brosse un portrait de Marie de Nazareth, la mère de Jésus. Et le portrait qu'il en fait est à cent lieues de ce qu'on nous a toujours laissé entrevoir. Cette Marie entretenait des liens avec Barrabas, était une érudite parlant plusieurs langues, était une femme de tête et non la douce et soumise dont on nous a toujours parlé. Pour ce qui est de l'histoire proprement dite, vous la connaissez, le fond ne change pas. Mais Marek Halter place les événements sous un autre éclairage et cet éclairage déstabilise, ébranle ce qu'on a toujours cru.

J'ai assez aimé qu'on cesse de nous présenter Marie comme une ignorante soumise et obéissante. Mais en même temps, j'ai parfois eu l'impression qu'elle ne cadrait pas avec son époque, qu'elle était un peu trop émancipée. Il m'a semblé que la fiction allait un peu trop loin. Et puis l'épilogue du roman, encore une fois, on ne sait s'il s'agit de faits réels ou de pure fiction. Si ce sont des faits avérés, je suis surprise qu'une telle révolution n'ait pas eu plus d'échos et n'ait pas créé plus de remous. Car le moins qu'on puisse dire, c'est qu'une telle révélation ébranlerait les fondements de la chrétienneté!

Donc au final, j'ai bien aimé l'approche de l'auteur mais je termine ma lecture avec plus de questions que de réponses. Mais surtout, je me demande si l'imagination de l'auteur n'a pas poussé le bouchon un peu trop loin et nuit à la crédibilité de son héroïne... Même si j'ai adoré lire son histoire.

3.75/5

Je vous invite aussi à consulter les critiques d'autres bloggeuses: Lisa et Cuné.

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Nos prochaines lectures communes seront:

- le 12 avril, Une constellation d'escrocs de Terry Jordan
- le 12 mai, Un homme à distance de Katherine Pancol

Serez-vous des nôtres?

samedi, 10 mars 2007

Un grimoire des temps modernes

The Holy Man de Susan Trottmedium_holy_man.jpg

Lorsque j'ai vu le format et l'allure de ce roman, j'ai eu l'impression qu'il s'agissait d'un grimoire. Je n'étais pas très loin de la vérité... Il ne s'agit pas de formules magiques ou de recettes de potions mais ce livre contient néanmoins des ressources insoupçonnées. C'est un recueil qui nous permet de voir différemment les événements de la vie. Un livre empreint d'optimisme qui nous aide à ne pas nous apitoyer sur notre sort et à nous victimiser, qui montre comment mieux comprendre notre entourage.

Moi qui déteste les ouvrages de psycho-pop, j'ai adoré ce tout petit livre. Il ne fournit pas de recettes et ce n'est absolument pas le même genre de bouquin. Je l'ai plutôt vu comme un recueil de paraboles qu'on peut interpréter et associer aux événements qui nous arrivent.

Bref c'est un petit livre qui met du baume sur le coeur et c'est bienvenu en cette fin d'hiver.

4/5

jeudi, 08 mars 2007

BD grand format ou roman graphique, à vous de choisir le qualificatif...

Mariée par correspondance de Mark Kalesnikomedium_mariee_correspondance.jpg

Kyung Seo, une jeune coréenne arrive au Canada pour épouser Monty Wheeler qu'elle n'a jamais rencontré. Le mariage a été organisé par correspondance. Le problème, c'est qu'aucun des deux époux n'est comme se l'était imaginé l'autre... Monty est une sorte d'ado attardé qui a peur des gens de son âge et qui n'est à l'aise qu'avec les enfants ou les personnes âgées. De plus, il est complètement obsédé par les jeux et sa collection. Ce n'est pas pour rien qu'il est propriétaire d'un magasin de jouets. Quant à Kyung, elle n'est pas l'asiatique typique que croyait épouser Monty. Elle est plutôt de nature indépendante et pas du tout obéissante. Il en résultera donc moults affrontements et de grandes déceptions.

Cette histoire se lit toute seule en partie grâce aux images qui, en plus d'être réussies, évoquent très bien l'atmosphère dans laquelle l'auteur veut nous plonger. On voit rapidement dans quelle situation sans issue les deux héros se sont embourbés. Malheureusement, je n'ai pas trouvé que le scénario était à la hauteur... Ce n'est pas mauvais mais les transitions se font souvent brutalement. À tel point que j'avais parfois l'impression d'avoir sauté une page. Par contre, les personnages sont bien développés et campés. L'auteur parvient à nous faire partager leurs émotions, frustrations et colères.

C'est donc une BD que j'ai pris plaisir à lire malgré ses petites faiblesses.

3.5/5

samedi, 03 mars 2007

Bloggeuse en cavale

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Une grosse bordée de neige est tombée hier et la semaine de relâche scolaire vient tout juste de débuter. Voilà donc deux excellentes raisons de prendre la poudre d'escampette pour aller faire le plein d'air pur lors d'activités hivernales. Mais ne vous inquiétez pas, je vous reviendrai avec des critiques à mon retour, dans 3-4 jours.

À bientôt!

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