samedi, 31 janvier 2009

Lecture sans casse-tête

Les tribulations de Tiffany Trott d’Isabel Wolfftribulations tiffany trott.jpg

Tiffany Trott a réussi sa vie professionnelle, elle a du succès comme créatrice de slogan publicitaires. Mais du côté de sa vie personnelle et amoureuse, c’est tout autre chose. À 37 ans, elle est toujours célibataire et même pas en couple, sans compter que l’envie d’avoir un enfant se fait de plus en plus ressentir. Comme les unes après les autres, toutes ses amies se casent, elle décide de changer cet état de chose, par tous les moyens. Elle se lance donc dans la chasse à l’Homme "pas-mal-limite-acceptable". Tout sera testé pour trouver l’Homme de ses rêves : petites annonces, agences de rencontres, soirées pour célibataires et vacances dans un club pour célibataires. Le chemin sera long et tortueux pour trouver "le" spécimen rare.

Je me cherchais un titre pas trop compliqué et rigolo afin me changer les idées entre deux piles de correction. Dans les circonstances, je croyais que ce titre ferait tout à fait mon bonheur. Finalement, ça ne m’a pas emballée autant que je l’aurais crû. C’est une lecture divertissante et rigolote mais à la longue, j’ai fini par trouver cette quête un peu lourde, même pathétique. Tous ces rendez-vous improbables ont fini par être trop répétitifs. Ce qui devait s’avérer une lecture de détente ne m’a finalement pas trop délassée. Dommage car le style n’était pas mauvais non plus…

3/5

Traduction de l’anglais par Denyse Beaulieu
Pocket, janvier 2004, 473 pages

lundi, 26 janvier 2009

L'oeuvre d'Yves Thériault revisitée

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Roman d’Yves Thériault adapté en bande-dessinée avec les textes de Jean-Blaise Djian et les illustrations d’Yvon Roy.

Vous connaissez tous mon amour pour l’œuvre d’Yves Thériault! Alors que je visitais le Salon du Livre de Montréal, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’une BD avait été tirée de ce grand classique québécois. Publier cette bande-dessinée en 2008 allait de soi puisque c’était à la fois le 50e anniversaire de la publication du roman et le 25e anniversaire de la mort de l’auteur. Bien évidemment, je me suis empressée de l’acheter, il m’aurait été impossible de résister. Et malgré que je connaisse bien le roman, j’ai été ravie de le redécouvrir avec les yeux des deux créateurs.

Comme dans le roman, le récit nous fait partager le destin d'Agaguk et Iriook, deux Inuits qui choisissent de quitter leur village pour aller s'établir sur un nouveau territoire afin de vivre leur vie loin des rivalités et des conflits. Malheureusement, un trafiquant sans scrupule bouleversera tout.
Grâce aux magnifiques illustrations d’Yvon Roy, on visualise très bien la rudesse des conditions de vie du Grand Nord. Le décor est aussi dépouillé et aride que dans la réalité et sert très bien le récit. Quant aux textes, ils m’ont moins plu car je n’y ai pas retrouvé toute la richesse et la subtilité de l’œuvre de Thériault. Mais en même temps, je comprends qu’il est impossible de rendre tout le contenu et l’émotion d’un roman dans une cinquantaine de pages de BD. Malgré tout, j’aurais aimé que le texte coule plus facilement, que certaines transitions se fassent plus en douceur et que les punchs du récit original soient aussi forts dans la BD. Mais au final, j’ai tout de même beaucoup aimé cette bande-dessinée et je suis curieuse de voir les autres adaptations qui seront faites dans cette collection.

À noter ! Un dossier didactique est disponible à la fin de l’ouvrage. On y trouve entre autres un aperçu de l’œuvre de l’auteur, des informations sur l’histoire des peuples amérindiens et inuit ainsi que des renseignements de base sur l’histoire et la géographie du Canada. Tout ce qu’il faut pour l’utiliser en classe !

4/5

Allez aussi visiter le blog de l’illustrateur de la BD, Yvon Roy, dans lequel vous pourrez voir quelques unes des planches et aussi bien d’autres croquis.

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dimanche, 25 janvier 2009

Des achats qui ne comptent pas

Aujourd'hui c'était une journée pour me faire plaisir! Plutôt que de rester à la maison pour effectuer toutes sortes de tâches palpitantes comme le lavage, le ménage et la correction de travaux d'élèves, j'ai plutôt décidé d'aller faire un tour en librairie. En plus, les achats faits ne comptaient pas pour ma résolution de me contrôler en librairie car dans les faits, c'est comme si je n'avais rien dépensé. J'ai utilisé la carte cadeau que j'avais reçue dans le temps des fêtes. Et comme si ça ne suffisait pas pour me donner bonne conscience, j'ai de plus encouragé la littérature d'ici car tous les titres sont québécois. Je suis pas mal fière de moi et, en plus, j'ai la certitude d'avoir fait de bons achats car il s'agit de titres qui m'ont tous été recommandés.

Alors, maintenant, je me transforme en ermite pour dévorer tous ces titres!

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samedi, 24 janvier 2009

Frais et sympathique

La suppléante d’Anne Bonhommesuppleante.jpg

Mathilde, une jeune musicienne, se retrouve du jour au lendemain sans amoureux et sans boulot. Par-dessus le marché, elle apprend que son ancien groupe va lancer un album en lui volant SES chansons. Grâce à un concours de circonstances, on lui offre une place dans une école primaire pour le remplacement de l’enseignante de musique. Se disant que le changement lui fera certainement le plus grand bien, elle accepte le défi et essaie tant bien que mal de survivre dans ce monde qu’elle connait si peu et qu’elle découvre bien vite. Ajoutez à cela un peu de romance et vous avez un petit roman bien sympathique mais aussi un peu grinçant.

La suppléante, c’est un roman que j’ai lu en moins d’une journée et avec plaisir, même si j’étais dans une phase de déprime face à mon travail. Et au lieu de me déprimer encore plus, au contraire, ça m’a « remise sur le piton »! Pourtant, l’auteur ne se gêne pas pour jeter un regard critique sur le monde de l’éducation. Mais comme le ton est toujours léger, pétillant, ironique et humoristique ça passe très bien. C’est que Mathilde, comme la plupart des enseignants qui survivent dans ce milieu où les arrêts de travail pour épuisement et dépression sont trop fréquents, essaie de tout prendre avec un grain de sel et de ne voir le bon côté des choses. Pourtant, des irritants il y en a tout plein dans l’enseignement : les élèves mal classés qui bousillent un climat de classe, les collègues pas toujours compétents ou travaillants et parfois même parasites, les syndicalistes à outrance, les guerres de pouvoir sans compter l’absence de matériel et/ou de personnel et de soutien qui sont monnaie courante dans le système public.

Ce qui rend ce roman si apaisant c’est qu’on sent de la passion et de l’amour pour son travail, une flamme qui fait du bien et qui agit comme un baume. Il y a aussi l’histoire d’amour qu’on devine trop bien mais qu’on se plait à suivre quand même. Mais surtout il y a l’humour distillé juste assez et juste au bon moment qui me fait dire que pour un premier roman, il est excellent!


4/5

Lisez aussi les commentaires de Jules, Lucie, Karine, Marguerite et Venise.

dimanche, 18 janvier 2009

De retour

Ça y est, je reviens. Mais ne poussez pas trop vite des cris de joie! Depuis plusieurs semaines, l'envie était revenue de venir exposer mes lectures ici mais la peur de m'obliger à écrire à une certaine fréquence est toujours là. Donc , je reviens mais sans promesse d'une quelconque régularité dans les billets. Ça se fera au rythme de mes lectures et aussi au rythme des obligations du boulot parfois trop prenant, surtout au temps des bulletins, comme c'est le cas présentement.

Je vous préviens aussi que ce blog déménagera bientôt étant donné que j'ai pratiquement atteint le quota d'espace qu'octroie Blogspirit. Je vous ferai connaître mon nouveau domicile en temps opportun.

Et d'ici là, je vous offre une première critique, en attendant les nombreux autres titres lus mais non encore critiqués.

Morte parmi les vivants de Freidoune Sahebjammorte vivants.jpg

L’auteur nous raconte l’histoire vraie de Bilqis, une jeune afghane dont la vie a basculé en 1989, à l’âge de 12 ans. Violée par plusieurs soldats russes, elle perdit alors son droit d’exister, son droit au respect et devint une putain aux yeux des siens. Vendue, elle fut obligée de quitter sa famille et son village. Perdant tout statut, elle est devenue l’objet de tous, sans vraiment pouvoir se sortir du cercle vicieux dans lequel elle s’est retrouvée contre son gré.

Avec notre regard occidental, il est presque impossible de ne pas être choqué par son histoire et par les nombreuses incohérences du raisonnement de ses compatriotes. On aurait envie de leur « brasser la cage » et pas juste un peu! Et si ce roman n’était que cela, ce serait bien dommage. Heureusement au fil de l’histoire, sans pour autant cautionner ce qu’on lit, on en vient peu à peu à comprendre la pensée des afghans. On dit que la compréhension mutuelle règle bien des conflits. Espérons que des livres comme celui-ci aideront les occidentaux à réaliser et à comprendre ce qui se passe ailleurs. Et espérons aussi que les autres feront de même. Mais surtout, je souhaite ardemment ne pas être une éternelle optimiste, une éternelle utopiste…

3.5/5

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